Réforme du vin : assainir puis libéraliser

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La Commission a présenté hier son projet de réforme de l'OCM vin qui agite depuis plusieurs mois le vignoble. « Cette réforme ne se résume pas à l'arrachage, mais cette mesure volontaire est nécessaire et transitoire », a hier précisé Jean-Luc Demarty, DG de la direction générale de l'agriculture et du développement rural, venu expliquer le projet à Paris. En proposant une augmentation de 30 % des aides à l'arrachage, Bruxelles espère inciter les viticulteurs européens à arracher 200 000 ha d'ici 2013 (contre 400 000 annoncés au départ). Concrètement un viticulteur du Languedoc-Roussillon, par exemple, souhaitant arracher une parcelle d'un rendement compris entre 50 et 90 hl/ha toucherait un peu plus de 7 000 euros/ha, s'il prend sa décision dès 2009. L'aide à l'arrachage serait dégressive les années suivantes (-20 %). « L'objectif est de créer un choc pour assainir vite le marché », justifie Jean-Luc Demarty. Par cette mesure, la Commission évalue à 60 000 ha la surface arrachée dès la première année de mise en application de la réforme.

6 % du vignoble arraché

En 5 ans, Bruxelles compte ainsi voir 6 % du vignoble européen disparaître. En ligne de mire : le Languedoc-Roussillon (qui a déjà arraché 12 000 ha en 2006, soit 4 % de son vignoble), le Bordelais (notamment les 10 000 ha plantés dans les années 90 en frange du vignoble), Castilla-la Mancha en Espagne et certains vignobles italiens.

Mais comment être sûr que des bonnes vignes ne seront pas touchées ? « Quelqu’un qui a un marché n'arrachera pas » et « nous avons mis un certain nombre de garde-fous (comme des critères environnementaux, l'interdiction d'arracher des vignes en pente) », répond Jean-Luc Demarty. Le haut responsable européen se défend aussi du caractère contradictoire de la libéralisation des droits de plantation annoncée après 2013 avec ce plan d'arrachage, point qui suscite le plus de levers de bouclier en France. « Les droits de plantation existent depuis longtemps en France et dans l'UE ce qui n'a pas empêché les excédents d'apparaître », a-t-il argumenté, ajoutant même « la fin des droits de plantation va dynamiser la filière ».

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Pour le cas spécifique des appellations d'origine contrôlée, « il est souhaitable de pouvoir, dans certaines circonstances, limiter la production, mais je ne suis pas sûr que les droits de plantation soient la bonne solution. Cela peut passer par le zonage et la limitation des rendements », a estimé Jean-Luc Demarty.

Aux responsables professionnels de la filière très inquiets de cette libéralisation, Michel Barnier aurait assuré mardi soir qu'il défendrait lors des discussions au Conseil européen cet automne les positions suivantes : une OCM vin forte et spécifique et le maintien d'un système de droits de plantation. Mais les débats pourraient très bien se centrer sur des mesures conflictuelles comme l'interdiction de la chaptalisation et la répartition entre Etats-membres des enveloppes d'aides à l'arrachage, à l'investissement et à la promotion (120 M Eur par an pour promouvoir les vins européens essentiellement aux USA, au Japon, en Inde et en Chine).

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