De l’acier à prix d’or, du soja qui flambe, de la ferraille vendue aussi cher que l’acier il y a un an… L’économiste Philippe Chalmin, qui présentait mercredi l’édition 2004 de son rapport «
Cyclope sur les marchés mondiaux » (1), n’a pas vu cela depuis longtemps. «
À l’expérience des dix-huit Cyclope précédents, je n’ai jamais connu depuis le début des années 80, un pareil faisceau conjoncturel, une telle concentration de hausses de prix couvrant l’ensemble des produits », s’est-il exclamé devant les journalistes de la presse économique.
La Chine, évoquée en couverture par des lampions et les idéogrammes de «
produire», «
acheter» et «
vendre», a joué un rôle de catalyseur. Son expansion galopante exerce une pression sans précédent sur l’énergie, les frets et les matières premières. Pour autant, elle n’en est pas le moteur, a nuancé le spécialiste du commerce mondial. La mise en sommeil des investissements productifs au long des années 90 est selon lui un préalable profond au sursaut d’aujourd’hui. Une décennie pendant laquelle la nouvelle économie accaparait les capitaux alors que les mines et les usines fermaient.
La reprise pas compromise
En 2001, les «
commodités» se bradaient. Le déficit d’investissements était potentiel. La Chine l’a réveillé. Elle n’est pas seule bien sûr. Depuis 1997, l’Asie est responsable des trois quarts de la croissance de la consommation énergétique mondiale, a souligné l’un des auteurs. La cherté des matières premières et de l’énergie est exacerbée par la flambée du fret. L’envoi à la casse des «
bateaux poubelles » et le ralentissement des chantiers navals sont entrés en conflit avec la demande inédite de transports maritimes venue d’Asie.
Loin de croire que la reprise économique est compromise, Philippe Chalmin pense que le «
choc des prix » va relancer le cycle de l’investissement et donner un coup de fouet aux technologies.
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Les décideurs en estimeront davantage les ressources non renouvelables, seront tentés de limiter le gaspillage et de rechercher d’autres ressources. Les hausses sont salutaires en somme.