Nouveau directeur du lycée agricole de Rochefort-Montagne, Mickaël Lavédrine entend redynamiser l’établissement en renforçant ses liens avec le territoire et en repensant son offre de formation pour s’adapter aux besoins locaux.
Mickaël Lavédrine a officiellement pris ses fonctions de directeur du lycée agricole de Rochefort-Montagne le 1er septembre dernier. Une nomination qui couronne une carrière entièrement dédiée à l’univers des lycées agricoles.
« J’ai été directeur d’exploitations en lycée agricole pendant dix ans, en Vendée et dans l’Allier, avant de devenir directeur adjoint à Saint-Flour en 2020 », explique-t-il.
À l’origine, Mickaël Lavédrine envisageait une carrière d’agriculteur. « Les études en lycée agricole puis plus généralistes m’ont ouvert des portes et j’ai saisi ces opportunités », confie-t-il.
Une équipe de direction renouvelée au lycée agricole de Rochefort-Montagne pour un nouveau projet
Arrivé dès le 24 août pour assurer la passation avec sa prédécesseure, Mickaël Lavédrine intègre une équipe de direction partiellement renouvelée. « Nous sommes deux nouveaux : Laëtitia Gautré, secrétaire générale, qui gère les services généraux, l’entretien, la restauration et la sécurité, et moi-même », précise-t-il. « Avec Pauline Robert, la CPE, et Damien Valleix, directeur d’exploitation, nous formons une équipe décidée à redonner de l'attractivité au lycée. »
L'établissement accueille cette année 140 élèves et étudiants, un effectif stable malgré une légère baisse.
« On a une cinquantaine d’étudiants en BTS Gestion et Protection de la Nature, et 90 lycéens répartis entre les filières agricoles et celles de la nature et de l’environnement », détaille le directeur.
Repenser l’offre de formation du lycée agricole pour rester attractif
Face à la baisse démographique et à la concurrence des établissements voisins, le lycée de Rochefort-Montagne doit se réinventer.
« Notre grand enjeu, c’est de revoir notre carte de formation pour proposer des parcours qui répondent aux besoins du territoire », souligne Mickaël Lavédrine.
Une nouvelle option a d’ailleurs été lancée cette année, « Protection et soins des espèces animales », en seconde générale et technologique. « L’idée est d’attirer des jeunes passionnés par la nature, avec peut-être un projet de poursuite d’études en école vétérinaire. »
L’attractivité ne passe pas seulement par l’innovation pédagogique. « Il faut aussi retisser les liens avec le territoire et ses acteurs », insiste-t-il. « Un lycée agricole ne peut pas fonctionner en vase clos. Si nos formations sont déconnectées des réalités professionnelles locales, elles n’auront ni sens ni pérennité. »
L’exploitation agricole du lycée de Rochefort-Montagne, un atout à valoriser dans la pédagogie
L'exploitation du lycée, en agriculture biologique, compte 40 vaches laitières et 220 brebis de race Rava.
« Pendant des années, elle a été mise à mal mais elle se reconstruit depuis deux ans », explique Mickaël Lavédrine. « Aujourd’hui, l’enjeu est de renforcer son rôle pédagogique au sein de l'établissement. »
La transformation fromagère, autrefois active avec le « Rocheforté », a été suspendue pour des raisons économiques et de mise aux normes. « On n’exclut pas de la relancer mais il faut d’abord évaluer les besoins du territoire », précise-t-il.
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« Peut-être que l’outil pourrait servir de support pour des formations en agroalimentaire, en partenariat avec des acteurs locaux. »
Le directeur a d'autres projets en tête, notamment tournés vers le pastoralisme. « Nous réfléchissons à une formation de berger ou de vacher, en lien avec le Parc des Volcans d’Auvergne », annonce-t-il.
Le lycée va s’engager prochainement dans une démarche d’autoévaluation, proposée par l’Éducation nationale. « Ce dispositif nous permet d’analyser notre action pédagogique, le cadre de vie des élèves et des personnels, la gouvernance, et surtout, notre lien avec le territoire », explique Mickaël Lavédrine.
« L’objectif est de mieux répondre aux attentes des professionnels et des collectivités en termes de formation. »
Pour le directeur, la clé réside, encore une fois, dans la concertation avec les acteurs de l'enseignement et du département.
Les défis de l’enseignement agricole : attractivité et pérennité
La baisse des effectifs est un défis national pour les lycées agricoles et tout particulièrement en milieu rural. « À Rochefort-Montagne, la démographie fond à vue d’œil », constate Mickaël Lavédrine. « Pourtant, la loi d’orientation agricole (Losarga) nous pousse à former davantage de jeunes pour les métiers de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt. »
Pour y parvenir, le lycée mise sur l’apprentissage et la formation continue, aujourd’hui absents de son offre. « Il faut diversifier les publics : lycéens, apprentis, adultes en reconversion. »
L’enseignement n'est toutefois pas le seul facteur d'attractivité.
« Les jeunes se posent des questions sur leur avenir : accès au foncier, financement, stabilité de l’emploi… Tant que ces problèmes ne seront pas résolus, seuls les passionnés s’engageront, quitte à accepter des revenus modestes », analyse-t-il.
Le lycée de Rochefort-Montagne, son cadre rural et ses petites classes, ses meilleurs atouts
Malgré son éloignement de Clermont-Ferrand, le lycée a des arguments à faire valoir. « Avec 140 élèves, nous offrons un environnement familial, une proximité avec les enseignants, et un cadre naturel exceptionnel pour les filières environnement. Nous pouvons compter également sur les liaisons régulières vers Clermont-Ferrand. »
Mickaël Lavédrine est convaincu que le lycée de Rochefort-Montagne a des atouts uniques à exploiter pour assurer sa pérennité.