Quand la réglementation phyto finit en jus de pomme

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Un verger témoin de pommiers a permis de tester la nouvelle réglementation phyto. Résultat : 15 ha de pommes non commercialisables. Le cahier des charges est impossible à appliquer et la récolte est invendable.

Si l'objectif était de réduire les traitements phytosanitaires des vergers, l'application à la lettre de la nouvelle réglementation phyto montre que l'on obtient exactement le contraire. Les 15 ha de Gala et Golden soumis à son application ont dû être traités 34 fois contre la tavelure, entre mars et août, pour un résultat nul (contre 20 fois pour le verger conduit selon la charte PFI), car la récolte entière est tout juste bonne à vendre aux industriels pour la fabrication de jus de pomme. Bilan économique : davantage de dépenses d'intrants et une valorisation (8 à 10 cents/kg) qui ne couvre même pas le coût de la cueillette. Non loin de là, 15 autres hectares des mêmes variétés, conduits dans les mêmes conditions climatiques en PFI, ont un aspect sanitaire parfait.

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Si le but était de protéger des personnes travaillant dans les vergers, les résultats ne sont pas meilleurs : impossible à appliquer en termes de gestion du personnel, la nouvelle directive aboutira, si elle devait se généraliser, au chômage technique de bien des employés.

L'expérimentation menée dans le verger de Charles Benedetti, au Temple sur Lot (Lot et Garonne), par une commission composée de six producteurs, deux techniciens, des ingénieurs du CEFEL et un expert judiciaire ayant effectué 46 visites de contrôle, prouve ainsi que la réglementation, telle qu'elle a été rédigée, ne convient pas à l'arboriculture. «Les contraintes imposées, comme l'interdiction d'entrer sur une parcelle après traitement pendant 48 h ou de traiter si le vent souffle à plus de 19 km/h, rendent le travail impossible», témoigne le producteur. La Section nationale pomme demande aujourd'hui un moratoire et l'arrêt de l'application de la directive. «Nous sommes ouverts aux évolutions, mais nous aurions voulu que les pouvoirs publics les aient testées avant de prendre un règlement», conclut Jacques Sanz, initiateur de l'expérimentation.

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