L’existence du microbiote mammaire est peu probable, affirme Pascal Rainard de l'Inra.
Les techniques très puissantes d’amplification de l’ADN bactérien ont conduit au concept de microbiote mammaire, actuellement très à la mode. Des bactéries issues du microbiote intestinal seraient présentes naturellement dans la mamelle. Les mammites résulteraient de l’altération de ce microbiote sain, ou dysbiose.
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« Ce concept s’oppose aux connaissances antérieures selon lesquelles la mamelle est stérile, estime Pascal Rainard, de l’Inra. Le lait est un milieu nutritif riche qui entraînerait de fortes concentrations s’il y avait des bactéries présentes naturellement dans la mamelle. De plus, la glande mammaire est équipée pour détecter les bactéries, ce qui entraîne une inflammation. Et des mesures comme le trempage des trayons et les traitements au tarissement devraient favoriser les dysbioses. Par ailleurs, les études qui mettent en avant le microbiote mammaire ne montrent que des quantités infimes d’ADN bactérien et pas de bactéries. Cet ADN peut provenir en partie des contaminations du lait, en partie de fragments d’ADN bactérien qui semblent être présents dans pratiquement tous les tissus des organismes supérieurs hébergeant des microbiotes. »