Quels agriculteurs pourront bénéficier du fonds de réarmement agricole de 235 millions d’euros annoncé par Annie Genevard ? Pour quel montant et dans quel délai ? Premières réponses avec les consignes données aux préfets de région.
Dans le cadre du plan sécheresse (Casi), Annie Genevard a annoncé le 4 septembre la création d’un fonds de réarmement agricole visant à soutenir la trésorerie des exploitations les plus fragilisées par les canicules et sécheresses de cet été. Et ce afin de sécuriser la relance de leur activité pour la prochaine campagne.
Doté de 235 millions d’euros, ce fonds est à la main des préfets de région. La ministre de l’Agriculture en a précisé les conditions de mises en œuvre dans une circulaire en date du 5 septembre, qui vient d’être publiée au bulletin officiel du ministère de l’Agriculture.
Quels agriculteurs éligibles au fonds de réarmement agricole ?
Seront éligibles au fonds de réarmement agricole les agriculteurs qui notamment :
ont subi des pertes massives de production en raison des épisodes caniculaires ou de la sécheresse de l’année 2026 induisant des difficultés de trésorerie de court terme
ont subi des conséquences directes ou indirectes d’un incendie significatif au cours de cette saison estivale
ou peuvent connaitre des difficultés de trésorerie pour leurs achats de fourrages ou d’aliments imprévus ou mettant en péril les prochains semis.
Pour sélectionner les exploitations les plus fragilisées, les préfets devront se baser sur les justificatifs des pertes de production ou de pertes de fonds liés aux incendies, les dépenses imprévues et exceptionnelles et l’identification de difficultés financières particulières de l’entreprise agricole « malgré la mobilisation des leviers de droit commun ».
La ministre de l’Agriculture demande par ailleurs aux préfets de « porter une attention particulière aux agriculteurs récemment installés ».
Le ministère de l’Agriculture a demandé aux préfets de mettre en place, en lien avec les DDT, « un formulaire de demande d’aide simple et rapide (ndlr : à remplir)». La préfecture de Bretagne indique par exemple que la demande d’aide sera à déposer pour le 1er octobre 2026 via une démarche numérique simple, avec des « justificatifs à fournir limités au strict nécessaire ».
Quel calcul de l’indemnisation pour les exploitations agricoles retenues ?
L’indemnisation sera déterminée sur la base de forfaits à l’exploitation définis dans chaque département, dans la limite de 10 000 euros maximum (sauf cas exceptionnel notamment les exploitations affectées par les conséquences d’un incendie majeur).
Elle devra s’inscrire dans le cadre des aides de minimis dans le secteur agricole (plafond de 50 000 euros par entreprise unique, sur une période de trois ans).
Quelle répartition de l’enveloppe de 235 millions d’euros ?
L’enveloppe du fonds de réarmement agricole s’élève à 235 millions d’euros, dont 15 millions dédiés aux incendies et 10 millions d’euros pour les départements et régions d’outre-mer.
Contacté par Reussir.fr, le ministère de l’Agriculture ne livre pour l’heure pas la répartition exhaustive de l’enveloppe de 210 millions d’euros par régions.
Selon nos informations, la Bretagne dispose de 15,9 millions d’euros (dont 4,4 millions pour les Côtes d’Armor), les Pays de la Loire ont une enveloppe de 16,38 millions d’euros, le Grand Est bénéficie de 17,76 millions d’euros. La région Nouvelle-Aquitaine annonce ce jour qu’elle se voit attribuer un montant de 37,36 millions d’euros, dont 4 millions d’euros pour les exploitants impactés par les incendies. Selon l’Agriculteur normand, la région Normandie devrait bénéficier de plus de 11 millions d’euros.
Le ministère de l’Agriculture demande aux préfets de mettre en paiement les premiers dossiers, pour les exploitations jugées particulièrement prioritaires, dès le mois d’octobre avec un paiement maximum de dossier au 1er décembre 2026.