Marché des oléagineux et coproduits du 30 septembre au 7 octobre 2026 - Les prix en colza français se sont nettement repris sur le marché physique français

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L’évolution hebdomadaire des prix des oléagineux (colza, tournesol, soja), des protéagineux (pois, féverole) et des coproduits de l’alimentation animale (tourteaux, issues de meunerie, coproduits de l’amidonnerie, coproduits laitiers, farine de poisson, produits déshydratés, pailles et fourrages) sur le marché physique français entre le 30 septembre et le 7 octobre 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.

 

Les cours de la graine de colza sur le marché à terme Euronext ont reculé entre le 30 septembre et le 7 octobre 2026, perdant 1,25 €/t à 552,75 €/t sur l’échéance mars 2026 (la plus travaillée), dans son sillage du canola canadien (- 13,40 CAN/t à 810,30 CAN/t sur l’échéance novembre 2026) et l’huile de palme malaisienne (- 114 RM/t, à 4 310 RM/t sur l’échéance octobre 2026). Sur le CBOT, les cours de la graine de soja ont progressé (- 25 ct$/boisseau à 1 293 ct$/boisseau sur l’échéance novembre 2026 et - 24,50 ct$/boisseau à 1 309,25 ct$/boisseau sur l’échéance janvier 2026). Le pétrole a évolué de façon erratique sur le marché mondial (+ 2,17 $/baril à 100,20 $/baril sur l’échéance décembre 2026 pour le Brent mais - 4,14 $/t à 88,28 $/t sur l’échéance novembre 2026 pour le WTI). L’euro s’est affaibli face au dollar (- 0,0178 $, à 1,1177 $).

Sur la semaine, le colza sur Euronext a fortement baissé sur l’échéance de novembre 2026 (-30,50 €/t à 506,25 €/t) pour des raisons de dégagements de positions en vue de la prochaine clôture du contrat (dernier jour de négociation le 31 octobre).

Sur le marché physique français, les prix de la gaine de colza ont progressé, gagnant entre 7€/t et 8 €/t sur la période octobre-décembre 2026. Le FOB Moselle, sa place de référence, a gagné 8 €/t à 564 €/t sur la période janvier-mars 2027 (la période octobre-décembre n’est plus cotée). Le marché est inerte. Le marché est mort de chez mort. Les usines sont couvertes jusqu’en début d’année 2027 et les organismes stockeurs (OS) et les agriculteurs sont déjà très engagés sur la campagne actuelle. Pour la prochaine récolte, on estime que la baisse des surfaces pourrait atteindre 20 % par rapport à l’an passé. Certains OS ont commencé à vendre sur la prochaine campagne et sont inquiets pour la suite. Il faudra attendre la sortie d’hiver pour connaître les surfaces qui seront effectivement récoltées. En l’absence de pluies significatives, les levées sont difficiles, entre adventices (repousses et autres mauvaises herbes) et ravageurs (punaises, altises, pucerons et limaces). Les agriculteurs hésitent à retourner les parcelles de colza qui pourraient reprendre de la vigueur à la faveur d’une bonne averse. Ils ont encore quelques semaines pour prendre une décision, la fenêtre de semis des céréales d’hiver se clôturant fin novembre.

Le Bulletin de santé du végétal des Hauts-de-France indique que la pression limaces est en diminution, avec un risque qui s’estompe. Concernant les altises, leur vol est toujours en cours et les dégâts sont en augmentation. La présence de pucerons se renforce.

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​​​​​Les prix de la graine de tournesol sur le marché physique français ont évolué dans une large fourchette entre le 30 septembre et le 7 octobre 2026, de -15 à + 12,50 €/t. Le prix du tournesol oléique en rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, a gagné 7,50 €/t à 600 €/t sur la période octobre-décembre 2026. Des affaires se traitent, mais dans des volumes limités au vu de la faiblesse de la récolte de l’année. La production pourrait se situer entre 1 Mt et 1,2 Mt, un chiffre inférieur aux 1,3 Mt estimées par Agreste et loin des 1,4 Mt récoltées l’an dernier. Les taux d’huile sont plutôt corrects (44,5 % à 46 %) alors que les coques sont plutôt petites, ce qui nécessite un important travail de nettoyage. Le marché est très peu liquide.

​​​​​​Sur le marché physique français, la cotation de la graine de soja en départ Rhône-Alpes et en départ Rhin n’a pas évolué entre le 30 septembre et le 7 octobre 2026, stagnant à 535 €/t sur la période octobre-décembre. En rendu Sud-Ouest, des affaires ont été traitées entre 560 €/t et 570 €/t sur la période octobre-décembre et 580 €/t en rendu Ardennes. Les cultures ont grillé sur pieds dans le Sud-Est. Celles dans les zones intérieures de l’Hexagone ont également souffert des températures caniculaires et de la sécheresse estivales. Dans son dernier rapport de septembre, Agreste prévoit une production de 298 000 t pour 2026, en retrait de 24,8 % par rapport à 2025 et de de 25,5 % par rapport à la moyenne 2021-2025.

​​La sécheresse a gravement affecté de nombreuses zones de production en France, ainsi qu’en Italie, en Roumanie et jusqu’en Ukraine. « En conséquence, la disponibilité en Europe est sous pression et les prix sont actuellement régulièrement révisés à la hausse. À l’échelle mondiale, le marché du soja reste soutenu, tant en Chine qu’aux États-Unis, malgré un léger assouplissement récemment observé sur le CBOT », indique SoyTouch, un groupe européen spécialisé dans le soja.

Sur le marché physique français, les prix de la graine de lin ont été nominalement reconduits en cette semaine du 30 septembre au 7 octobre 2026, que ce soit à destination de l’alimentation animale comme de l’alimentation humaine.

Karine Floquet

 

Protéagineux

Reprise de l’activité

Le marché physique français du pois est très étroit et celui de la féverole encore plus, en cette semaine du 30 septembre au 7 octobre 2026. Il subsiste des prix nominaux sur Pontivy-Guingamp en pois fourrager et féverole fourragère, ainsi que des affaires en pois jaune rendu usine dans la Marne à 310 €/t. Dans l’Est, le marché de la féverole est inexistant. Il n’y a pas de pois dans la Marne. À noter un intérêt acheteur dans l’Oise. Dans le Sud de la France, les volumes disponibles ont déjà tous été écoulés.

Tourteaux

Nouvelle hausse des cours

Sur le marché physique français, les prix du tourteau de soja OGM ont gagné du terrain en cette semaine du 30 septembre au 7 octobre 2026, oscillant entre + 13 et + 17 €/t sur l’ensemble des places commerciales. Le tourteau de soja coté sur le CBOT a de fait grimpé de 8,80 $/t à 365,90 $/t sur l’échéance octobre 2026. La prime du tourteau de soja non OGM a suivi une tendance haussière sur la semaine. La prime pour le tourteau de soja mass balance est inchangée.

À noter : « Jusqu’à fin décembre 2026, la prime mass balance reste de mise et permet aux fabricants d’aliments pour animaux de se conformer aux exigences de la Fédération européenne des fabricants d’aliments composés (Fefac). Après le 31 décembre 2026, si le Règlement sur la déforestation de l’Union européenne (RDUE) entre en vigueur, la prime mass balance n’aura plus lieu d’être car cela deviendra de facto l’offre standard des importateurs. Le spread s’établirait entre + 15 €/t à + 22 €/t, voire un peu moins sur le mois de janvier 2027 en raison du stock de report », explique un spécialiste du marché des tourteaux.

​​​​​Le tourteau de colza sur le marché physique français a renchéri sur la semaine, gagnant entre 4 €/t et 8 €/t. Le tourteau de tournesol a fait de même, gagnant entre 4 €/t à 7 €/t selon les places et les périodes, exception faite des départs Bassens et Lezoux dont les cours n’ont pas évolué.

Dans ce contexte haussier, le marché hexagonal des tourteaux est calme. Aucune activité n’a été rapportée sur le début de l’année 2027.

Huiles

Hausse des cours

Le marché physique français de l’huile végétale n’est guère coté. Pour information, l’huile de soja en départ Brest a renchéri de 8 €/t à 10 €/t entre le 30 septembre et le 7 octobre 2026. L’huile de tournesol en départ Saint-Nazaire a renchéri de 60 €/t à 70 €/t. En franco Bretagne, les cours de l’huile de coprah raffinée a grimpé de 30 €/t sur les sept derniers jours, ceux de l’huile de palme raffinée ont gagné 10 €/t. Le marché physique français est calme. Les acheteurs, bien couverts sur le court terme, attendent des tarifs plus en adéquation avec leurs objectifs en termes de prix d’achat, pour se couvrir sur les longueurs.

Sur les ports nord européens, les prix de l’huile de soja, de colza et de tournesol ont gagné du terrain en cette semaine du 30 septembre au 7 octobre 2026, gagnant respectivement 25 €/t, 25 €/t et + 40 €/t. Les cotations de l’huile de palme se sont repliées, perdant de 10 €/t à 15 €/t sur les sept derniers jours. L’huile de coprah raffinée a quant à elle grimpé de 5 €/t.

Aux États-Unis, le contrat en huile de soja sur le CBOT a cédé 0,43 cts$/livre sur l’échéance octobre à 67,42 cts$/livre, d’une semaine sur l’autre. En Malaisie, l’huile de palme cotée à Kuala Lumpur a perdu 144 ringgits la tonne à 4 310 ringgits la tonne, dans le même laps de temps.

Issues de meunerie

Grande fermeté des prix

Les prix des issues de meunerie sur le marché physique français n’ont pas évolué entre le 29 septembre et le 6 octobre 2026. L’offre n’arrive toujours pas à contenter la forte demande française et européenne. Les fabricants d’aliments animaux en France et dans les pays limitrophes sont à la recherche de fibres pour formuler. Et ce, malgré le décrochage des cours des céréales. Les cotations pourraient encore se raffermir dans l’absolu mais le net renchérissement des coûts de transport limite l’envolée des cours.

En Bretagne, les cours du son fin farine n’ont pas évolué entre le 30 septembre et le 7 octobre 2026, à l’image du marché francilien. Offre et demande s’équilibrent, sur un marché qui tend à s’apaiser. En Isère, les cours du son fin sont nominalement reconduits comme en Île-de-France, faute de nouvelle affaire traitée. En région marseillaise, les cours sont restés stables avec quelques affaires conclues. La demande est très présente mais l’offre est rare.

​​​​Coproduits amidonniers

Hausse des prix en drêche de maïs

De nouveau cotée sur le rapproché, la drêche de maïs sur le marché physique français a progressé de 4 €/t à 10 €/t, entre le 30 septembre et le 7 octobre 2026.

La drêche de blé et le corn gluten feed sont non cotés.

Le marché est calme.

​​​​Coproduits laitiers

Regain de demande sur la fin de l'année

Le cours de la poudre de lait pour l'alimentation animale en vrac, sur le disponible, n'a pas évolué sur le marché physique français, stagnant à respectivement 3 275 €/t entre le 1er et le 8 octobre 2026, faute de nouvelle affaire traitée. 

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Le cours de la poudre de lactosérum pour l'alimentation animale en vrac, sur le disponible, a quant à lui reculé de 30 €/t à 1 650 €/t, en raison d'un contrat négocié à ce niveau de prix.

Le marché français connaît un regain de demande en en poudre de lait et en poudre de lactosésum sur la période novembre-décembre. Il en est de même su le marché néerlandais où le prix de la poudre de lait peut atteindre 3 575 €/t sur cette période, soit 300 €/t de plus que le cours actuel en France. 

Produits déshydratés

Adaptation des cahiers des charges

En luzerne déshydratée, le prix n’a pas évolué entre le 30 septembre et le 7 octobre 2026, stagnant à 225 €/t. Côté pulpe de betterave déshydratée, aucun volume n’est offert à la vente en ce moment.

Ces deux produits, qui sont intégrés dans divers cahiers des charges permettant de fabriquer des produits pour l’alimentation humaine, font l’objet de négociations pour que lesdits cahiers des charges, certains en tout cas, puissent intégrer, au titre d’une dérogation tout à fait exceptionnelle et dans des conditions très encadrées, des origines autres que celles définies par la notion de proximité. À titre d’exemple, l’Égypte est un pays producteur et exportateur de pulpe de betterave déshydratée.

Farine de poisson

Tension sur le marché européen

En Amérique du Sud, les prix de la farine de poisson sur le marché physique français n’ont pas évolué, toutes origines confondues, entre le 23 et le 30 septembre 2026. Les prix se stabilisent en raison du retrait d’un grand nombre d’acheteurs.

Les pêches au Maroc sont bonnes, ce qui permet une légère détente des qualités fabriquées en Amérique du Sud.

En Europe, la disponibilité reste limitée et les prix très tendus.

Pailles et fourrages

Statu quo

En paille de blé et d’orge, la récolte 2026 en départ Nord-Est demeure respectivement cotée entre 80 €/t et 100 €/t et entre 70 €/t et 90 €/t, en cette semaine du 30 septembre au 7 octobre 2026. Les prix n’évoluent pas d’une semaine sur l’autre en paille mais la pression de la demande est toujours présente face à une offre qui se raréfie. Les éleveurs sont à la recherche de paille pour complémenter le foin dont les disponibilités sont limitées. Supplémenter avec des aliments composés, la paille pourrait venir en alternative au foin, dans le cas extrême.

En France, les prix du foin atteignent parfois des niveaux défiants l’entendement. On rapporte des montants pour des balles rondes en foin de prairie approchant les 500 €/t en France. À terme, le risque est bien réel de ne pas disposer de marchandises de façon suffisante pour honorer toutes les demandes. Par ailleurs, on apprend aussi, via la Radio Télévision Suisse, que les agriculteurs de ce pays ont acheté des volumes de fourrage au Canada, en raison de la sécheresse et de la pénurie en Europe. Les Suisses s’étaient déjà procuré du foin en origine France, il y a quelques semaines, à des prix très élevés.

En foin de Crau, les prix sur le marché physique français (cotations commerciales) n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. En revanche, le Comité du foin de Crau a relevé ses prix de 10 €/t sur certaines références. Les prix s’établissent entre 250 €/t et 260 €/t. Selon l’association professionnelle, les rendements sont globalement mauvais. Malgré l’irrigation, les prairies ont eu du mal à pousser avec les grosses chaleurs. En revanche, le foin récolté est de bonne qualité.

Au 30 septembre 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes est inférieure de 42 % à celle observée à la même date de la période de référence 1989-2018, indique Agreste. « Depuis la canicule de fin juin, les fortes chaleurs et la sécheresse persistent de façon quasi continue, empêchant toute reprise de la pousse. Depuis plus de trois mois, la pousse cumulée stagne. Le déficit atteint un niveau inédit, désormais supérieur à celui de 2003. À de très rares exceptions près, la totalité du territoire connaît un déficit supérieur à 25 %, et localement supérieur à 60 % », explique l’Agence gouvernementale.

La rédaction

 

À surveiller

Soja

  • Publication du rapport Wasde sur l’offre et la demande mondiales agricoles par l’USDA le 9 octobre.

  • Publication mensuelle du Conseil international des céréales.

  • Compétitivité des huiles végétales, portées par le biodiesel (crise du pétrole au Moyen-Orient).

  • Publication surface-rendement-production par Agreste.

Colza

  • Entre semis et retournement de parcelles, surface emblavée en France.

  • Développement des cultures entre adventices et ravageurs.

  • Récolte canadienne de canola.

  • Trituration européenne, portée par le biodiesel.

Tournesol

  • Production et teneur en huile en France.

  • Échos de la récolte en Europe.

  • Trituration et logistique en Ukraine (guerre russo-ukrainienne).

Karine Floquet

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