Marché des céréales et du sucre du 1er au 7 octobre 2026 – Les prix du blé se raffermissent sur fond de difficultés logistiques en mer Noire
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L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 1er et le 7 octobre 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Le prix du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a progressé entre le 30 septembre et le 7 octobre 2026 : + 8,50 €/t, à 243 €/t sur la période octobre-décembre, dans le sillage du marché à terme européen Euronext (+ 8,25 €/t à 244,25 €/t sur l’échéance décembre 2026 et + 7,50 €/t à 246,50 €/t sur l’échéance mars 2027). Sur le CBOT, les cours ont également clôturé en hausse : + 10,75 cts$/boisseau à 686,50 cts$/boisseau sur l’échéance de décembre 2026 et + 10,25 cts$/boisseau à 701 cts$/boisseau sur celle de mars 2027.
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Sur le marché physique français, les cotations du blé tendre s’inscrivent toutes en hausse cette semaine. Les quelques précipitations ont permis d’avancer les travaux de semis en blé. Les agriculteurs sont déjà très engagés sur la campagne en cours.
Sur les ports, les primes se tiennent et un peu de demande subsiste sur Rouen et La Pallice, notamment pour du blé très protéiné à 12,5 % de protéines, mais l’activité reste limitée. Du côté de nos voisins européens, on rapporte un intérêt acheteur de la part des importateurs belges sur le début de l’année 2027. Les Pays-Bas sont en revanche absents. L’Italie et l’Espagne préfèrent quant à elles s’approvisionner auprès des pays de l’est européens et n’achètent pas de marchandises françaises, jugées trop chères.
Sur le marché intérieur, les fabricants d’aliments pour animaux sont déjà largement engagés sur octobre-décembre, même si des compléments se font toujours. En revanche, la demande est très soutenue sur la période janvier-mars. Les industriels anticipent des besoins élevés de la part des éleveurs une fois que les animaux seront rentrés, car il ne sera guère possible de compter sur la maigre récolte de foin de cet été. De plus, ils s’habituent à l’idée d’utiliser plus de blé et d’orge dans leurs formulations après la récolte catastrophique en maïs. La meunerie française est déjà relativement couverte et l’activité est routinière. L’intérêt acheteur de la part de l’amidonnerie est peu présent, mais celui de l’éthanolerie est en revanche soutenu.
Les prix de base du fret fluvial en France sont donnés à titre purement indicatif en cette semaine du 23 au 30 septembre 2026, en l’absence d’offres de transport.
Les niveaux de la Moselle et du Rhin baissent de jour en jour, ce qui rend la navigation de plus en plus difficile. Aucune amélioration n'est en vue pour l´instant, les pluies régénératrices se faisant attendre. La sitiuation est qualifiée de « catastrophique » par les opérateurs.
Le Danube est dans la même situation, avec des niveaux « très bas » en amont à « trop bas pour naviguer » en aval, entravant le fret de marchandises intra-européen.
Sur le bassin de la Seine, l’activité à destination des terminaux céréaliers du port de Rouen (Sénalia, Socomac et BZ) se déroule au gré des chargements des navires qui accostent et des acceptations des silos portuaires à réceptionner de la marchandise. Elle est chaotique et sans visibilité sur le moyen et long terme.
L'activité sur l’intracommunautaire est atone, ce qui commence à être inquiétant à cette période de l’année.
La rédaction
Le cours du maïs rendu Bordeaux, sa place de référence sur le marché physique français, a gagné 16,50 €/t à 285 €/t sur la période octobre-décembre 2027, entre le 30 septembre et le 7 octobre 2026. Sur Euronext, il a progressé de 11,75 €/t à 276 €/t sur l’échéance de novembre 2026. Sur le CBOT, le contrat à terme a quant à lui légèrement avancé de 1,25 ct$/boisseau à 502 cts$/boisseau sur l’échéance de décembre 2026. Les disponibilités réduites en Europe, les interrogations sur les origines pouvant approvisionner l’UE et la révision en baisse des conditions de culture du maïs par l’USDA en pleine récolte ont tiré les cours vers le haut. Les opérateurs sont de plus en plus pessimistes sur la production française, certains tablant maintenant sur 6 Mt. Des volumes importants de maïs d’importation sont donc attendus, probablement depuis la Pologne et la Roumanie. Il existe de plus un risque de mycotoxines sur le maïs brésilien.
Les prix du maïs sur l’échéance novembre d’Euronext étant largement supérieurs à ceux sur novembre, les agriculteurs sont nombreux à vouloir vendre avec cette indexation. La rétention s’achève, mais les couvertures des industriels ont déjà été effectuées sur octobre – décembre et les acheteurs se concentrent maintenant sur janvier – mars. La prime ne compense pas encore le spread pour permettre aux acheteurs et vendeurs de se rejoindre. Sur les places portuaires, l’activité est bien sûre inexistante. Quelques volumes de maïs waxy sortent toutefois sur Bordeaux et la Pallice.
Les prix de l’orge française se sont appréciés sur le marché physique français, dans le sillage du marché à terme. La baisse de la prime sur les places portuaires ne réussit pas encore à susciter de la demande. Les fabricants d’aliment belges sont présents à l’achat dans le Nord de la France, même si leur demande se calme avec l’arrivée de bateaux étrangers sur les ports de Bruges et Gand. Sur le marché intérieur, des compléments ont été réalisés.
Les prix de l’orge de brasserie ont gagné du terrain, toutes variétés et récoltes confondues, les acheteurs s’avérant plus nombreux que les vendeurs. La demande est présente en orge brassicole de printemps.
Les vendeurs ne se pressent pas et attendent des prix plus avantageux. Le marché s’interroge sur les qualités canadiennes. Les exportateurs de ce pays pourraient baisser leurs prix en conséquence et inonder le marché européen à bas coût. Les acheteurs cherchent toujours des volumes mais ne sont pas prêts à surpayer le marché.
Le marché ne s'est guère concentré sur l'avoine cette semaine. Des affaires se traitent toutefois dans les Ardennes en avoine noire et en avoine blanche à 200 €/t. En rendu Pontivy, l'avoine bigarrée est à 240 €/t.
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Le marché du triticale est plus actif avec des cotations disponibles dans le Centre, le Massif Central et le Grand Est. Les prix varient entre 215 €/t dans l'Allier et 235 €/t en rendu Pontivy.
Le seigle est toujours incoté, faute de disponibilités et de marché en conventionnel.
Le prix du sucre brut coté à New York a nettement progressé, de 1,95 ct$/livre pour la semaine allant du 28 septembre au 5 octobre 2026, passant de 18,01 cts$/livre à 19,96 cts$/livre. Celui du sucre raffiné coté à Londres a aussi bondi, de façon plus marquée : + 45,80 $/t, à 556,10 $/t.
Les pluies tombant sur le Brésil, notamment dans la région Centre-Sud, ont ravivé l’idée d’une raréfaction de la production de canne à sucre et donc de l’offre en sucre tout en ralentissant les activités de transformation. De plus, la monnaie brésilienne, le real, a fortement progressé face au dollar étatsunien en ce début de semaine, décourageant l’activité exportatrice de sucre. Globalement, les opérateurs s’attendent toujours à un déficit d’offre face à la demande en 2023/2027, d’autant que la Thaïlande, deuxième exportateur mondial de sucre, a annoncé une baisse possible de 17 %, comparée à l’an passé, de sa production. La robustesse annoncée du phénomène météorologique EL Nino fait craindre soit des excès de sécheresse, soit des excès de pluies en fonction des régions touchées et productrices.
La rédaction
Publication du rapport Wasde sur l’offre et la demande mondiales agricoles par l’USDA le 9 octobre.
Conditions pour les semis d'hiver en France.
Demande portuaire en blé protéiné.
Publication mensuelle sur les céréales du Conseil international des céréales, le 15 octobre.
Prévision de la récolte états-unienne de maïs par l'USDA, à paraître le 9 octobre.
Estimation des surfaces cultivées et productions de céréales de la campagne 2025-2026, par Agreste, le 13 octobre.
Logistique pour l'arrivée des maïs est-européens en France.
Qualité des maïs brésiliens.
Baisse de la prime portuaire et demande internationale ?
Concurrence internationale sur le débouché belge.
Pérennité de la reprise de la demande en orge brassicole ?
Adèle d'Humières
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