Marché bio : faibles disponibilités en blé fourrager et triticale, voire pénurie en petit épeautre

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Le petit épeautre bio en origine France n’est plus coté depuis la semaine dernière, après avoir atteint des prix faramineux. Crédits : © Réussir SA

Les prix des principales matières premières agricoles bio ont globalement suivi une tendance haussière en ce mois d’octobre sur le marché physique français. L’activité est plus étoffée en alimentation animale qu’en alimentation humaine.

Les prix des céréales à paille bio ont globalement progressé entre le 7 et le 28 octobre 2026.

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La demande des fabricants d’aliments pour animaux est supérieure à celle de l’industrie agroalimentaire. Mais l’activité demeure contrainte par le renchérissement des matières premières agricoles bio. Les industriels n’achètent qu’en cas de nécessité sur le court terme. Les achats sur les longueurs sont limités aux marchandises dont les prix pourraient potentiellement continuer à augmenter.

Le prix du blé stagne en qualité meunière mais augmente en blé fourrager

Les prix du blé meunier bio à 11 % de protéines, celui coté par La Dépêche Le petit meunier, oscillent entre 440 €/t et 470 €/t sur le marché physique français, une fourchette stable sur les trois dernières semaines.

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Par ailleurs, on rapporte des affaires à des prix entre 380 €/t et 400 €/t en blé tendre bio moins protéinés. Ces « petits blés » sont achetés par certains organismes stockeurs pour être vendu en panification, en mélange avec des grains plus riches en protéines. Pour rappel, la collecte 2026 de blé tendre bio se caractérise par un taux de protéines à 11,1 % en moyenne nationale (+ 0,3 point par rapport à l’an dernier), avec 42 % du volume au-dessus de 11 % de protéines, selon l’enquête d’Arvalis. Si 34 % de la collecte présente un taux de protéines entre 10,5 % et 11 %, 23 % du volume sont entre 11,5 % et 12 %, et 14 % supérieurs à 12 %.

À l’opposé, on enregistre des contrats en blé meunier bio à 12,5 % de protéines à des prix compris entre 490 €/t et 500 €/t.

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Le prix du blé fourrager bio a, quant à lui, progressé sur les trois dernières semaines à 370-395 €/t, en raison du manque de disponibilité. La qualité technologique de la collecte de blé tendre est de fait remarquable cette année. L’enquête d’Arvalis montre que 88 % de la collecte présente une note de panification de 250/300, soit une très bonne qualité boulangère.

Le prix du triticale bio se maintient à un niveau élevé

Les prix du triticale bio n’ont guère évolué sur les vingt-et-un derniers jours (-5 €/t). Il s’établit entre 325 €/t et 345 €/t le 28 octobre 2026, soit 20 €/t supérieur à celui de la récolte 2025. En cause, le repli de 17 % de la collecte 2026 par rapport à la précédente (à 51 000 t, contre 61 578 t en 2025).

Entrant en alimentation animale au même titre que le blé fourrager bio, le cours du triticale bio est ordinairement inférieur de 10 €/t à 20 €/t par rapport à celui-ci. Mais cette campagne, on peut remarquer que l’écart de prix entre les deux céréales bio en origine France ne cesse d’augmenter, en raison du renchérissement du blé fourrager bio tricolore, dont les disponibilités sont également limitées cette année et la demande d’autant plus importante que la collecte nationale de maïs est catastrophique.

Autre constat, les prix du triticale bio importé, oscillant entre 295 €/t et 315 €/t le 28 octobre 2026, sont jusqu’à 15 €/t inférieurs (en rendu France) à la marchandise française (en départ zone de production). Ce qui pourrait expliquer la légère tendance baissière entamée par la cotation de la céréale hexagonale.

Le marché de l’épeautre est contrasté selon les variétés

Le petit épeautre bio en origine France n’est plus coté depuis la semaine dernière, après avoir atteint des prix faramineux (jusqu’à 2 050 - 2 250 €/t en départ zone de production). En cause : le manque de disponibilités, qui est valable dans l’Hexagone mais également à l’échelle européenne. Le 21 octobre dernier, il ne restait que 100 t à 200 t de marchandises offertes à un prix avoisinant les 4 000 €/t (en rendu France).

À l’inverse, le grand épeautre bio a enregistré une collecte convenable tant en France qu’à l’échelle européenne. Ses prix sont compris entre 900 €/t et 1 050 €/t (en départ zone de production) en origine hexagonale et entre 1 140 €/t et 1 150 €/t (en rendu France) pour de la marchandise importée, principalement d’Allemagne.

Lire aussi : Maïs bio et sécheresse : la France va passer d’exportateur à importateur net sur la campagne 2026-2027

Le marché des autres matières premières bio en bref…

  • En avoine bio, le marché de la floconnerie n’est pas acheteur. Les prix de l’avoine en qualité floconnerie s’établissent à 300-360 €/t en origine France, contre 335-340 €/t en origine UE. En alimentation animale, c’est l’absence des vendeurs qui limite l’activité. Les prix de l’avoine en qualité fourragère s’établissent à 250-270 €/t en origine France. L’avoine fourragère en origine UE coûterait plus cher que la marchandise hexagonale, en raison des coûts logistiques élevés pour l’acheminer sur notre territoire.
  • En blé dur bio, l’Italie et la Belgique sont à l’achat sur le marché européen. Les prix s’établissent à 550-580 €/t en origine France, contre 455-465 €/t en origine UE et non UE.
  • En sarrasin bio, la collecte est attendue faible. Les prix s’établissent à 1100-1250 €/t en origine France, contre 1000-1100 €/t en origine UE.
  • En luzerne déshydratée bio, la quatrième coupe est terminée, avec des rendements encore inférieurs aux trois premières. D'une année sur l'autre, le rendement moyen chuterait de 30 % minimum, selon les premières échos du terrain.

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