Pas de surprise : après avoir remporté une victoire écrasante aux élections, la liste FDSEA/JA n’a eu aucun mal à imposer son candidat à la présidence de la Chambre d’agriculture. Lundi, lors de la séance officielle d’installation, placée sous l’autorité du préfet, Louis-François Fontant a été facilement réélu dès le premier tour de scrutin par 35 voix sur 44 à la présidence de l’institution. Face à lui, une seule autre candidature, celle de Baptiste Servans, portée par le SMSA (Syndicat des mécontents du système agricole), qui a dû se contenter de trois voix. Tandis que six élus avaient choisi de voter blanc. Si elle s’est déroulée dans une relative sérénité, l’élection a toutefois révélé la brêche ouverte durant la campagne électorale dans les relations entre le syndicalisme majoritaire et les organisations agricoles. Si le représentant du crédit, de la coopération et de la mutualité a tenté de calmer le jeu, parlant même de “malentendu”, la nouvelle répartition des sièges au sein du bureau de la Chambre d’agriculture a manifestement tenu compte des divergences apparues. Neutralité, pas opposition
Avant l’élection, Guy Calmejane a été le premier à prendre la parole
pour lire une déclaration au nom des représentants de la coopération,
du crédit et de la mutualité. Les organisations disent “regretter le
malentendu qui a été à l’origine de tous les événements et
communications qui ont émaillé les dernières semaines avant et après
les élections...”. Regretter aussi que “l’attitude neutre” qu’elles
avaient choisi d’adopter pour “respecter le pluralisme de leurs
ressortissants” ait, “de fil en aiguille, été interprétée ou traduite
comme une position de rejet vis-à-vis de la FDSEA et des Jeunes
agriculteurs”. Les organisations précisent encore que “loin d’avoir
voulu créer une opposition avec le syndicalisme majoritaire, elles ont
simplement souhaité apporter leur contribution aux débats en vue de la
détermination d’un programme, le plus élaboré possible, en faveur de
l’agriculture”. Pour conclure finalement que “certaines de leurs
attentes sont contenues dans le programme de la nouvelle chambre” et
affirmer leur volonté “d’œuvrer ensemble” et dans la sérénité “pour
l’essor de l’agriculture cantalienne”. Un épisode qui a laissé des traces
Patrick Escure, président de la FDSEA, n’a pas donné l’impression
d’avoir digéré cet épisode : “Nous avons pu avoir peur que l’attitude
des organisations agricoles constitue un appel à la désunion du monde
agricole à un moment où il avait au contraire besoin de se rassembler”,
a-t-il déclaré, en réitérant la demande de la FDSEA et des JA : “Nous
demandons que les conseils d’administration de ces outils délibèrent
afin de prendre position sur leur volonté de mettre en œuvre ou non le
projet pour lequel nous avons été élus”. “Alors, nous pourrons
travailler dans la sérénité”, concluait-il, en convenant “qu’on aura
besoin de toutes les structures pour réussir”. Les divergences sont
réapparues au moment de la désignation des élus qui siègeront à la CDOA
(Commission départementale d’orientation agricole). Guy Calmejane a
décliné l’offre qui lui était faite d’occuper un poste de suppléant, en
faisant valoir qu’il avait par ailleurs été désigné par la
transformation pour siéger dans cette Commission. Et il a proposé à sa
place la candidature de Germaine Sérieys (1re vice-présidente de la
précédente mandature). Proposition ouvertement déclinée par le
président Fontant qui a préféré confier le poste à Philippe Albisson,
tout en assurant qu’il “n’y a pas de malentendu entre la Chambre
d’agriculture et la coopération, même si quelques-uns de leurs
responsables ont voulu marquer leur différence”.
Priorités : le revenu et la modernisation
En rejoignant sa place de président à la tribune, Louis-François
Fontant s’était auparavant réjoui des résultats d’une élection “qui
donnent confiance, décuplent notre motivation mais nous donnent aussi
des devoirs et une lourde responsabilité”. Il a affirmé la volonté de
la nouvelle équipe dirigeante d’être aux côtés du syndicalisme
majoritaire pour faire avancer des dossiers importants pour les
agriculteurs du département, en citant les négociations à l’OMC, les
évolutions de la Pac, la mise en œuvre du programme de cessation
d’activité laitière, la relance de la procédure des échanges de droits
à produire, la défense des prêts bonifiés aujourd’hui menacés, des
crédits de la PHAE, le paiement du solde des indemnités sécheresse...
Il a ajouté que l’action de la nouvelle Chambre d’agriculture serait
guidée par des objectifs “d’amélioration du revenu et de modernisation
des exploitations”. “La maîtrise des charges et la valorisation des
productions seront nos priorités”, a-t-il insisté, en préconisant
notamment le développement des productions sous signe de qualité, le
soutien aux organisations interprofessionnelles ainsi qu’aux
initiatives de filières.
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