A l’issue d’un conseil d’administration réuni le 18 avril en soirée,
les Jeunes agriculteurs (JA) ont manifesté en posant des bâches aux
frontons de la Direction départementale de l’agriculture et de la forêt
(DDAF) et de la Trésorerie générale à Aurillac. Ils répondaient à un
mot d’ordre national lancé par les JA, qui se sont invités à leur
manière au débat sur la jeunesse et la précarité en dénonçant les
promesses non tenues en matière de financement des formations
préalables à l’installation agricole, et l’absence de réponse du
gouvernement au niveau de la gestion des DPU (Droits à paiement unique)
qui pénalise, voire bloque certaines installations. Au terme d’une
journée de manifestations, le ministère de l’Agriculture a assuré que
les crédits prévus seraient débloqués et que les installations
laitières ne seraient pas entravées par la mise en oeuvre des DPU. “Après Pac, les cloches sont toujours au ministère. Installation en danger” :
c’est le slogan que les Jeunes agriculteurs ont inscrit à la bombe de
peinture sur une immense bâche qu’ils ont accrochée sur la façade de la
DDAF, avant d’allumer un feu de pneus dans la rue, éteint un peu plus
tard par les pompiers.
Plus de crédits pour la formation
Peu après, une autre bâche portant l’inscription “Installation en
danger, JA mobilisés. Non au gel budgétaire, non à l’agriculture
précaire” était suspendue à l’entrée de la Trésorerie générale. La
manifestation est restée pacifique. “Le gouvernement a affirmé à
plusieurs reprises son engagement à traiter les problèmes de la
jeunesse et fait de l’emploi et de la formation des jeunes une
priorité. Nous voulons dénoncer aujourd’hui le décalage entre les
annonces et les actes”, résume Julien Fau, nouveau président des JA du Cantal. “Nous avons le sentiment que l’Etat se désengage financièrement de la formation à l’installation”, reprend Jean-François Navarro, secrétaire général des JA, en prenant l’exemple du stage de 6 mois :
“A l’heure actuelle, on a pour 2006 dans le Cantal des crédits pour
financer 13 stages alors qu’on installe 130 jeunes par an et qu’on a
déjà 46 demandes sur les deux premiers mois de l’année. La situation
est la même pour le financement des 40 heures”, dit-il. Il constate d’autre part que l’Etat n’assure pas non plus la pérennité des dispositifs facilitant la transmission : “Le budget national alloué à la préretraite est passé de 85 millions d’euros en 2000 à 30 millions d’euros en 2004”, remarque-t-il.
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Autre motif de la
grogne : l’absence de réponse du gouvernement sur la gestion des DPU
(Droits à paiement unique institués par la nouvelle Politique agricole
commune). “Toutes les installations en société et en production
laitière sont bloquées pour une durée indéterminée, dans l’attente de
décisions qui ne viennent pas”,
tempête Julien Fau, en expliquant qu’en l’état actuel de la
réglementation, les jeunes qui s’installeront après le 15 mai ne
toucheront leurs DPU qu’en 2007. “A
plusieurs reprises déjà, nous avons interpellé les représentants de
l’Etat sur les imperfections du dispositif vis-à-vis des installations.
Nous irons à nouveau rencontrer le directeur de la DDAF dans les
prochains jours pour demander des réponses claires”, précise le
président des JA. Enfin, les JA dénoncent le fait que l’Etat n’ait pas
consacré un volet agricole et spécifiquement pour l’installation dans
l’élaboration des nouveaux contrats de plan Etat/régions pour la
période 2007/2013. “Nous demandons que l’installation et la transmission soient inscrits comme des priorités dans ces contrats”, insiste Julien Fau. “Qu’il
s’agisse d’installation ou de transmission, le ministère s’engage
régulièrement à répondre à nos revendications mais, en pratique, les
actes ne suivent pas les discours”, conclut le président des JA du Cantal, qui demande que “les promesses soient tenues”.