Bernard Valleix, directeur-adjoint de la Direction régionale de l’agriculture et de la forêt d’Auvergne (Draf), était le mercredi 20 septembre l’invité de l’assemblée générale de l’Adasea du Cantal. Face à de nombreux responsables agricoles du département, il a expliqué le schéma autour duquel les aides européennes devraient s’articuler sur le période 2007-2013. Selon M. Valleix, si ce schéma est bâti différemment par rapport à la précédente période (2000-2006), c’est en raison de “nouveaux choix politiques” et “d’adaptations techniques qui vont dans le sens de la simplification”. En résumé, un seul fond -le Feader- servira à financer un programme opérationnel national composé d’un socle centralisé et d’un volet régional décentralisé. Le PDRH (Programme de développement rural pour l’Hexagone) couvrira désormais le PDRN (Plan de développement rural national), le Docup (Document unique de programmation) et le programme européen Leader+. Au final 4,122 milliards d’euros y seront consacrés en France, dont une grosse partie affectée au socle national et 1,735 milliard d’euros pour le volet déconcentré aux régions. L’abandon des politiques foncières et de gestion de l’eau
Dans son exposé, la Draf n’a pas cherché à masquer une réalité : les
enveloppes allouées seront revues à la baisse. Pour l’Auvergne, on
devrait passer de 170 millions à 124 millions d’euros pour une période
pluriannelle équivalente. Un calcul qui, de toutes façons, n’avait
échappé ni aux responsables syndicaux présents, ni au président de la
Chambre d’agriculture. En analysant les hypothèses présentées,
Louis-François Fontant constate que la diversification, le conseil aux
agriculteurs et l’aide aux Cuma sont autant de secteurs qui vont
souffrir de ces nouvelles orientations. Il s’inquiète plus encore de la
disparition totale des lignes relatives à l’aménagement foncier et à la
gestion de l’eau. “Alors que ce sont des secteurs qui pèsent énormément
sur la capacité de production et qui intéressent l’ensemble de la
société qui en bénéficie”. Patrick Bénezit considère que “la mécanique
repart à l’envers”. Le secrétaire général de la FDSEA ne veut pas que
l’on puisse croire que l'agriculture coûte trop cher : “Au contraire,
elle crée des richesses”.
La mécanique “à l’envers”
Julien Fau, président des Jeunes agriculteurs, enchaîne : selon lui, on
assiste à “un glissement de l’agricole vers le rural”. Un constat étayé
par le fait que le programme de développement rural “Leader” intègre
l’enveloppe globale. Il défend l’idée que le développement rural, c’est
justement -et surtout- l’affaire des agriculteurs. Même s’il admet
qu’il ne s’agit pas d’une consolation, M. Valleix tient à préciser
qu’il y a peu, il ne pensait pas que les fonds seraient aussi
importants pour cette nouvelle période. Il ajoute en outre que, côté
dépenses, certaines orientations ont profité d’un “appel d’air” lié à
la nouveauté, et que moins de dossiers devraient être à traiter à
l’avenir. Ce pourrait être le cas, selon lui, des aides aux bâtiments
d’élevage, dont l’enveloppe spécifique s’avère “en retrait”.
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