L’enjeu pour « One health » est de passer du concept à l’action

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« One health » demande coordination et communication entre métiers qui n’y sont pas acculturés – les vétérinaires, les médecins, les gestionnaires de la faune sauvage... Le concept intègre aussi les dynamiques socio-économiques. Crédits : © Presse agricole du Massif central

Le concept « One health » ou « Une seule santé » s’impose pour mieux gérer les santés humaine et animale, et s’élargit à la santé de l’écosystème. La prise de conscience et le partage des informations scientifiques entre les différents acteurs avancent.

Le concept « One health » ou « Une seule santé » est né historiquement au début des années 2000 quand l’OMS (Organisation mondiale de la santé), l’OIE (à l’époque l’Office international de la santé animale) et la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) ont créé une alliance pour lutter contre la rage, l’influenza et l’antibiorésistance.

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Il s’est imposé, car les zoonoses, maladies pouvant passer de l’animal à l’homme, représentent aujourd’hui 75 % des pathologies émergentes. Et 60 % des maladies animales sont des zoonoses. Mais « One health », ce n’est plus aujourd’hui seulement les zoonoses et l’antibiorésistance. « Avec l’évolution du climat, de l’environnement, de la biodiversité, et la mondialisation des échanges, le concept a évolué : la santé des écosystèmes est, elle aussi, très importante et s’intègre à l’approche « One health » au même titre que la santé humaine et la santé animale », a présenté Jean-Pierre Orand du CGAAER lors des journées nationales des groupements techniques vétérinaires à Dijon, en mai.

Dialogue constructif et interdisciplinaire

« Depuis 2021, le concept est officiellement défini par l’approche intégrée et unifiée qui vise à optimiser et à équilibrer durablement les santés des personnes, des animaux et des écosystèmes. » C’est le dialogue constructif et opérationnel en interdisciplinaire pour des objectifs communs de santé au niveau international, national ou local.

Les épisodes du SRAS, du Covid et, tout récemment, de l’hantavirus l’ont matérialisé. Un autre exemple parlant est celui de la tuberculose bovine. « Après la seconde guerre mondiale, il y avait beaucoup de cas en France et ce sont les bovins qui entretenaient la maladie, en donnant lieu à une contamination majeure de l’homme. Aujourd’hui, cette même maladie, au même endroit, n’est plus un sujet majeur de santé humaine et son entretien sur le territoire est le fait de dynamiques de populations dans la faune sauvage, qui elles-mêmes dépendent de politiques environnementales », a illustré Christine Fourichon, de l’École nationale vétérinaire de Nantes.

Autre cas au Sénégal : le développement de cultures recevant une fertilisation minérale a eu pour effet la prolifération dans les lacs d’une végétation, dans laquelle se sont développées des populations d’escargots. Ces escargots porteurs de parasites ont entraîné une forte augmentation des cas humains de bilharziose. La maladie humaine a pu être mieux maîtrisée en enlevant cette végétation au niveau des points de prélèvement d’eau – soit en la compostant, soit en faisant un fourrage pour le bétail. On voit ici l’intrication entre écologie, sociologie, économie, et santé humaine et animale.

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Le territoire est une échelle clé pour avancer

« Le principe « Une seule santé » est à voir comme un moyen et non comme une fin », explique Jean-Pierre Orand. Il demande coordination et communication entre métiers qui n’y sont pas acculturés, comme les médecins avec les vétérinaires et les gestionnaires de la faune sauvage. La prise de conscience avance sur la nécessité du partage des informations scientifiques entre les différents acteurs, pour qu’on parle de la même chose et qu’on avance. Des programmes internationaux, nationaux et régionaux sont déclinés. Christine Fourichon cite l’exemple, avec l’émergence du virus West Nile en Gironde, de la création d’un réseau efficace à l’échelle locale.

« One health » est à voir comme un moyen de mieux gérer la santé et non comme une fin

Quatre priorités définies au sommet mondial à Lyon

La France a organisé un sommet mondial « One health » ou « Une seule santé » en avril à Lyon. Il a rassemblé plus de 2000 participants du monde entier. Quatre priorités ont émergé dans 47 recommandations :

- lutter contre les maladies infectieuses (ré) émergentes grâce à une surveillance intégrée et une prévention à la source ;

- combattre les résistances aux antimicrobiens par une solidarité mondiale ;

- réduire les pollutions via des approches sûres dès la conception des produits et les évaluations d’impact ;

- repenser les systèmes alimentaires avec l’agroécologie, une approche territoriale et une nutrition saine, suffisante et équilibrée.

 

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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