L'élevage français d'escargots en péril

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Franck Adam, 10 000 m de parcs à escargots à Houlgate (Calvados), se place « entre les numéros 2 et 4 » de la production française d'escargots.

Les Marchés : Les conserveurs d'escargots se plaignent d'une mauvaise collecte d'escargots pour la deuxième année de suite. Un ramassage qui s'effectue à 99 % en Europe centrale où l'activité est victime de métiers plus lucratifs. N'est-ce pas une chance pour les éleveurs ?

Franck Adam : Avec nos charges, on n'a aucune chance de pouvoir s'aligner sur les prix pratiqués, pénurie ou pas. Les laboratoires de première transformation achètent les escargots vifs à 4 euros le kilo. Il en faudrait au minimum 4,5 euros pour continuer à investir.

Comme le ramassage à l'Est va finir par épuiser la ressource, des élevages se montent sur place. Un gros éleveur qui vient de s'installer là-bas, formé par un ingénieur français, c'est un comble, est capable, m'a-t-on dit de livrer à 2,90 euros le kilo. D'autres métiers comme la viticulture et la production légumière bénéficient d'exonérations de charges sociales, pour les vendanges ou la cueillette, nous, rien.

La production n'est pas organisée, on manque de solidarité. Il y a toujours des petits producteurs qui font ça en plus d'une autre activité et qui cassent les prix. Les producteurs rationnels sont obligés de brader.

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LM : A quelles conditions la production française peut-elle se maintenir ?

F.A : Pour ma part, j'ai réduit de moitié ma capacité de production cette année, en passant de 30 tonnes à 12 ou 15 tonnes. Le numéro un français en produit une soixantaine. Dans l'escargot, c'est la transformation qui paie. C'est la partie la moins difficile ; quand on transforme, on sait ce qu'on a en stock, alors que l'élevage est soumis aux aléas climatiques. L'avenir des éleveurs est très incertain.

LM : Comment percevez-vous la conjoncture cette année ?

F.A : J'ai rempli mon carnet de commandes. Mais je sais que les gros labos ont du stock. Les éleveurs subissent l'augmentation du prix des céréales. Il en faut 2 kilos pour un kilo d'escargots.

Avec l'augmentation du prix du beurre, la baisse du pouvoir d'achat, tout le monde fait le dos rond.

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