Le “ventre de Bruxelles” va investir pour sa pérennité

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Le marché de gros de Bruxelles dispose déjà depuis 2013 d’un espace spécifique pour les acheteurs afin qu’ils puissent conserver leurs achats dans les meilleures conditions. Directement relié aux halles de vente, cet entrepôt, qui a fait l’objet d’un investissement de 8 millions d’euros, couvre 8 000 m2 et est divisé en 30 chambres frigorifiques, toutes louées (et la liste d’attente est longue). Il reflète aussi la volonté environnementale du marché bruxellois : récupération des eaux de pluies, végétalisation du toit, panneaux photovoltaïques Crédits : © Philippe Gautier
Au moment de ce reportage (16 février), la saison des asperges belges commençait à peine. Si l’engouement pour le turion blanc n’est aussi fort outre-Quiévrain qu’en Allemagne par exemple, il n’en demeure pas moins apprécié. Ici, le local prend tout son sens : elles sont cultivées à 35 km de la capitale, dans la région de Malines. Les grossistes la proposent en trois calibres, les plus grosses partant directement dans les restaurants. Crédits : © Philippe Gautier
Le projet DREAM (Distribution et Récupération d’Excédents Alimentaires à Mabru) est le fruit d’une collaboration entre le Centre public d’action sociale de la Ville et le Marché Matinal de Bruxelles. Il vise à récupérer les fruits et légumes frais invendus auprès des grossistes et à les redistribuer à 25 associations bruxelloises d’aide alimentaire. Les f&l sont ensuite triés, stockés et immédiatement proposés via une plateforme informatique, la “Bourse aux dons”, sur laquelle les associations passent leurs commandes. Les colis sont livrés par le service de livraison de DREAM. Ce service permet déjà de récupérer plus d’une tonne de légumes et fruits frais invendus, récupérés auprès de 30 grossistes, chaque jour. Crédits : © Mabru
Les fruits secs prennent une place particulière sur le marché de gros de Bruxelles. Pas moins de trois entreprises se sont spécialisées sur ce créneau, pour approvisionner principalement les marchés ethniques de la capitale belge. C’est le cas d’Euronoix, dirigée par Youssef Marzouk : la gamme proposée est extrêmement large, allant de la star incontestée des dattes, la Medjoul, en provenance principalement d’Israel et d’Afrique du Sud, aux différents fruits secs (anacardes, noix…) en passant par des produits spécifiques comme l’étonnant kiwi séché. Cette offre permet à Euronoix d’entretenir un flux d’exportation, vers Rungis en particulier. Crédits : © Philippe Gautier
La société Vandepoel est un des plus importants grossistes du marché de Bruxelles. Son espace est divisé en plusieurs cellules selon les types de produits (température ambiante par exemple pour la gamme de tomates). Les clients peuvent passer de l’une à l’autre avec son chariot, et avec l’assistance de vendeurs, procéder à leurs achats : on est presque dans un environnement libre-service rencontré chez les cash &carry. Coté offre, Vandepoel n’hésite pas à proposer des produits atypiques comme des népenthes séchées (variétés de plante carnivore, uniquement pour la décoration !) ou encore, comme le présente ici Albert Duchêne, responsable commercial, des mini pleurotes de Corée (Enrynjii) pour sa clientèle de restaurateurs. Crédits : © Philippe Gautier
5 heures du matin : l’activité se termine sur le Marché Matinal de Bruxelles. En mars, l’horaire d’ouverture est avancé à minuit (1 heure précédemment) pour coller encore mieux aux demandes des restaurateurs bruxellois. Crédits : © Philippe Gautier

Le marché de gros de la capitale belge (Marché Matinal de Bruxelles) s’est installé en 1973 sur le Quai des Usines, le long du canal Bruxelles-Charleroi. Laurent Nys, directeur de l’association sans but lucratif (ASBL) Mabru qui le gère, détaille son implantation : « Le marché se compose de cinq grandes halles, dont quatre sont dédiés aux fruits et légumes et la dernière aux grossistes en volailles, aux ateliers de découpe de poissons… Il s’y ajoute un bâtiment pour les fleurs et plantes et deux entreprises ayant leur propre entrepôt, Metro Cash & Carry et Tadal, spécialiste de produits méditerranéens ». Entre 8 000 et 10 000 t de produits transitent sur le site chaque semaine. Les concessionnaires ont aussi évolué, comme le précise Michel Lefever, représentant des grossistes : « Par exemple, le marché a accueilli des producteurs de pommes de la région qui, au fil des années, ont mené en parallèle vente sur le marché et exploitation, certains faisant même le choix du tout commerce ». Le marché a eu des sueurs froides l’an passé quand un projet d’aménagement a évoqué son départ du Quai des Usines vers une zone logistique dans le quartier de Schaerbeek-Formation, au nord de la métropole bruxelloise non loin de l’aéroport. Cependant, cela n’a pas eu de suite et le Marché Matinal est assuré de rester jusqu’en 2042 sur son site.

Projets d’investissements

Mabru est obligé à réinvestir tout bénéfice effectué lors d’un exercice. Comme cela a été le cas l’année dernière, plusieurs projets sont à l’étude. « Nous envisageons plusieurs aménagements pour 2017 et 2018, précise Laurent Nys. Nous allons ainsi revoir la décoration extérieure des halles, avec en tête ce qu’ont réalisé nos amis français du marché de Lyon-Corbas. De plus, afin de fluidifier la logistique dans l’enceinte du marché, nous allons faire construire des quais de déchargement. » Et à plus long terme ? Selon la demande des concessionnaires, la construction d’un nouveau bâtiment pourrait être programmée. Sur un autre registre, il est envisagé le renforcement des synergies avec le Centre européen des fruits légumes (CEFL), situé juste à côté du marché, qui regroupe sous forme de coopérative une vingtaine d’entreprises spécialisées dans l’importation et l’exportation.

Fiche d’identité

Le “Marché Matinal”, nom donné au marché de gros de Bruxelles, existe depuis plus d’un siècle et est installé au Quai des Usines depuis 1973. Mabru est l’association sans but lucratif (ASBL) créée en 1992 par la Ville de Bruxelles pour promouvoir, développer et gérer les activités du marché.

40 000 m2 de surfaces de vente.

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60 producteurs et grossistes en f&l sur 130 entreprises

Entre 450 et 500 M€ de CA annuel

276 000 t de produits vendues en 2015

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