« Le rapprochement Bigard-Socopa doit être bouclé vite »

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Gilbert Herpe, président du pôle animal de Coop de France commente pour l’enquête de sur la viande (LM de mercredi) et revient sur la conjoncture du marché de la viande

Les Marchés : Qu’avez-vous pensé de l’enquête réalisée par Que Choisir ? qui assure que l’écart s’est creusé entre les prix à la production et à la consommation dans le secteur de la viande ?

Gilbert Herpe : Je pense qu’il faut garder en tête les surcoûts sanitaires qui se sont accumulés sur l’élevage, notamment bovin, depuis le début des années 90. On les estime de 1 à 1,2 euro du kilo. La non-valorisation du 5 e quartier, qui constituait autrefois la marge des abatteurs contribue à renchérir le prix de la viande. L’exemple du cuir est parlant : il constituait une source de revenus ; il en coûte désormais aux entreprises pour s’en débarrasser.

LM: Il n’y a pas de marges excessives de la part des entreprises de transformation ou de la part des distributeurs ?

G. H. :Pour les entreprises, il n’y a pas besoin d’un observatoire pour le vérifier. Le ministère des Finances, qui encaisse les impôts sur les sociétés, doit connaître à peu près les taux de marge d’autofinancement. Pour la distribution, je ne sais pas. Il est certain que les prix du porc sont restés élevés au consommateur, alors qu’ils étaient faibles à la production. Cela a pour effet de détourner les consommateurs de produits qui devraient être accessibles. Plus généralement, il existe dans le secteur viande un problème de coûts d’approche : emballage, élaboration, délais logistiques courts, etc. Il faut arrêter d’exiger toujours plus dans ce domaine car cela contribue à faire de la viande un produit de luxe. Le hard-discount l’a bien compris et arrive à proposer des produits à des prix raisonnables. Les industriels n’ont pas à s’en plaindre.

LM : On ne peut pas dire pour autant que les prix soient satisfaisants pour les producteurs ?

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G. H. : En taurillons, les prix sont équilibrés, on peut même dire qu’ils sont bons. En vache laitière ou en vache allaitante en revanche, c’est difficile. Ce que je crains, c’est que la moindre valorisation des productions animales ne pèse dans des régions limitrophes entre cultures et élevage. Dans le contexte foncier actuel, c’est compliqué de produire du taurillon à 2 euros le kilo. Il vaut mieux faire autre chose.

LM : Coop de France a mené avec la FNSEA une action de sensibilisation des producteurs en régions afin de les inciter à mieux s’organiser. Quel bilan en tirez-vous ?

G. H. : La contradiction de départ est la suivante : le président de la République a promis aux consommateurs plus de pouvoir d’achat et plus de concurrence entre les grandes surfaces. Et lors du Space de Rennes, en septembre dernier, il a annoncé qu’il allait encourager les paysans à s’organiser. Mais sur ce dossier, les instructions n’ont manifestement pas été données. Mais je reste optimiste. Chez les éleveurs bovins, la nouvelle génération se pose les bonnes questions.

LM : On a appris ces derniers jours que la fusion entre Socopa et Bigard était retardée (lire ci-contre). Qu’en est-il ?

G. H. : Le dossier n’est en effet pas bouclé par les autorités de la concurrence, mais il le sera dans les jours qui viennent. Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement, compte tenu de l’importance de ce dossier pour la filière et pour l’industrie française en général. Le renforcement du maillon central est indispensable dans la viande. Et jusqu’à présent, le rapprochement se passe bien. Les sociétés continuent à marcher individuellement, mais sous l’égide d’une seule personne, Jean-Paul Bigard.

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