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Le plan d'urgence n'est pas à la hauteur des pertes subies

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De gauche à droite : Julien Gibert, Julien Duplomb, Nicolas Merle et Loïs Chabannes du Gaec la belle Limousine. Crédits : © HLP
Comme de nombreuses exploitations cette année, cet élevage a dû entamer ses stocks hivernaux dès le mois de juillet. Crédits : © HLP

La FDSEA et les JA de Haute-Loire jugent insuffisant le plan présenté par la Ministre de l'Agriculture. La situation préoccupante des exploitations du département nécessite selon eux l'activation de moyens supplémentaires.  

Ils puisent dans leurs stocks de fourrages hivernaux

Les syndicats agricoles, FDSEA et JA de Haute-Loire, ont alerté sur les lourdes conséquences du déficit hydrique et des canicules successives depuis le printemps lors d’une cellule sécheresse en Préfecture le 11 septembre. Toutes les productions sont touchées.

Pour illustrer cette situation, la FDSEA et les JA avaient invité la presse locale au GAEC La Belle Limousine à Polignac. Loïc et Agnès Chabannes, qui élèvent un troupeau de 80 mères limousines sur 185 ha de SAU (dont 93 ha de pâturages à faible potentiel), n’ont pas pu compter sur une seconde coupe d’herbe cette année. Depuis juillet, ils puisent dans leurs stocks de fourrages hivernaux. 

« Fort heureusement, nous avions pu constituer de bons stocks les deux années précédentes, mais il ne faudrait pas qu’une telle situation se répète chaque année ! », indique Loïc, installé en 2022, une année de sécheresse également.  En céréales, les associés estiment leurs pertes de production à environ -20 % : « Nous n’en vendrons pas cette année et nous avons dû acheter de la paille », un coup dur pour leur trésorerie.

Conséquences économiques

Le recours prématuré aux fourrages hivernaux inquiète les responsables professionnels, car cela compromet la capacité des exploitations à affronter l’hiver. 

Selon eux : 

« Les conséquences économiques de cette sécheresse se feront sentir pendant de nombreux mois et pèseront durablement sur les exploitations agricoles de Haute-Loire. » « Suite à une tournée récente, on évalue les pertes à plus de 50 % sur l’herbe et le maïs ensilage », indique Nicolas Merle, président de la FDSEA 43. 

Cette sécheresse affecte aussi les grandes cultures, la Lentille Verte du Puy (entre -70 et -80 % de perte) et les cultures maraîchères.

Dans ce contexte, les agriculteurs attendaient beaucoup du plan d’urgence annoncé. Pourtant, selon les deux syndicats : 

« Les dispositifs ne répondent pas, de par leur montant, aux enjeux auxquels l’agriculture est confrontée. Ils apportent un accompagnement temporaire mais ne compensent ni les pertes subies ni les difficultés structurelles. »

Lire aussi : Sécheresse : Une enveloppe insuffissante pour répondre à l'ampleur de la crise agricole

Des mesures déjà existantes

Parmi les mesures du ministère : le prolongement jusqu’en octobre du remboursement de 15 centimes par litre sur le GNR agricole, une mesure déjà existante, mais confrontée à la hausse constante du prix du carburant.

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Une aide de 20 millions d’euros a été allouée à la prise en charge des cotisations sociales par la MSA. Pour la Haute-Loire, cela représente moins de 200 000 euros. « Un montant bien faible, d’autant que la MSA a encore des dossiers en attente », souligne le président de la FDSEA.

Le plan prévoit aussi une prise en charge de la taxe sur le foncier non bâti avec une enveloppe nationale de 320 millions d’euros. En Haute-Loire, le Préfet a proposé une prise en charge de 50 % de cette taxe pour tous les propriétaires. Cependant, les responsables professionnels soulignent une difficulté : cette aide est perçue par les propriétaires, qui devront la rétrocéder aux agriculteurs. Nicolas Merle rappelle la complexité pour les agriculteurs locataires, qui devront effectuer des démarches pour des montants modestes.

Lire aussi : Sécheresse : comment sécuriser ses stocks de fourrages cet hiver et pour 2027 ?

Fonds de réarmement agricole : insuffisant

Concernant le fonds de réarmement agricole, sur un montant global de 235 millions d’euros, 20,5 millions sont destinés à la région, dont 15 millions disponibles immédiatement. La Haute-Loire pourrait bénéficier d’un peu plus d’1 million d’euros. La Préfecture propose de cibler 600 à 700 exploitations : les jeunes installés avec DJA depuis moins de 5 ans, les exploitations les plus chargées en animaux, les productions durement touchées comme le maraîchage, et les agriculteurs en grande difficulté économique. Ces exploitations pourraient recevoir entre 1 500 et 2 000 euros chacune, selon Julien Duplomb, président des JA. Une aide jugée insuffisante, car la Chambre d’agriculture estime la perte fourragère entre 10 000 et 15 000 euros pour une exploitation avec une cinquantaine de vaches.

Pour l’ISN (indemnisation de solidarité nationale), Julien Duplomb précise que sur le milliard d’euros annoncé par la Ministre, 530 millions sont destinés à l’ISN, mais il ne s’agit pas d’un nouveau financement. De plus, l’ISN est en partie financé par les cotisations des agriculteurs.

Autre point de désaccord : le satellite chargé d’évaluer la pousse de l’herbe ne rendra son verdict qu’à la fin octobre. Les syndicats demandent d’accélérer le processus et d’utiliser les expertises terrain et les bilans fourragers de la Chambre d’agriculture pour déterminer le taux de perte.

En attente d’une rallonge

La profession agricole attend désormais une rallonge : 

« Pas la peine que les ministres se déplacent au Sommet de l’élevage sans annonces ! », prévient Nicolas Merle.

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