Aller au contenu principal

Sécheresse : comment sécuriser ses stocks de fourrages cet hiver et pour 2027 ?

Face aux conséquences de la sécheresse, les conseillers de la Chambre d’agriculture, de l’EDE et du GDS, réunis au sein d'Ambition Élevage, vous proposent une série de conseils pour sécuriser les élevages dans les prochains mois.

© E. Bignon

Fourrages : évaluer ses stocks maintenant pour ne pas subir l’hiver

Après un été marqué par un affouragement précoce des troupeaux, l’heure est désormais aux comptes. Quelle quantité de fourrages reste-t-il réellement ? Combien faudra-t-il en mobiliser jusqu’à la prochaine mise à l’herbe ? Faire ce bilan maintenant permet d’identifier suffisamment tôt les situations à risque et les solutions à mettre en place.

Mi-août, face aux conditions climatiques exceptionnelles, nous alertions sur la nécessité d’anticiper les besoins pour la fin d'été et la période hivernale. Quelques semaines plus tard, cette anticipation doit désormais se traduire concrètement dans les exploitations.

Faire un état des stocks des fourrages précis

Après plusieurs mois d’affouragement, une estimation « à vue d’œil » des stocks ne suffit plus. L’objectif est de mettre précisément en regard les ressources encore disponibles et les besoins du troupeau jusqu’à la prochaine mise à l’herbe.

Trois questions permettent de commencer :

  • Quelle quantité de fourrages reste-t-il réellement dans les silos et les granges ?
  • Combien de jours d’affouragement et d’hivernage faudra-t-il assurer ?
  • Quel volume de paille sera nécessaire pour la litière et éventuellement l’alimentation ?

Pour disposer d’une photographie la plus juste possible, il est recommandé de mesurer les silos et d’inventorier séparément les fourrages de bonne qualité et les fourrages plus grossiers

Ce bilan permet surtout de mesurer l’écart entre les ressources et les besoins pour prendre les décisions suffisamment tôt. Le seuil de vigilance est important : au-delà de 20 % de déficit, les achats de fourrages deviennent nécessaires, même avec une complémentation en concentrés. Même lorsque les disponibilités en fourrages sont faibles et les prix élevés, il est important de rester informé des offres.

Quelques pluies ne suffisent pas à préserver les prairies

Après plusieurs semaines difficiles, le retour de la pluie fin août a donné envie de remettre rapidement les animaux au pâturage. Pourtant, le retour de l'eau ne signifie pas que la prairie est immédiatement prête à produire de nouveau.

La plante doit d'abord reconstituer ses réserves avant de produire de nouvelles feuilles. Les prairies disposent généralement d'une capacité à se régénérer, mais cette phase peut prendre du temps. Afin d'éviter le surpâturage et de favoriser les repousses, les animaux doivent donc rester en bâtiment ou être maintenus sur une parcelle « parking », lorsque cela est possible. 

Après le retour des pluies, un repos d'au moins quatre semaines avant la remise au pâturage est recommandé. 

Cette période contribue à la pérennité de la prairie et limite le développement d’espèces indésirables.

L'objectif est double : favoriser une repousse automnale permettant d’économiser du fourrage cet automne et préparer un démarrage plus précoce du pâturage au printemps 2027.

À lire aussi : Ces variétés de blés qui méritent  toute votre attention

Préparer dès maintenant les ressources fourragères de 2027

La sécurisation ne concerne pas uniquement l'hiver qui arrive. L’épisode de 2026 rappelle la nécessité de reconstituer progressivement une marge de sécurité

L’objectif est de disposer à terme d'un excédent correspondant à 25 % des besoins annuels du troupeau.

À court terme, l’implantation de dérobées automnales peut faire partie des solutions : ray-grass italien et/ou hybride associé à un trèfle ou un colza fourrager destiné à un pâturage rationné, à semer jusqu'à fin septembre ou encore un méteil fourrager à récolter au printemps prochain. Il convient bien sûr de vérifier au préalable ce que permet le cahier des charges de l'exploitation.

Pour les prairies temporaires semées à l'automne dernier ou au printemps et dont le couvert reste clairsemé, une destruction systématique n'est pas forcément la première solution. Avant d'engager cette opération coûteuse, une fauche de nettoyage à l'automne et/ou un sursemis d’espèces agressives, comme le ray-grass italien ou hybride, peuvent être privilégiés. 

Attention cependant : avant toute implantation, les chances de réussite doivent être appréciées au regard des conditions hydriques et du coût de la culture.

À moyen terme, il est nécessaire d'avoir une réflexion sur l'organisation de son système fourrager de l'année prochaine

Quelques exemples de leviers qui pourront être étudiés : implantation de sorgho fourrager après une première coupe précoce de prairie en fin de rotation, constitution de silos de différentes tailles ou augmentation de la part de surface fourragère dans la SAU...

Anticiper les années de sécheresse plutôt que subir

Au-delà des solutions prises individuellement, la sécheresse de 2026 invite à une réflexion plus globale sur le système fourrager. L’enjeu est de rechercher une meilleure adéquation entre le potentiel des surfaces et les besoins des animaux, tout en reconstituant progressivement une marge de sécurité.

À lire aussi : Fortes chaleurs, déficit fourrager : repenser la conduite des troupeaux 

Les haies peuvent aussi contribuer à économiser la paille

Dans les exploitations disposant de haies, bosquets ou boisements, une autre ressource mérite d’être regardée : les plaquettes de bois.

Utilisées en sous-couche ou en mélange avec la paille, les plaquettes bois permettent de réduire la consommation de paille pour la litière. Les travaux de coupe doivent être anticipés entre l’automne et la fin de l’hiver. Cette solution ne remplace pas totalement la paille, mais permet de réduire les besoins en valorisant une ressource déjà présente sur l’exploitation. Les futures plantations peuvent également être réfléchies, notamment dans une perspective d’ombrage des animaux.

À lire aussi : La plaquette bois, une alternative pour le paillage

Les équipes d’Ambition élevage (Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme, EDE 63 et GDS 63)

En septembre, quatre actions sont prioritaires : actualiser son bilan fourrager, décider des éventuels semis de dérobées ou de méteils, préserver les repousses automnales et réfléchir dès maintenant aux surfaces fourragères de 2027.

Fourrages, alimentation, eau, santé du troupeau… Dans le cadre d’Ambition Élevage, les conseillers de la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme, de l’EDE et du GDS ont réuni leurs expertises dans un guide pratique pour vous aider à prendre les bonnes décisions dans les prochains mois et préparer 2027.

Retrouvez l’ensemble de nos recommandations dans le guide « Sécheresse 2026 – Comment sécuriser votre élevage pour les prochains mois ? » 

Les plus lus

Shamonda-Europe : au moins un cas dans le Cantal

Un premier foyer de ce nouveau virus apparu cet été en Suisse, Allemagne et Savoie a été confirmé dans le département.…

Plus de 80 % des Cuma ont une activité récolte.
Agriculture : comment bénéficier du crédit d'impôt CUMA ?

Le dispositif s'adresse directement aux agriculteurs et agricultrices membres d'une CUMA. Le calcul se base sur le montant des…

Florence Dubessy, vice-présidente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, et Lionel Chauvin; président du département du Puy-de-Dôme étaient au  Domaine Miolanne à Neschers
Vins d'Auvergne primés aux Volcanic Wines Awards 2026 : Le Domaine Desprat Saint-Verny et Pierre Goigoux à l'honneur

En juillet 2026, Florence Dubessy, vice-présidente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, et Lionel Chauvin, président du Conseil…

Les champions Miss et Mister et leurs éleveurs, fiers de remporter le 1er prix 2026
"Élevage Salers : La qualité des animaux brille au concours 2026 du Puy-de-Dôme

Sous un soleil estival, le concours départemental des Miss et Mister Salers du Puy-de-Dôme a rassemblé 30 animaux issus de 16…

Fortes chaleurs, déficit fourrager : repenser la conduite des troupeaux

Face aux épisodes de sécheresse et aux aléas climatiques, Conseil bovin viande Cantal (CBVC) invite les éleveurs à adapter…

Aurillac : accueillir le festival sans céder la ville

Artistes de rue et festivaliers seront accueillis à bras ouverts à Aurillac pour le festival international de théâtre de rue,…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière