Marché de gros Le Min de Châteaurenard voit son avenir en grand

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Sol’Agrum, créé en 2015, est un grossiste spécialisé dans les fruits et légumes bio avec une prédilection pour les agrumes. « Pour ces produits, nous nous approvisionnons dans les régions subtropicales, explique son gérant Robert Tarrat, nous proposons ainsi le citron bio 365 jours par an. Nous avons même un citron caviar bio. » L’entreprise s’appuie aussi en saison sur la production locale : « nous sourcons des cerises, des abricots, des courgettes. Nous sommes toujours en recherche de nouveaux produits pour sécuriser notre offre à l’attention des détaillants et des demi grossistes ». Lors de notre passage, Robert Tarrat venait de recevoir des fleurs de courgettes bio. Crédits : © Philippe Gautier - FLD
BC Pommes de Terre est un acheteur de poids sur le marché avec un entrepôt de 1600 m2 dotés de trois cellules en froid de 200 m2. L’entreprise est spécialisée dans « l’humble tubercule » depuis 2008 : « nous traitons environ 20 000 t de produits par an provenant de quatre producteurs principaux s’ajoutant à la production locale du Gard. Notre clientèle est large : détaillants, GMS et grossistes » souligne son pdg Bruno Vignal. La société dispose aussi d’une station de lavage à Rognonas. Début 2018, l’entreprise a créé une filiale sur le marché, TB Prim, spécialisée dans les fruits et légumes d’Italie, de Belgique et des Hauts de France. Crédits : © Philippe Gautier -FLD
Pour Jérôme Mazely, producteur de fruits sur Plan d’Orgon, il n’y a pas photo : « le carreau, c’est le premier réseau social de la profession ». Cultivant 20 ha principalement en poires plus la pomme, la prune et la cerise dans l’exploitation familiale, il reconnait toute l’importance du lieu : « Dans notre exploitation, nous sommes la tête dans le guidon. Même si ici nous vendons notre produit en dix minutes, nous sommes là deux heures avant et cela permet d’échanger avec nos collègues venus du Vaucluse ou du Gard. C’est pour cela que le carreau doit être préservé dans le nouveau projet de marché, et qu’il ne subisse pas la concurrence d’autres origines qui pourraient arriver avec d’autres opérateurs. » Crédits : © Philippe Gautier - FLD
Une particularité du marché de Chateaurenard est d’accueillir des détaillants. C’est le cas de Laurent Primeurs, une entreprise créée en 1994 pour l’approvisionnement de ses trois magasins (Ramatuelle, Sainte-Maxime et Cavalaire). « La collaboration étroite avec les producteurs et notre présence sur les marchés nous permettent d'assurer des volumes et une qualité constante » se félicite Laurent Edlinger, qui se définit comme un prestataire de services. L’entreprise a développé sa propre marque (« Nuances estivales » en melons et cerises). Laurent Primeurs a aussi développé avec succès l’approvisionnement des restaurants sur la côte d’azur. Crédits : © Philippe Gautier -FLD
Patrick Leveque est producteur de légumes sous serre à Noves. Sur 1,5 ha, il cultive concombre, poivron, aubergine et salade en hiver. Il produit aussi du haricot vert pour une clientèle de détaillants et quelques grossistes. Président de la FDSEA 13, il confirme l’intérêt d’un tel carreau dans la région : « aujourd’hui, la vente sur le carreau de Chateaurenard est indispensable pour un producteur, en plus de son activité commerciale par téléphone. Ici, chaque matin, nous rencontrons nos collègues et nous échangeons sur la situation du marché, sur le travail technique... C’est un contact indispensable ». Crédits : © Philippe Gautier-FLD
Un des plus anciens marchés de gros, Châteaurenard est une place importante pour l’édification du prix des fruits et légumes au niveau national. C’est pourquoi on y retrouve installés producteurs, expéditeurs, grossistes et aussi détaillants. Crédits : © Philippe Gautier-FLD
Hervé Maillet est grossiste expéditeur dans le groupe Canavese : « Certes, nos achats se font à 80% hors du marché. Nous achetons peu ici mais nous recherchons des produits de niches, premium, comme la courgette ronde ou le jaune. Et nous complémentons nos achats de pêches nectarines sur le carreau. Les apports journaliers sur le marché donnent une bonne idée de la situation d’un produit, et c’est ici que ceux font les lancements de campagne. Le carreau offre une information sur les ventes que l’on ne retrouve pas ailleurs ». Crédits : © Philippe Gautier-FLD

Le marché de gros de Châteaurenard, un des plus anciens dans le pays, est différent de la plupart des autres Min en France : il est en premier lieu un marché de producteurs et c’est sur cette place que chaque jour en saison se confrontent l’offre et la demande en fruits et légumes, ce qui est le fondement même du rôle d’un marché de gros. Et il est le reflet aussi du dynamisme de la filière : c’est là où l’on retrouve l’ail violet de Piolenc ou les superbes tomates de pleins champs d’Eyragues. Cependant, le marché, en centre-ville, est appelé à se déplacer en périphérie et à prendre une nouvelle conformation en pôles (transports, bio…) répartis sur plusieurs zones (Les Iscles, Configne, Grands Vignes) dont certaines dans des communes adjacentes (Noves). Le projet, porté par le député Bernard Reynes, président du MIN, a reçu l’appui à la fois du conseil départemental des Bouches-du-Rhône (28 M€) et de la région Sud-PACA à hauteur de 20 M€. Soit le tiers de l’investissement total. Il est aussi très débattu depuis sa genèse.

La volonté de déplacement du marché tient d’un constat clair : sa fréquentation historique, les producteurs, est en baisse régulière (-66% en 20 ans), dû au changement de pratiques commerciales mais aussi du recul des exploitations dans la région. « La nouvelle implantation ferra du marché de Châteaurenard-Provence un véritable hub agricole et agroalimentaire » explique Jérémie Becciu, directeur du marché qui détaille les prochaines évolutions : « un carreau couvert et doté de quais pour les producteurs sera en place à l’horizon 2020. D’autre part, la zone, qui couvrira 100 000 m2, comprendra aussi deux pavillons pour les grossistes, un pavillon dédié à la production provençale, un bâtiment pour les détaillants (une spécificité du marché) ... » Le choix de Biocoop de construire sa plateforme de 25 000 m2 (ouverture en 2019) dans le périmètre de ce hub (Noves) a été une bonne nouvelle pour les porteurs du projet qui prévoit de construire de nouvelles infrastructures pour créer un pôle Bio. De plus, le pôle logistique (dans la zone des Iscles) couvrira 30 000 m2 dès 2019 ; déjà les transports JH Mesguen y terminent leur nouvel entrepôt.

Le Min de Châteaurenard en quelques chiffres

Date de création : 1959

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Chiffre d’affaires : 250 M€

Tonnage annuel : 100 000 t (65 000 t en légumes, 35 000 t en fruits)

Nombre d’opérateurs sur place : 1000 producteurs, 5 expéditeurs, 15 grossistes et négociants, 7 détaillants, 7 transporteurs.

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