Une conférence sur la transition de l’agriculture à l’horizon 2050 était organisée à l’occasion des 50 ans de la ferme expérimentale des Bordes. Une représentante de The shift Project est notamment intervenue sur les systèmes fourragers de demain.

Une transition incontournable

Depuis plus de quinze ans, le think tank The shift Project travaille sur la décarbonation. Associant scientifiques et agriculteurs, il se base sur un double constat : l’amenuisement progressif des énergies fossiles et le réchauffement climatique. Laure Le Quere a donné quelques chiffres pour éclairer la situation. Actuellement, 20 % des émissions de gaz à effet de serre sont produites par l’agriculture et, à l’intérieur, 60 % le sont par l’élevage. Concernant les énergies fossiles, on attend une baisse d’approvisionnement de 10 à 20 % dans les prochaines années et 80 % des apports azotés viennent aujourd’hui des engrais chimiques. Enfin, les études menées par le GIEC montrent également que le réchauffement climatique à attendre en France dans les années à venir, est plus important que dans le reste du monde. Une transition est donc nécessaire. L’atténuation est déjà en marche puisque l’agriculture a d’ores et déjà réduit de 17 % ses émissions annuelles mais ce résultat est à nuancer car dû en grande partie à la décapitalisation de ces dernières années. De nombreux leviers ont été identifiés pour agir sur cette atténuation avec en premier lieu la réduction des émissions de méthane dont l’agriculture est le premier émetteur et qui a un pouvoir calorifique 80 fois supérieur à celui du CO2 et une durée de vie atmosphérique de 12 ans. On peut citer également la limitation du retournement des prairies qui favorisent le déstockage du CO2, la production d’énergie et le stockage de CO2. Un autre levier pourrait être une meilleure valorisation de l’herbe car les ruminants utilisent aujourd’hui autant de terres arables que les monogastriques.

Des objectifs et des scénarios variés

Quatre scénarios à l’horizon 2050, modélisés par The shift Project, ont été présentés. Les trois premiers représentaient trois stratégies distinctes : réduire les importations (souveraineté alimentaire), produire de la biomasse et produire un maximum de calories de protéines pour l’alimentation humaine. Le 4e scénario était un mix des trois précédents qui tenait compte des contraintes de l’agriculture. Pour atteindre les objectifs fixés dans ceux-ci, plusieurs hypothèses étaient formulées. On peut citer parmi elles, le développement de l’agroforesterie et des haies, l’arrêt du déstockage du CO2, la réduction de 15 % de la fermentation entérique, le ralentissement de la décapitalisation, la multiplication par trois des surfaces en légumineuses, l’augmentation des couverts ou encore la production d’énergie. Les estimations réalisées comparativement à l’année de référence 2020 montraient le potentiel nourricier, la dépendance et aux importations et la contribution de l’énergie à l’autonomie de chaque scénario. Dans tous les cas des conditions préalables de rémunération, d’alignement de l’offre et de la demande notamment étaient nécessaires à la mise en place. D’autres leviers doivent pouvoir être mobilisés également (irrigation, utilisation de nouvelles espèces, agroforesterie, recours aux assurances stockage…). Une étude menée en 2024 montre également que les éleveurs sont nombreux à attendre une sécurisation de leurs débouchés, des prix rémunérateurs, une meilleure répartition de la valeur ajoutée et une rémunération pour les services environnementaux. En conclusion, les systèmes fourragers de demain devront tenir compte des évolutions du climat en sécurisant leur production (période, espèces, stockage), en minimisant l’exposition (haies, agroforesterie, …), en saisissant des opportunités (intercultures estivales, repousses automnales…)

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The Shift Project

 

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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