Le Cantal a accueilli les 17 et 18 mai le premier colloque national
“Ruralitic”, sur le thème de “l’e-administration au coeur de
l’aménagement et de la compétitivité des territoires ruraux”. Il a
regroupé à Aurillac quelque 300 élus, agents publics ou entrepreneurs
venus de toute la France pour échanger sur leurs usages des nouvelles
technologies de la communication et de l’information et sur les actions
mises en oeuvre pour en vulgariser l’utilisation. Un enjeu fort, à
l’heure où l’Insee publie les résultats d’une enquête qui révèle que,
désormais, un Français sur quatre (28 % précisément) utilise internet
quotidiennement. Ce colloque a montré que le risque d’une fracture
numérique au détriment du monde rural semble en passe de s’estomper. Et
démontré au travers d’une multitude d’exemples qu’il peut s’en servir
pour faciliter la vie de ses habitants et en attirer d’autres.
94 % des Cantaliens desservis par l’ADSL
“Il y a deux ans, seulement 39 % des Cantaliens avaient accès à
l’internet à haut débit. 94 % seront desservis fin 2006”, affirme Bruno
Janet, directeur des relations avec les collectivités locales à
France-Télécom. “Le Conseil général et le Conseil régional prendront
ensuite le relais pour faire en sorte que la quasi totalité de la
population soit couverte fin 2007”, complète Fabien Miedzianowski,
directeur des services d’information et des nouvelles technologies au
Conseil général du Cantal, en évoquant la solution du Wimax. “Mais les
tuyaux sans les services, ça ne sert à rien”, a souligné M. Janet, venu
signer avec le président du Conseil général une convention qui, dans le
prolongement du programme Cybercantal, vise à déployer de nouveaux
usages d’internet dans les domaines de l’action sociale, de la santé,
de l’aménagement du territoire, de l’éducation ou de l’administration
électronique. Les neuf ateliers thématiques qui ont ponctué le colloque
ont d’ailleurs permis de constater que les nouvelles technologies de
communication, en abolissant les distances, voire en simplifiant les
démarches administratives, peuvent rendre de nombreux services aux
ruraux. Exemples : à partir du mois de juin, tout citoyen français
pourra obtenir gratuitement via internet un acte de naissance grâce au
site “actedenaissance.fr”, a témoigné une représentante de la Direction
générale de la modernisation de l’Etat. Un agent du Conseil général des
Yvelines a de son côté expliqué que sa collectivité espérait ramener de
deux mois à quinze jours le délai d’instruction des demandes d’Apa
(Allocation personnalisée à l’autonomie) grâce aux téléprocédures. Dans
un autre domaine, une cancérologue du centre Jean-Perrin de
Clermont-Ferrand a raconté comment, grâce à la visio-conférence, elle
pouvait épauler un médecin généraliste et échanger des données avec lui
où qu’il soit.
De nouveaux services en milieu rural
Ces nouvelles technologies peuvent aussi contribuer au maintien voire
d’apporter de nouveaux services en milieu rural. Ainsi, le Conseil
général a-t-il entrepris d’installer à l’échelle des cantons des
“points visio-accueil”, grâce auxquels un usager peut par exemple
dialoguer à distance avec un conseiller de la MSA, de la CPAM ou de
l’ANPE (coût : 8 000 euros, pris en charge pour moitié par le
Département). Le Conseil régional lui a emboîté le pas en lançant un
programme d’équipement en “Points visio-public” qui, outre l’image,
permettent d’échanger instantanément des documents grâce à un scanner
et une imprimante : il prévoit d’en installer 60 en trois ans sur le
territoire auvergnat, la première dans le Cantal à la Maison des
services de Maurs. Chaque machine coûte 14 000 euros pris en charge à
80 % par le Conseil régional et 20 % par les conseils généraux. A
l’autre bout, les organismes utilisateurs de ce service devront quant à
eux s’équiper d’un matériel qui revient à 6 000 euros. Pour Jean-Michel
Astier, président du comité scientifique du Forum européen de
l’administration électronique (il dirige la société Communotic, qui a
son siège à Saint-Vincent de Salers), organisateur de ce colloque avec
le Conseil général, les nouvelles technologies peuvent conduire à “un
rééquilibrage des populations et activités sur le territoire”. C’est le
pari qu’il reste à relever.
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