Glyphosate : pas de préoccupation critique selon l’évaluation de l’Efsa mais encore des inconnues sur les impacts de l’herbicide

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L'Union européenne a réautorisé le glyphosate pour 10 ans supplémentaires le 16 novembre 2023. Crédits : © S. Leitenberger (archives)

Pas d’identification de « domaine de préoccupation critique » pour le glyphosate. L’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a rendu le 6 juillet des conclusions plutôt en faveur de la molécule à l’issue de « l’évaluation des risques de la substance active herbicide pour l’homme, pour l’animal ou pour l’environnement. » L’Efsa rappelle dans un communiqué que l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) avait conclu en 2022 que le glyphosate « ne présentait pas les critères scientifiques requis pour être classée dans la catégorie des substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction. »

Regroupant des sociétés phyto, la Plateforme glyphosate France (PGF) se réjouit des conclusions de l’Efsa. « À l’issue de ce processus scientifique rigoureux, l’Efsa a conclu que la substance active glyphosate satisfait l’ensemble des critères de renouvellement, tels que prévus par le Règlement européen (article 4) concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques. L’Efsa confirme les conclusions des autorités sanitaires du monde entier qui étudient le glyphosate depuis 50 ans, souligne la PGF, qui « s’en rapporte à la Commission européenne et aux États membres pour fonder leur décision sur les recommandations scientifiques de l’Efsa, pouvant permettre ainsi aux agriculteurs de continuer à disposer du glyphosate pour les usages où il n’existe pas d’alternatives. »

Des questions non résolues et en suspens sur l’examen du glyphosate

Mais il y a un hic. L’Efsa relève certaines lacunes dans les données sur le glyphosate, avec des questions non résolues : l’évaluation de l’une des impuretés du glyphosate, celle du risque alimentaire pour les consommateurs et pour les plantes aquatiques. D’autres questions sont en suspens, notamment un défaut d’information concernant la toxicité de l’un des composants d’une des formulations de produit à base de glyphosate. Quant aux risques sur la biodiversité, l’Efsa se dit ne pas être en mesure de tirer des conclusions… L’Autorité demande à la Commission européenne de prendre en considération ces manques lors de la procédure de renouvellement de l’autorisation.

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Dans un communiqué le 7 juillet, le regroupement d’organisations antipesticides Secrets toxiques rebondit sur ces éléments, notamment sur les formulations. « De nombreuses études montrent que des effets toxiques des formulations peuvent être très largement supérieurs à ceux de la seule molécule active déclarée, explique-t-elle. Nous estimons que la réapprobation du glyphosate est impossible à réaliser dans des conditions qui satisfont les exigences du règlement européen, à savoir que la formulation représentative contenant la molécule n’a pas d’effets néfastes sur la santé humaine ou l’environnement. »

Après la phase d’évaluation scientifique conclue par le rapport de l’Efsa, les autorités européennes vont entrer dans la phase de décision quant à l’avenir du glyphosate, qui doit intervenir le 15 décembre 2023, pour ou contre la réapprobation de la molécule.

 

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