Le rendez-vous automnal sur le foirail maursois a été à l’image de la météo du jeudi 22 octobre : frais, malgré quelques éclaircies, chez les juments notamment.
Les juments (grasses) s'en sortent
D’un côté, des vendeurs qui n’arrivent plus à nourrir leurs animaux. De l’autre, des acheteurs soucieux de ne pas trop dépenser au vu du contexte agricole. Résultat, une foire aux chevaux maursoise “pas trop mal avec 512 animaux inscrits, plus de 550 présents ce matin, venus de toute la France, avec des cours moyens”, concède Roger Condamine, président du comité des foires chevalines de Maurs. Dans les allées du foirail, les juments se sont échangées entre 3 € et 3,20 €, les grasses trouvant plus facilement preneurs. Ce fut en revanche plus “moyen” du côté des poulains, avec des prix de vente s’échelonnant entre 2,20 € et 2,30 €. Des chiffres pas à la hauteur des attentes, mais qui trouvent une explication, avance Roger Condamine : “L’Italie a moins besoin de bêtes. Les marchands habituels ne sont pas venus ou n’ont quasiment rien pris.” La foire qui a eu lieu quelques jours plus tôt en Haute-Loire a pu aussi pénaliser la fréquentation de celle de Maurs. Et puis, côté éleveurs, “quand il n’y a pas de marchandise pour engraisser, c’est compliqué. Ceux qui ont réussi à vendre sont contents”.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
C’est effectivement le cas du côté de Dominique Lours, installé à Riom-ès-Montagnes avec quatre juments, dont trois qui ont très rapidement tapé dans l’œil d’acheteurs, venus de Lyon et Limoges notamment. “Nous sommes arrivés à 7 heures et on ne s’attendait pas à les vendre si vite.” Aux alentours de 10 h 30, il en restait une dans son box mais le couple ne se faisait pas trop d’illusion : “C’est mal parti, il y a un peu moins de clients et notre dernière jument est un peu vieille.” Les Riomois avaient cependant le sourire parce que “avoir vendu, et à prix corrects, c’est déjà pas mal ! Après, si on écoute les gens, ça ne va jamais !” Lou Blanchet n’est pas loin d’illustrer cette expression... Avec son patron David Sauvat, elle a amené six animaux depuis The white mill ranch de Tiviers, à côté de Saint-Flour, qui compte près de 180 chevaux, lamas, buffles,... sur le site du Moulin blanc. Malgré “quelques touches”, en milieu de matinée, rien ne s’était encore concrétisé... “C’est dur pour tout le monde aujourd’hui, constatait-elle. Il n’y a pas de foin, personne n’achète, on le savait déjà un peu à l’avance...” La jeune femme confiait sa crainte de repartir avec ses chevaux mais elle s’y était préparée : “On ne s’attendait pas à grand-chose...” À l’inverse, le haras de la Madonne, fidèle à Maurs depuis 25 ans, repartira dans le Rhône avec les camions pleins... mais pas de leurs animaux ! Après avoir vendu cinq de leurs six bêtes, ils en ont acheté autant pour rejoindre leurs installations d’Échalas, entre Vienne et Lyon. Et d’autres sont même “déjà plus ou moins revendus ! Maurs est une bonne foire, on y fait des affaires ! Nos animaux sont partis aux prix qu’on voulait et on a notamment racheté une jument qui nous servira de poulinière. On sent que les gens lâchent plus facilement leurs chevaux...” On retrouvera sans aucun doute le haras de la Madonne lors de la prochaine foire maursoise en mars 2027. S’il est trop tôt pour savoir si les cours se redresseront d’ici là, le réaliste Roger Condamine se veut confiant : “Ça peut se revendre plus cher, on ne sait pas, c’est comme le broutard, ça va ça vient !”