FDSEA : produire, défendre, agir !

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Réuni vendredi 16 octobre sous la présidence d'Emmanuel Lissajoux, le Bureau de la FDSEA de la Corrèze a passé en revue les principaux dossiers syndicaux. Préparation des réunions locales, solidarité fourragère, défense des projets agricoles, prédation du loup et coût des charges : sur tous les fronts, le syndicat entend faire entendre la voix des agriculteurs et obtenir des réponses concrètes.

Au plus près du terrain

À l'approche de l'hiver, la préparation des assemblées générales locales pour la campagne 2026-2027 constitue un temps fort de la vie syndicale. Ces rencontres sont essentielles pour maintenir un lien direct avec les adhérents, écouter leurs préoccupations et faire remonter les réalités du terrain. Dans un format convivial, propice aux échanges et à la libre expression, ces réunions permettent de faire le point sur l'actualité agricole, de confronter les expériences et de partager les idées. Elles sont aussi l'occasion de construire des réponses collectives aux difficultés rencontrées sur les exploitations. « Le syndicalisme doit partir du terrain. Ces assemblées sont indispensables pour écouter nos adhérents, comprendre leurs difficultés et porter leurs attentes. C'est en restant au contact des agriculteurs que nous pouvons faire avancer les dossiers et construire des réponses collectives », souligne Emmanuel Lissajoux.

La solidarité en action

Face à une campagne marquée par le manque d'herbe et des stocks fourragers sous tension, la FDSEA a fait le point sur l'opération de solidarité lancée à la fin de l'été pour aider les éleveurs à sécuriser l'alimentation de leurs troupeaux.

Plus de 400 boules de maïs ensilage ont ainsi été proposées, avec des livraisons organisées directement sur les exploitations. Une initiative concrète pour aider les éleveurs les plus en difficulté à anticiper leurs besoins et à passer ce cap délicat.

Mais les besoins restent importants. « Face aux difficultés, notre responsabilité est aussi de rechercher des solutions concrètes. La solidarité entre agriculteurs doit permettre de répondre aux urgences, mais nous devons continuer à chercher des moyens d'aider les élevages à passer ce cap », insiste Marie-France Forest.

Sécheresse : des moyens à la hauteur

La sécheresse reste au cœur des préoccupations syndicales. La FDSEA se mobilise pour que les pertes fourragères, notamment sur les prairies, soient évaluées au plus juste et que les difficultés rencontrées par les éleveurs soient pleinement reconnues.

L'annonce de la ministre de l'Agriculture de croiser les données satellitaires avec les observations de terrain et les références locales constitue une avancée réclamée par la FDSEA. Cette méthode doit permettre de mieux prendre en compte les réalités des exploitations et de mesurer plus fidèlement les conséquences de la sécheresse sur les stocks fourragers.

Pour autant, reconnaître les pertes ne suffit pas : encore faut-il que les aides suivent. La FDSEA dénonce une enveloppe insuffisante au regard de l'ampleur des dommages et des besoins des éleveurs.

Le droit d'entreprendre

Le soutien aux projets économiques agricoles a également occupé une place importante dans les échanges. Alors que des projets d'élevage, à l'image de celui de 400 veaux à Ambrugeat, se heurtent à des oppositions, la FDSEA et les JA maintiennent leur mobilisation auprès des élus pour défendre leur concrétisation sur le territoire.

« On ne peut pas réclamer une agriculture forte, créatrice de valeur et garante de notre souveraineté alimentaire, tout en empêchant ceux qui veulent investir et produire de réaliser leurs projets. Nous défendons le droit d'entreprendre et de faire vivre l'agriculture sur nos territoires », affirme Emmanuel Lissajoux.

Loup : ne rien lâcher

Les attaques de loups se poursuivent et continuent de faire peser une menace sur les élevages. Face à cette situation, la FDSEA maintient la pression pour obtenir des mesures à la hauteur des enjeux et défendre concrètement les éleveurs et leurs troupeaux. « Les éleveurs ont besoin de pouvoir protéger efficacement leurs troupeaux et de retrouver des perspectives pour exercer leur métier sereinement. Nous demandons que le loup devienne chassable dès la première attaque : c'est une condition essentielle pour apporter une réponse adaptée à la réalité du terrain », rappelle Marie-France Forest.

Des avancées à concrétiser

Le Bureau a également fait le point sur plusieurs dossiers réglementaires et économiques.

Concernant les projets accompagnés par le PCAE, la demande de prolongation des délais de réalisation a été portée auprès d'Alain Rousset. Lors de son déplacement à Bruxelles le 29 septembre, le président de Région a relayé cette demande auprès du commissaire européen à l'Agriculture, Christophe Hansen. Les délais de paiement dépendant du cadre européen, la FDSEA reste attentive aux suites de cette démarche, indispensable pour permettre aux agriculteurs de mener leurs investissements à terme.

Sur la Loi d'urgence agricole, le syndicat souligne les avancées obtenues grâce à la mobilisation professionnelle, même si le texte ne répond pas à toutes les attentes. Les décrets d'application sont désormais attendus pour traduire les engagements en mesures concrètes sur le terrain.

Enfin, concernant le gazole non routier (GNR), la FDSEA est revenue sur le courrier adressé le 18 septembre à la ministre de l'Agriculture pour demander une revalorisation du soutien face à la flambée des coûts de production. Au Sommet de l'élevage, la ministre a annoncé la réouverture du guichet d'aide pour les livraisons d'avril à juin 2026, ainsi que la prolongation jusqu'à la fin de l'année de l'aide de 15 centimes par litre. Des avancées, mais encore loin de la demande portée par le réseau FNSEA : une aide de 30 centimes par litre, directement déduite de la facture, pour apporter un soutien plus rapide et plus efficace aux exploitants.

« Les charges continuent de peser lourdement sur les trésoreries. Les aides doivent être à la hauteur des difficultés rencontrées et parvenir rapidement aux exploitants. Nous poursuivrons nos démarches pour obtenir des mesures plus efficaces », souligne Marie-France Forest.

Produire pour notre souveraineté

Au-delà de ces dossiers, les échanges ont rappelé la nécessité de maintenir une action syndicale offensive pour défendre l'avenir de l'agriculture. Alors que les contraintes s'accumulent, la FDSEA entend remettre au centre du débat le droit à produire, la compétitivité des exploitations et la souveraineté alimentaire. Une mobilisation nationale est actuellement à l'étude pour porter ces revendications. « La souveraineté alimentaire ne se décrète pas. Elle se construit en donnant aux agriculteurs les moyens de produire, d'investir et de transmettre leurs exploitations. Nous devons pouvoir défendre notre métier et préparer l'avenir sans être constamment freinés dans nos projets », conclut Emmanuel Lissajoux.

De la solidarité à la défense des projets économiques, en passant par la lutte contre la prédation et la reconnaissance des pertes liées à la sécheresse, la FDSEA poursuit son action sur tous les fronts. Une même ligne directrice : défendre les agriculteurs, obtenir des résultats et préserver le droit de produire en Corrèze.

 

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