FDSEA, JA et Chambre d’agriculture claquent la porte de la CDOA de la Creuse

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Face à un plan CASI jugé « médiocre, hors sol et totalement à côté de la plaque », les représentants de la FDSEA, des Jeunes Agriculteurs et de la Chambre d’agriculture ont quitté la CDOA jeudi dernier. Pour les organisations agricoles, pas question de servir de caution à un dispositif qu’elles estiment largement insuffisant au regard de la réalité économique des exploitations.

Le message est clair et la colère, elle, ne retombe pas. Jeudi dernier, les représentants de la FDSEA, des Jeunes Agriculteurs et de la Chambre d’agriculture ont décidé de quitter la Commission départementale d’orientation agricole (CDOA), refusant de cautionner un plan CASI qu’ils considèrent largement en dessous des enjeux auxquels sont confrontés les agriculteurs creusois.

Pour Christian Arvis, président de la FDSEA 23, il n’est pas question de négocier un dispositif qui accompagnerait le recul de l’agriculture sur le territoire.

« Pas question de servir de caution à un projet au rabais qui méprise la réalité de nos fermes. Nous refusons de liquider l’agriculture de notre territoire. Nous voulons un avenir digne et viable pour tous nos agriculteurs. On ne négocie pas le déclin de nos exploitations. »

« À peine 500 euros par exploitation »

Au cœur de cette contestation, le montant de l’enveloppe annoncée pour la Creuse, qui s’élèverait à 1,54 million d’euros. Un montant jugé dérisoire par la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs qui le rapprochent du nombre d’exploitations du département.

Pour la FDSEA 23, cette enveloppe ne permet pas de répondre aux difficultés structurelles rencontrées dans les exploitations et encore moins de préparer l’avenir.

« La France veut être souveraine dans son assiette, alors il faut donner les moyens aux agriculteurs de produire », affirme Séverine Bry, secrétaire générale de la FDSEA 23.

Car derrière les chiffres, les responsables syndicaux veulent rappeler une réalité : chaque disparition d’exploitation fragilise davantage la capacité productive du territoire.

« Chaque ferme qui disparaît, chaque jeune qui renonce à s’installer, chaque hectare qui ne produit plus, c’est plus d’importations et plus de dépendance ! »

Pour la FDSEA, la question dépasse donc largement celle d’une enveloppe budgétaire. Elle touche directement à la souveraineté alimentaire française.

« Produire avant d’importer »

À la FDSEA 23, la ligne politique est assumée, il faut remettre la production agricole au cœur des priorités publiques.

La FDSEA réclame ainsi plusieurs leviers : produire avant d’importer, mettre fin à la surtransposition des normes, obtenir des prix rémunérateurs et sortir d’un système qui conduit les agriculteurs à dépendre d’aides exceptionnelles pour maintenir leurs exploitations à flot.

Pour les responsables syndicaux, les aides publiques ne peuvent pas devenir la réponse permanente à des prix agricoles insuffisants. « L’État n’a plus d’argent. Alors qu’on nous paie à des prix rémunérateurs ! Pas besoin d’aides exceptionnelles pour survivre. Toutes les charges et tous les approvisionnements se calculent dans notre coût de production. Qu’on nous paie à notre juste prix ! » confie Séverine Bry.

Une revendication qui renvoie directement à la question du revenu agricole. Pour la FDSEA 23, l’objectif ne doit pas être de multiplier les dispositifs de soutien pour compenser des prix insuffisants, mais de permettre aux exploitations de vivre durablement de leur production.

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« Le réarmement de l’agriculture »

Le Gouvernement évoque régulièrement le « réarmement » de l’agriculture et la nécessité de renforcer la souveraineté alimentaire. Un discours que la FDSEA 23 juge difficilement compatible avec les moyens réellement mis sur la table. La formule résume l’état d’esprit de la FDSEA : « le Gouvernement parle de réarmement de l’agriculture, sauf que l’armurerie est vide ! » confie Christian Arvis.

Pour les représentants agricoles, le constat est sans appel : demander davantage de production et de souveraineté alimentaire tout en laissant les exploitations confrontées à des charges élevées, à des normes toujours plus nombreuses et à des prix jugés insuffisants revient à demander aux agriculteurs de produire davantage avec des moyens toujours plus contraints.

« Les agriculteurs sont une fois de plus méprisés »

En quittant la CDOA, la FDSEA, les Jeunes Agriculteurs et la Chambre d’agriculture ont voulu envoyer un signal politique fort. Pas question, pour eux, de participer à un dispositif qui ne serait pas à la hauteur des enjeux agricoles du département.

Dans un contexte où le renouvellement des générations, le maintien des exploitations et la souveraineté alimentaire sont affichés comme des priorités nationales, les représentants creusois demandent désormais que les actes soient à la hauteur des discours.

La priorité est donc simple, il faut permettre aux agriculteurs de produire, de vendre leur production à un prix rémunérateur et de vivre de leur métier.

Car derrière le débat sur le plan CASI, c’est bien une vision de l’agriculture creusoise qui se joue : accompagner progressivement la disparition des exploitations ou donner aux agriculteurs les moyens de rester producteurs et de transmettre leurs fermes.

La Creuse doit bénéficier de moyens supplémentaires

37,36 millions d’euros : c’est le montant de l’enveloppe du plan CASI mobilisée pour la Région Nouvelle-Aquitaine pour accompagner les exploitations agricoles.

Sur cette enveloppe, 4 millions d’euros sont réservés aux exploitations touchées par les incendies. La répartition entre les départements porte donc sur une enveloppe de 33,36 millions d’euros.

À ce jour, 75 % de cette enveloppe ont été réparties, soit 25,02 millions d’euros. La Creuse bénéficie actuellement d’une enveloppe de 1 536 128 €.

Il reste donc près de 8 millions d’euros à répartir.

La FDSEA demande une enveloppe conséquente pour la Creuse

Face à l’urgence de la situation et aux difficultés rencontrées par de nombreux éleveurs, la FDSEA de la Creuse a saisi la préfecture afin de demander qu’une enveloppe complémentaire conséquente soit attribuée au département.

L’objectif est de donner aux exploitants creusois les moyens de passer le cap et de maintenir leurs élevages en activité en 2027.

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