Avec la flambée des prix du carburant, les exploitations agricoles, souvent isolées et mal protégées, pourraient devenir des cibles de choix pour les voleurs en quête de gains faciles.
L’agriculture, secteur déjà soumis à de multiples pressionséconomiques, pourrait bien devenir une cible privilégiée pour les voleurs face à l’envolée des prix du carburant. Si, pour l’instant, la Gendarmerie du Puy-de-Dôme ne constate « aucune explosion des vols », la tentation de siphonner des cuves ou des réservoirs de tracteurs pourrait s’accroître dans les prochaines semaines.
Les exploitationsagricoles, souvent isolées et équipées de grandsvolumes de carburant, représentent une proiefacile et lucrative pour les délinquants » explique l'Adjudant-Chef Hiegel, référent sûreté de la Gendarmerie.
Les exploitations agricoles, des cibles vulnérables et attractives
Contrairement aux véhiculesparticuliers, où le gain est incertain, les exploitationsagricoles offrent des quantitésimportantes de carburant, stockées dans les cuves ou les machines.
Si un délinquant veut siphonner un véhiculeparticulier, il ne sait pas quelle dose il y a à l'intérieur, peut-être quelques litres seulement. Donc c’est plus viable de prendre des risques sur un grosvéhicule », explique le militaire.
Les tracteurs, moissonneuses-batteuses et autres enginsagricoles, souvent laissés en plein champ ou sous des abrispeusécurisés, deviennent des proiesidéales. Aidés par des tutos en ligne pour siphonner du carburant, les délinquants rencontrent alors peu d'opposition à leur méfait.
Les vols dans les exploitationsagricoles ne se limitent pas seulement au carburant. GPS, petitsmatériels mais aussi animaux (poulets, oies...) et produitsfermiers notamment « en fin d'année, à l'approche des fêtes » sont aussi concernés.
Les exploitations, du fait de leur isolement, mais aussi par leur taille et leurs infrastructures sont difficiles à sécuriser.
Installer des bouchonsantivol, des grillesanti-siphonnage ou des plaques de protection sous les réservoirs pour éviter qu'ils ne soient perforés, complique la tâche des voleurs. Des détecteurs de présence, couplés à des éclairages ou des alarmes, suffisent parfois à dissuader les malfaiteurs. « Comme n'importe quel être humain, le délinquant ressent du stress. Il recherche le minimum de risque. Si la zones'éclaire lorsqu'il arrive, il se sent menacé. »
Notice IA
La vidéosurveillance, accessible sans autorisation pour les espacesprivés, et une signalétiquedissuasive (panneaux « zone sous vidéo ») sont aussi des leviersefficaces. L'installation d'une caméra de chasse est aussi une bonne solution, selon le militaire. « Les imagesenregistrées par les caméras sont des informations cruciales en cas de procédurejudiciaire. »
L'Adjudant-Chef Hiegel, recommande également d'installer des clôturesélectrifiées « autorisées et dissuasives » à proximité des zones à risques sur l'exploitation.
Pour les engins laissés aux champs, il est conseillé en fin de journée de vider les réservoirs. Contre le vol de matériel, équiper les machines de GPS peut limiter les risques. « Les agriculteurs peuvent aussi "personnaliser" leurs outils, avec un signe bien distinctif. En cas de vol, et de perquisition par la suite, cela peut faciliter la restitution. »
Bien que ce genre d'expérience engendre une colère et frustration certaine, le gendarme rappelle qu'il est inutile et dangereux d'intervenir seul :
Il faut éviter de prendre des risquesinutiles où vous risquez d'être blessé ou de blesser quelqu'un. Tirer simplement en l’air est assimilé à de la violence avec arme et peut se retourner contre vous ».
Le gendarme préconise d'entretenir « une bonnerelation avec les forces de l'ordre », en les informant notamment d'une longue absence, leur donner l'autorisation de patrouiller près de l'exploitation ou encore de signaler tous faits inhabituels.
Si la hausse du carburant ne s’est pas encore traduite par une vague de vols, la vigilance s’impose. Si la situation sur les prix perdure, la Gendarmerie n'exclut pas une augmentation du risque de vols.