La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France a tenu sa conférence de presse annuelle mardi 10 février 2026 sur le salon Wine Paris, pour divulguer les résultats des exportations 2025. Voici les 5 points saillants.
Les résultats continuent de s’éroder
Que ce soit au niveau du volume exporté, ou de la valeur, tous les indicateurs 2025 sont au rouge. Le chiffre d’affaires est en effet en retrait de près de 8 %, avec 14,3 milliards d’euros facturés, soit 1,3 milliard de moins qu’en 2024. De même, les volumes sont en baisse sur un an de 3,3 %, à 168,1 millions de caisses. Mécaniquement, l’excédent commercial qui en résulte est en diminution de 7,6 %, pour se fixer à 13,2 milliards d’euros.
Dans le détail, les vins sont en baisse de 2,8 % par rapport à 2024 en volume, et de 4,1 % toujours par rapport à 2024, en valeur. « Soit un niveau historiquement bas en volume », alerte Gabriel Picard, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS). Les spiritueux affichent des résultats encore plus négatifs, avec respectivement -5,2 % et -17,4 % versus 2024. Gabriel Picard voit plusieurs causes à l’enrayement de nos exportations : les tensions géopolitiques, les conflits commerciaux, la fluctuation des taux de change, l’incertitude et l’instabilité françaises.
Toujours le 3eme excédent de la balance commerciale de la France
Malgré des performances qui s’érodent, la filière vin et spiritueux contribue de manière toujours importante à l’équilibre commercial français. Elle se place en effet à la troisième position, derrière l’aéronautique, ses 32,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+13,6 % vs 2024) et 300 000 emplois directs, et la cosmétique avec 16,8 milliards d’euros (-2,9 % vs 2024). Elle représente 600 000 emplois directs et indirects. « Mais il ne faut pas oublier qu’il y a quelques années, nous étions le second contributeur à l’excédent commercial », nuance Gabriel Picard.
L’exception fait la règle. En 2025, pratiquement toutes les catégories de produits ont été touchées par une baisse en volume et/ou valeur. A l’exception des vins sans IG sans cépage et des « autres mousseux ». Ils enregistrent respectivement une croissance en volume de 7,4 % et 5,2 % et en valeur de 5,9 % et 5,6 % par rapport à 2024.
En rentrant dans le détail par appellation et indication, en vins, les IGP val de loire et IGP méditerranée tirent leur épingle du jeu, avec des progressions tant en volume qu’en valeur. Les AOC bergerac et duras sont en hausse de 5 % en valeur, mais en retrait de 5,8 % en volume. L’AOC champagne gagne 0,9 % en volume mais perd 4,5 % en valeur. La catégorie « autres IGP » enregistre également des évolutions positives de +11,1 % en volume et + 4 % en valeur.
Toutes les autres AOC et IGP chutent. De même pour les spiritueux, tant le cognac que l’armagnac souffrent avec -14,7 % en volume et -23,8 % en valeur pour le premier et -22,1 % et -13 % pour le second, le tout par rapport à 2024.
Les expéditions aux Etats-Unis et en Chine sont pénalisées par les conflits commerciaux. Outre-Atlantique, l’instauration des droits de douane de 15 % par Donald Trump conjuguée à un taux de change défavorable fragilisent nos ventes. « Les volumes passent sous le seuil des 30 millions de caisses (-9 %) », note la FEVS. Le chiffre d’affaires sur cette destination perd -21 % (3 milliards d’euros).
La Chine souffre également, notamment sur des produits comme le cognac et l’armagnac, du fait des enquêtes anti-dumping. « Le chiffre d’affaires sur la zone Chine/Hong Kong/Singapour atteint 1,8 milliard d’euros », précise la FEVS. Soit une baisse de 13 %.
De son côté, l’Union européenne résiste avec un chiffres d’affaires pratiquement stable versus 2024, à 4,1 milliards d’euros (- 1 %).
De belles perspectives à moyen terme
Le Canada, l’Amérique latine et l’Inde sont autant de pays aux belles perspectives pour les vins et spiritueux français grâce aux accords commerciaux européens. La FEVS fonde de grands espoirs à moyen terme sur ces destinations.
La fédération espère également que l’Union européenne va travailler sur des outils pour soutenir les filières exposées lors de rapports de force politique. Gabriel Picard a notamment cité l’exemple de la filière soja malmenée aux Etats-Unis du fait de la politique de Donald Trump envers la Chine. « Une partie des droits de douane supplémentaires collectés par les Etats-Unis part pour soutenir cette filière », a-t-il décrit.