La baisse des cotations européennes des œufs entre avril et juillet, s’explique notamment par l’importation. Ukraine, Turquie, Royaume-Uni mais aussi Chine en ont profité. Aujourd’hui, les prix des œufs se reprennent chez nos voisins. L’alternatif est moteur.
A 244,85 €/100 kg, le prix moyen des œufs dans l’Union européenne estimé par la Commission pour la semaine 37 progressait de 1,5 % sur la semaine et 4,6 % sur le mois tout en restant 6,2 % sous son niveau de l’an dernier, même date. La baisse communautaire du printemps et du début de l’été semble avoir surtout été liée au ralentissement de la demande industrielle nord-européenne, qui s’est tournée notamment vers l’importation.
L’Union européenne a importé 137 060 téoc (tonne équivalent coquille) d’œufs et ovoproduits entre janvier et juillet 2026, selon Eurostat. C’est 66 % de plus que sur la même période de l’an dernier, elle-même affichait déjà une hausse de 57 % par rapport à 2024.
Le flux en provenance d’Ukraine dépasse 72 400 téoc, soit 53 % du total. C’est 22 % de plus que sur les 7 premiers mois de 2025. La part de la Turquie atteint 29 %, avec plus de 39 400 téoc, soit une multiplication annuelle des envois par 6,4. Le Royaume-Uni ne détient que 5 % de part de marché dans les importations d’œufs de l’UE avec des envois qui ont progressé de 10 % à un peu moins de 10 000 téoc.
A noter aussi, un flux d’import de 2 694 tonnes d’œufs et ovoproduits en provenance de Chine sur 7 mois, soit quatre fois plus que sur la même période de l’an dernier. C'est plus que le volume en provenance des Etats-Unis (2 540 téoc).
Des disponibilités en œufs limitées
Les industriels sont revenus aux achats dorénavant que les cours sont plus intéressants, ils ont aussi besoin de matières pour les fabrications pour l’hiver et certains sont contraints par des cahiers des charges origine UE.
La demande est jugée régulière chez nos voisins du côté des œufs de consommation. En Allemagne et aux Pays-Bas, les opérateurs rapportent un manque d’œufs bio, alors que les populations aisées qui étaient parties à l’étranger sont de retour. Pour les œufs de code 2, les cours sont légèrement haussiers, mais les opérateurs se montrent assez prudents.
Ces deux pays ne voient pas leur production progresser significativement. Davantage de poules sont en revanche mises en place en Pologne, Roumanie et dans les pays baltes.
Grippe aviaire et coûts de production, l’incertitude
Par ailleurs deux facteurs d’incertitude dominent sur le marché de l’œuf. D’une part, la grippe aviaire, qui a fait plier la France en 2022 et la Pologne l’hiver dernier. Les premiers cas ont été détectés fin août. De l’autre, l’évolution des coûts de production alors que la situation géopolitique entraîne la flambée des prix de l’énergie et les prix de l’alimentation animale subissent des pressions climatiques.