Dégâts aux cultures Effaroucheur d’oiseaux, quels moyens employer pour effaroucher les corvidés ? Quelles techniques innovantes ?
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Les Chambres d’agriculture viennent de publier un guide actualisé sur la « Prévention et protection des cultures contre les corvidés ». Il fait le point sur l’effarouchement de ces oiseaux en rappelant les pratiques autorisées et en faisant le tour des techniques plus innovantes dont les différents types d’effaroucheur d’oiseaux.
La grande majorité des dégâts aux cultures sont le fait de la déprédation des corneilles noires, des corbeaux freux, des choucas des tours et des pies bavardes. Il n’est pas encore possible à ce jour de quantifier à l’échelle nationale l’impact économique des dégâts sur les cultures liées aux corvidés. Terres Inovia et Arvalis ont effectué des estimations à partir des données de dégâts à leur disposition et ont obtenu des fourchettes estimatives de dégâts sur maïs à l’échelle nationale entre 25 et 45 millions d’euros et 20 millions pour les dégâts à la levée sur tournesol, rapporte le guide 2024 des Chambres d'agriculture intitulé Prévention et protection des cultures contre les corvidés.
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En ce qui concerne les effaroucheurs sonores, le guide estime que le canon effaroucheur « ne présente pas une garantie d’efficacité absolue » et préconise de le faire détonner tous les 10 à 15 mn voire 20 mn maximum et de le déplacer sur la parcelle tous les 2/3 jours. Afin d’éviter les nuisances sonores, le canon effaroucheur doit être placé entre 250 à 300 mètres de distance des habitations. Le guide recommande l’utilisation de plusieurs dispositifs simultanément pour plus d’efficacité. Pour ce qui est des haut-parleurs qui diffusent des cris d’oiseaux en détresse, il est n’est pas recommandé de programmer plus de 4 cris simultanés pour que l'association soit perçue comme plausible.
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Les effaroucheurs pyrotechniques comprennent le revolver effaroucheur qui est une arme de classe D (donc respecter la réglementation afférente) et le pistolet lance-fusées. Les tirs doivent être effectués à 200 m d’une habitation et bien évidemment pas en sa direction. Il est conseillé d'utiliser des fusées détonantes, des fusées sifflantes et des fusées crépitantes. Le guide conseille de privilégier en premier le tir d'une ou plusieurs fusées détonantes pour faire décoller les bancs d'oiseaux, suivie d'une ou plusieurs fusées crépitantes ou sifflantes pour faire se scinder en plusieurs groupes le voilier d'oiseaux ; plus les oiseaux seront séparés, moins la pression du groupe sera forte pour revenir sur les lieux.
Plusieurs options s’offrent aux agriculteurs qui choisissent les effaroucheurs visuels. L’épouvantail n’est guère efficace car son immobilité provoque une accoutumance très rapide chez les corvidés. Pour accentuer les mouvements du ballon-épouvantail, il est conseillé de mettre un ressort entre celui-ci et la ficelle qui le retient au mât. Pour ce qui est du cerf-volant effaroucheur, le guide suggère de remplacer les ficelles du cerf-volant par un gros élastique noir pour le protéger des fortes rafales de vent. Pour les miroirs, leur efficacité est « nulle dans la mesure où les miroirs sont des jeux assez plaisants pour la plupart des corvidés qui, selon certaines études, reconnaissent leur reflet » estime le guide.
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Différentes techniques innovantes d’effarouchement ont été recensées. Les innovations mentionnées dans le guide ont été testées ou sont en cours de réalisation.
Equipement programmable émettant des cris de détresses et de prédateurs (AgriProTech). Le retour d’expérience des stations d’expérimentation est satisfaisant, cependant il existe un risque de vol ;
Ce drone autonome de la société Agri-Structures est couplé à un effaroucheur AgriProTech. La protection contre les oiseaux est effective mais partielle car cet appareil doit être rechargé au cours de la journée. Les principaux freins sont les contraintes de transport et le risque d’enlisement de l’appareil ;
Cet effaroucheur tire parti de la sensibilité des oiseaux à la polarisation de la lumière. Un test réalisé en 2017 à Grignon (78) avec un équipement expérimental d’une firme privée a montré un effet de protection partielle sous forte pression de pigeons ramiers.
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De manière plus prospective, plusieurs systèmes de détection automatique des oiseaux au champ sont à l’étude avec traitement d’images en temps réel (projet associant Terres Inovia et l’Inrae dans le cadre de l’institut Carnot Plant2Pro®). Ce concept technologique est une première étape pour la conception d’effaroucheurs réactifs se déclenchant uniquement en présence d’oiseaux et permettant ainsi de limiter leur accoutumance.
Plusieurs start-up développent actuellement des effaroucheurs autonomes sonores ou laser, basés sur une programmation d’Intelligence artificielle (IA) comme le projet d’effarouchement autonome nommé « FAUCON » basé sur un laser et un projet d’effarouchement autonome basé sur un effaroucheur sonore récompensé à AgreenStartUp au Salon de l’agriculture 2023.
Le projet C3PO financé par l’Institut Carnot Plant2Pro, a pour but l’élaboration d’un dispositif d’alerte et d’effarouchement réactif. La tâche d’identification des oiseaux s’est révélée ardue à cause de la profondeur du champ malgré la méthode de deep-learning et à cause de la perturbation physique des images, ce qui complexifie l’application.
Selon le guide, il existe des techniques de prévention pour éviter les dégâts causés par les corvidés.
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Le guide rappelle que le choucas des tours et le grand corbeau sont des espèces de corvidés protégés en France mais des dérogations de destruction sont possibles. Le corbeau freux, la corneille noire, la pie bavarde et le geai des chênes sont quant à eux classés corvidés ESOD.
En raison de fortes disparités dans les territoires, vis-à-vis de la réglementation et des déclinaisons possibles, les Chambres d’agriculture conseillent aux agriculteurs de se rapprocher de leur DDT, Fédération départementale des chasseurs ou de la DREAL pour connaitre la situation de leur territoire et de penser à déclarer les dégâts de corvidés sur les cultures et autres, en utilisant l’outil : Signalement de dégâts de la faune sauvage. Il existe des formations récurrentes sur les sujets ESOD et corvidés dispensées dans les Fédérations départementales des chasseurs.
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