Le 8 juin, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a présenté les hypothèses pour l’agriculture pour la nouvelle Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3) qui vise à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Baisse de l’usage des engrais de synthèse, hausse des légumineuses, des couverts végétaux, des haies, de l’agroforesterie ou encore de la méthanisation, tendance à la baisse de production bovine et porcine, développement de l’agriculture bas intrants et de l’usage des énergies renouvelables pour le matériel agricole… Les mesures sont nombreuses.
Le secteur agricole est particulièrement concerné par la stratégie nationale bas carbone, mais il n’est pas le seul. Prenons par exemple celui du bâtiment. Comme l’agriculture, l’architecture est soumise à des contraintes environnementales de plus en plus drastiques… avec quelques spécificités franco-françaises.
En effet, depuis janvier 2022 la construction neuve est soumise à une nouvelle réglementation environnementale nommée RE 2020 qui a pour but de réduire progressivement les émissions de gaz à effet de serre du secteur du bâtiment afin de s'aligner sur la stratégie nationale bas carbone. Ce qui se traduit pour le secteur du bâtiment par un objectif de -30% des émissions nationales d’ici 2030 et -80% d'ici 2050 par rapport à 2015. Et pour y parvenir, l’un des leviers repose sur les matériaux de construction. Car si le secteur du bâtiment représente un tiers des émissions de CO₂ en France, la production de matériaux contribue à hauteur de 5 % des émissions de GES et 14 % des déchets produits en France, dont la majorité est peu ou pas recyclable. Pour donner un ordre de grandeur, seulement 1 m2 d’un bâtiment neuf émet en moyenne 2 tCO2 (1), soit 15 % de plus qu'un aller-retour Paris-New York qui émet 1,75 tCO2.
La réglementation environnementale du BTP la plus contraignante au monde !
Et c’est là que l’agriculture peut venir au secours de l’architecture qui se retrouve aujourd’hui fort démunie. Deux raisons à cela : sans doute un manque d'anticipation de tous les acteurs du BTP qui n’ont pas suffisamment fait évoluer leur pratique, mais aussi le fait que la RE2020 est la réglementation environnementale du BTP la plus contraignante au monde ! Tiens donc, comme un air de déjà vu…
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Ainsi, le taux de carbone émis dépend en partie du choix des matériaux du futur bâtiment. En fonction de ceux-ci, la valeur est très variable. L’objectif est donc d’éviter les matériaux fortement émetteurs et les remplacer le plus possible par les matériaux biosourcés. La nouvelle RE2020 est un tournant dans l’industrie du bâtiment, même si elle est aussi un sujet de discorde, en particulier sur le mode de calcul de l’analyse du cycle de vie (on connait aussi cela en agriculture avec les bioénergies).