À l’occasion du Space, le Crédit agricole a présenté ce 15 septembre les mesures d’urgence mises en place pour soutenir les agriculteurs face à la sécheresse et aux épisodes de canicule. Des adaptations des échéances de prêt ont notamment été proposées, ainsi que des taux préférentiels pour l’achat de fourrages.
Après un été 2026 marqué par des canicules et une sécheresse inédite, le Crédit agricole a annoncé ce 15 septembre au Space des mesures d’urgence pour soutenir les agriculteurs. Pour aider sur le court terme les exploitations agricoles, le Crédit agricole dit « moduler ou suspendre » jusqu’à 12 mois les échéances de prêts en cours, pour « adapter les remboursements à chaque situation ». Et la banque verte affirme permettre un financement à taux préférentiel pour l’achat de fourrages, à court terme sur 12 mois. « Le groupe va se positionner sur un prêt à court terme sur 24 mois à 2,5 %, pour accompagner toutes les exploitations qui ont été fragilisées par les évènements climatiques de l’été et du printemps », complète Jean-Pierre Touzet, directeur du pôle agri/agro du Crédit agricole.
Le Crédit agricole propose des financements pour investir dans des dispositifs d’adaptation au changement climatique
« Dès le mois de juillet, le groupe s’est mobilisé de façon nationale sur un court terme à 2,5 % et sur un crédit dédié à l’adaptation », ajoute-t-il. Le Crédit agricole affirme en effet vouloir « préparer l’avenir » des exploitations, et propose pour cela de financer des dispositifs d’adaptation au changement climatique avec une offre de crédit à moyen terme jusqu’à 75 000 € à un taux préférentiel sur 7 ans. La banque verte donne comme exemples de dispositifs des systèmes de ventilation, de brumisation, de refroidissement des bâtiments ou encore des changements de pratiques culturales.
Et le groupe affirme vouloir renforcer la prévention afin d’inciter les agriculteurs à recourir à l’assurance climatique et coup de chaleur. Selon les chiffres remontés de Bretagne, moins de 1000 fermes sont assurées dans la région. « C’est insuffisant », regrette Benoît Lucas, secrétaire général du Crédit agricole en Bretagne. « Il faut qu'on arrive à mutualiser ce risque-là, et sans doute faire preuve de davantage de pédagogie pour expliquer le bienfondé d'une protection qui fera la différence pour passer des périodes un peu plus compliquées », affirme-t-il.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le président du Crédit agricole Bretagne appelle à « reconsidérer le rôle des assurances »
Pour cela, le Crédit agricole Bretagne dit s’appuyer sur ses près de 200 spécialistes (chargés agricoles, assureurs ou préventeurs). « On a la conviction que nous sommes là pour accompagner ces transitions et se projeter sur la ferme Bretagne à l'horizon 2030 », soutient Benoît Lucas. Le secrétaire général du Crédit agricole de Bretagne défend aussi le réseau national, dont l’organisation en quatre caisses permet une « proximité » et des « compétences » adaptées aux productions locales. « Je pense que c'est aussi important peut-être de reconsidérer le rôle des assurances », estime Olivier Desportes, Président du Crédit agricole Bretagne. « J'ai du mal à croire que les agriculteurs tout seuls pourront assumer à chaque fois ces épisodes assez désastreux », soutient-il.