«La reprise en 2010 n’a pas été à la hauteur de la crise. Nous ne sommes pas très optimistes pour les deux années à venir », a déclaré ce matin Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries alimentaires lors du bilan annuel du secteur. L’an passé, grâce à une consommation qui a résisté, les IAA ont enregistré un chiffre d’affaires de 143,6 Mds Eur, en hausse annuelle de seulement 3% après un recul de 7% en 2009. L’exportation a retrouvé du dynamisme mais essentiellement pour les vins et alcools et les produits laitiers. « Plus préoccupant : les investissements ont reculé de 8% », a souligné Jean-René Buisson, évoquant une surcapacité de production dans les usines. La hausse estimée à 7% en 2011 ne compensera pas le sous-investissement enregistré depuis deux ans. Si le taux de défaillances est encore faible, l’Ania estime que 400 à 500 des 10 000 IAA sont en difficulté, affectées par la hausse des matières premières qu’elles n’ont pu en moyenne répercuter qu’à 40% auprès des GMS. « On risque de voir une incidence sur 3 000 à 5 000 emplois (ndlr : sur les 477 000 que compte le secteur) », prévient le président de l’Ania. Dans ce contexte, l’organisation demande un signe du chef de l’Etat en faveur d’une meilleure application de la LME, « sinon on la fera refaire », menace-t-il.
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