Arrachage des vignes : 27 929 hectares devraient partir en fumée, avec une aide à 4 000 €/ha
Avec une demande portant sur 27 929 ha, le plan d’arrachage viticole ne dépasse pas le budget prévu. Il n’y aura donc pas de coefficient stabilisateur et le montant de l’indemnisation sera de 4 000 € à l’hectare.
Avec une demande portant sur 27 929 ha, le plan d’arrachage viticole ne dépasse pas le budget prévu. Il n’y aura donc pas de coefficient stabilisateur et le montant de l’indemnisation sera de 4 000 € à l’hectare.
Il n’y a pas eu de raz-de-marée. Selon les premiers chiffres des demandes d’arrachage dévoilés au dernier Conseil spécialisé de FranceAgriMer, le 11 mars 2026, "seuls" 27 929 hectares de vigne ont été déposés dans l’appel à manifestation d’intérêt. Ce chiffre ne dépassant pas le budget prévisionnel de 130 M€, il n'y aura pas de coefficient stabilisateur et tous les vignerons pourront arracher les surfaces demandées. En 2024, les arrachages aidés avaient représenté 36 000 hectares.
Sur ce total, 10 342 ha concernent un arrachage total (soit 37 %) pour 1 392 dossiers, et 17 586 ha un arrachage partiel (soit 63 %) pour 4 432 dossiers. Des chiffres qui correspondent peu ou prou à l’enquête qui avait été conduite l’an dernier. « Nous n’avons pas eu de grande surprise », confirme Jérôme Despey, président du Conseil spécialisé vigne de FranceAgriMer. Ce qui constitue un soulagement. « Cet arrachage répond à un besoin, mais ce n’est pas qu’une bonne nouvelle, puisque c’est quand même une décapitalisation », résume le vigneron.
80 % des surfaces correspondent à des cépages rouges
Pour que le plan d’arrachage se concrétise, la France va devoir notifier les modalités à l’Union européenne et la Commission européenne devra valider le dispositif. La mise en œuvre ne débutera pas avant l’application du Paquet vin, le 19 mars.
Les vignerons auront sans doute jusqu’au 31 décembre 2026 pour arracher leurs vignes. « L’objectif est qu’un maximum soit arraché avant le 31 juillet, pour qu’on ne retrouve pas ces volumes sur les marchés » indique Jérôme Despey.
De plus amples détails seront connus au prochain Conseil spécialisé de FranceAgriMer, le 7 avril. Mais les premières tendances se dessinent déjà : les demandes d’arrachage concernent des cépages rouges à 80 %, ce qui correspond à l’objectif visé. Les cinq premiers départements concernés sont logiquement la Gironde, l’Aude, le Gard, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales.
Discussion non conclusive sur la distillation
Quant à la distillation, l’ensemble du Conseil spécialisé a été unanime pour reconnaître qu’un montant de 30 €/hl risquait de ne pas être assez incitatif pour que la mesure soit efficace. Mais la réglementation européenne oblige à ne pas apporter de surcompensation par rapport au prix des plus bas enregistrés par FranceAgriMer, encore diminués de 20 %. Un groupe de travail va se mettre en place pour essayer de trouver une solution le plus tôt possible.