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Aides PAC : les conséquences illustrées de la réforme de 2023 pour comprendre qui sont les gagnants et les perdants

La réforme de la PAC en 2023 n’a pas été sans effets sur les aides versées, comme le soulignait un rapport d’Agreste publié en octobre. Retour en chiffres sur les principaux changements observés. 

Main de souris d'ordinateur cliquant sur quatre graphiques en fond d'image.
Retour en graphiques sur les grandes conclusions observées entre 2022 et 2023, avant que la Commission européenne ne réadapte sa politique avec des simplifications.
© Gaétan Merminod

 

Quel état des lieux peut-on faire de la nouvelle PAC, deux ans après son inauguration en 2023 ? Un rapport d’Agreste publié en octobre 2025 montrait que certaines productions sortaient gagnantes de la réforme, tandis que d’autres étaient perdantes. Retour en graphiques sur les grandes conclusions observées entre 2022 et 2023, avant que la Commission européenne ne réadapte sa politique avec des simplifications.

Relire : Aides PAC 2023-2027 : quelles sont les productions affectées par la réforme ?

Quels montants d’aides PAC en fonction des orientations de production ?

Entre 2022 et 2023, Agreste observe le même total d’aides PAC à 8,5 milliards d’euros (Md€) versées aux agriculteurs, avec des montants qui varient fortement selon les orientations de productions : 

Total des aides PAC en 2022 et en 2023 pour chaque filière en graphique

 

Lecture : Cliquez sur une le nom d’une aide de la légende afin de visualiser son montant moyen pour chaque orientation de production. Le champ constant intègre le même nombre de bénéficiaires pour 2022 et 2023, en ne sélectionnant que ceux dont les données sont disponibles sur ces deux années. 

En moyenne, la dispersion des montants d’aides PAC « a peu évolué avec la nouvelle programmation de la PAC » et reste élevée, note le bulletin du service de statistiques du ministère de l’Agriculture. Seules les exploitations viticoles et en maraîchage-horticulture voient leurs aides augmenter, réduisant les écarts avec les autres productions, qui restent toutefois « très marqués ». Les exploitations bovines (mixtes, viande et lait) gardent une moyenne d’aides PAC « nettement plus élevée » qu’en maraîchage-horticulture, viticulture ou cultures fruitières. 

Lire aussi : 17 000 ETP en moins : pourquoi la réforme de la PAC a fait chuter l’emploi agricole en France en 2023 ? 

Quels sont les « gagnants » et les « perdants » de la réforme de la PAC ? 

Par rapport à l’ancienne programmation, Agreste note toutefois des variations des aides PAC pour plusieurs exploitations agricoles : entre 2022 et 2023, les montants n’étaient pas les mêmes pour 61 % des bénéficiaires de la PAC dont 27 % avec des aides PAC en baisse et 34 % avec des aides en hausse (avec une variation d’au moins 5 % par rapport à 2022). Des changements qui diffèrent selon les orientations de productions : 

Les variations d'aides PAC selon les filières en graphique

 

Lecture : Retrouvez pour chaque orientation de production (OTEX) le nombre de bénéficiaires à champ constant en 2022 et 2023, une variable à prendre en compte dans l'analyse des variations présentées dans ce graphique. 

Parmi les « gagnants », on retrouve les exploitations en viticulture (71 % en hausse par rapport à 2022) et de maraîchage-horticulture (54 %). « Pour ces deux orientations, il faut rappeler que la part d’exploitations bénéficiaires de la PAC est beaucoup plus faible que pour les autres » rappelle toutefois Agreste. Viennent ensuite les exploitations en cultures fruitières, dont la hausse moyenne de 1500 € par exploitation est « tirée principalement par la hausse de l’aide à l’assurance récolte ». 

Du côté des « perdants », on retrouve les exploitations de bovins viande (36 % en baisse par rapport à 2022, -800 € par exploitation) et de grandes cultures (32 %, -300 € par exploitation). En cause : le passage du paiement vert à l’écorégime qui n’est que « partiellement compensé » par la hausse des autres aides (paiements de base, aides végétales, assurance récolte). Dans le cas des exploitations de bovins viande, ce passage à l’écorégime est « dans une moindre mesure » responsable de la baisse observée explique Agreste. Celle-ci s’explique surtout par la baisse des aides couplées animales

Relire : Réforme de la PAC : grandes cultures, élevage, zones intermédiaires... qui sont les gagnants et les perdants ?

Des paiements verts à l’écorégime, quelles conséquences ?

Comme expliqué dans la note d’Agreste publiée en octobre, l’enveloppe entre le paiement vert et l’écorégime a diminué, passant de 2 Md€ en 2022 à 1,8 Md€ en 2023. Mais le nombre de bénéficiaires de l’écorégime est plus faible que celui du paiement vert, donnant une moyenne par exploitation presque égale entre 2022 et 2023 (6957 € en 2023, contre 6911 € en 2022). Les productions avantagées sont les exploitations en viticulture (+37 % par rapport à 2022) et les élevages ovins et caprins (+26 %). Les plus pénalisées par le passage à l’écorégime sont les exploitations spécialisées en élevages de granivores, de bovins lait, de bovins mixtes et de polyculture et/ou de polyélevage

Montant moyen du paiement vert et de l'écorégime dans chaque filière en graphique

 

Lire aussi : Politique agricole commune : tout savoir sur la nouvelle PAC

Comment évoluent les aides PAC dans les départements ? 

Les variations d’aides PAC en fonction des orientations de productions sont aussi observables sur la carte de l’Hexagone, compte tenu des différences de production selon les régions, et en lien avec « les changements liés à la nouvelle programmation de la PAC », explique Agreste dans une note publiée en novembre. 

Carte de France de l'évolution des aides PAC

 

Lecture : Moyenne par département, peut cacher des variations entre communes d’un même département

Sur cette carte, les aides PAC reçues dans les territoires de grandes cultures et en élevage bovins sont plutôt en baisse entre 2022 et 2023 (en rouge), reflétant les données présentées ci-dessus. Tandis que les aides dans les régions viticoles sont en hausse, notamment dans le Sud et le Sud-Ouest, conformément aux moyennes obtenues par Agreste. 

Lire aussi : « Nous sommes les bons élèves des aides PAC » affirme Régions de France

Quelles évolutions des aides PAC selon la taille des exploitations ? 

Selon la taille des exploitations, Agreste observe une augmentation des aides du premier pilier uniquement pour les plus petites exploitations (moins de 52 hectares). Un changement lié à la sortie des petites exploitations ne répondant pas au critère d’agriculteur actif de 2023. Ce qui augmente la taille moyenne des exploitations de cette catégorie de moins de 52 ha, et donc aussi leur montant moyen d’aide, explique Agreste. Pour les exploitations les plus grandes, les aides du premier pilier ont baissé de 1 à 2 % selon leur taille, en raison du passage du paiement vert à l’écorégime

Montant moyen d'aide PAC selon la taille de l'exploitation en graphique

 

Lecture : Cliquez sur une le nom d’une aide de la légende afin de visualiser son montant moyen pour chaque orientation de production. 

Lire aussi : Sans PAC, quel serait l’avenir pour l’agriculture européenne ?

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