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Affaire Toury
Les repreneurs prennent leur marque

Vingt jours après le jugement du Tribunal de Commerce de Clermont-Ferrand, Jean-Luc Dischamp fait le point sur la reprise du groupe laitier auvergnat Toury.

C’est au “Club de la presse” sous la présidence de Marc-Alexis Roquejoffre que Jean-Luc Dischamp s’est entretenu avec les journalistes sur la reprise de Toury.
C’est au “Club de la presse” sous la présidence de Marc-Alexis Roquejoffre que Jean-Luc Dischamp s’est entretenu avec les journalistes sur la reprise de Toury.
© Auvergne Agricole
Le 5 mai dernier, le Tribunal de Commerce de Clermont-Ferrand a retenu l’offre commune de re-prise de l’entreprise Toury présentée par Dischamp, la coopérative Le Glac, Vitagermine et le laitier espagnol Leche Pascual. La diversité des activités, développées depuis plusieurs années par Toury, (lait de consommation, fromages, alimentation infantile et jus de fruit) ont rendu « la reprise compliquée ! » confie Jean-Luc Dischamp, mais possible grâce à l’association des compétences de chacun des repreneurs.

Une forte communauté d’intérêts
Malgré quelques difficultés liées à l’arrêt des machines et des livraisons de certains fournisseurs, les unités ont aujourd’hui redémarré à 95 %. Le directeur général de Dischamp met cela sur le compte de l’association des repreneurs dans laquelle «nous n’avons pas de lien capitalistique entre nous mais une communauté d’intérêts forte pour la reprise et pour l’avenir ». Jean Luc Dischamp évoque même un lien de « frères siamois » entre son entreprise familiale et la coopérative Le Glac. En effet, les deux structures sont associées dans la reprise des activités lait et fromage et sont, à ce titre, étroitement liées dans la collecte. Cette dernière va d’ailleurs être réorganisée dans le but de réduire les coûts de collecte jugés « très élevés » par les repreneurs. Ils envisagent de passer des accords avec des laiteries voisines (Sodiaal,3A, Altitude, URCVL…) afin de réduire les coûts. « Cela ne changera rien en pratique pour les producteurs mais génèrera une économie sur la collecte» précise Jean-Luc Dischamp.


Jouer la proximité avec les producteurs
Les repreneurs souhaitent également « conserver la proximité avec les producteurs. Nous voulons avoir des représentants de producteurs avec qui nous pouvons aborder des sujets d’intérêt général tels que les prêts de quotas, les paiements à la qualité ou l’évolution des cahiers des charges des Aoc ». Le directeur de Dischamp tient aussi à rassurer les producteurs quant aux paiements du lait. « Le versement début mai de la valeur d’un mois de collecte devrait permettre d’attendre le règlement des cessions de créances, précise-t-il. Un engagement qui par ailleurs évite les décalages dans les trésoreries ». Jean-Luc Dischamp salue la pertinence du travail de l’association de défense des producteurs de lait de Toury, présidée par Alain Mercier. «La reprise d’une entreprise laitière est toujours compliquée dans la mesure où les producteurs ne sont pas remplaçables. Ils ne peuvent pas être considérés comme de simples fournisseurs mais comme une partie du fonds de commerce indissociable du reste », une réalité qui invite les repreneurs et les producteurs à continuer à travailler ensemble.

 


A suivre…
- Une partie des anciens dirigeants de Toury a fait appel devant la Cour d’Appel de Riom, de la décision du tribunal de commerce de Clermont -Ferrand. « Nous attendons la décision avec sérénité, explique Jean-Luc Dischamp dont la volonté est de poursuivre le travail malgré l’ouverture de cette période d’incertitude. « Pour les producteurs cet appel pourrait simplement induire un retard d’apurement des comptes sans conséquence sur les trésoreries des exploitations »

- Les repreneurs ont de leur côté initié une procédure judiciaire envers Lactalis pour refus de vente. Le grand groupe laitier ayant unilatéralement décidé d’arrêter de livrer des produits à Toury, «une mesure de rétorsion pas très élégante… » constate Jean-Luc Dischamp.

 


Des spécialistes par métier

Trois pôles d’activités se réorganise autour du lait ,du fromage et du jus de fruits.
Sur la partie lait de consommation, le Glac entend conserver sa troisième place derrière Candia et Lactel en développant l’appellation Lait de Montagne.
Sur le pôle Fromage, Dischamp souhaite renforcer l’image de l’AOC. En reprenant les 2 200 tonnes de production de St nectaire laitier Toury, il devient alors le principal intervenant dans ce domaine et complète aussi sa position de leader en St nectaire fermier (1000 tonnes) .
Leche Pascual spécialiste du lait et des jus de fruit en Espagne garantira quant à lui le maintien de l’activité jus de fruit Toury et Cidou à Mittesheim.
La société Vitagermine, spécialisée dans les produits biologiques et diététiques, assurera le développment des produits infantiles développés par Toury.


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