Aller au contenu principal

Adventice : le vulpin des champs, concurrentiel des céréales et résistant à des herbicides

Dans les céréales à paille, le vulpin des champs est une graminée courante et très concurrentielle. La résistance à divers herbicides impose d’appliquer des moyens de lutte agronomique.

Graminées adventices. Mauvaises herbes de cultures. Vulpin au stade tallage.
Le vulpin des champs présente un limbe de teinte vert bleuté et des gaines mauves.
© V. Marmuse

Reconnaître le vulpin parmi les autres graminées

Au stade de jeune plante, le vulpin des champs (Alopecurus myosuroides) présente une teinte bleutée avec des feuilles peu brillantes (contrairement au ray-grass) et une absence d’oreillettes à la jonction du limbe sur la gaine. La ligule est membraneuse et assez grande (1 mm). Elle est légèrement denticulée, ce qui la différencie de celle de l’agrostis jouet du vent qui est profondément dentée et moins large.

Sur les limbes, les nervures bien visibles sont nombreuses et serrées entre elles, ce qui n’est pas le cas chez l’agrostis où il n’y a que quelques nervures. Les gaines des feuilles sont profondément échancrées, souvent colorées de mauve sur 1 à 2 cm, avec un liseré blanc. Le vulpin est une espèce annuelle qui produit beaucoup de talles. Adulte, la plante développe des tiges assez grêles avec des nœuds souvent rougeâtres. Elle est glabre et peut atteindre un mètre. La floraison a lieu d’avril à juillet avec des épis en forme de queue de renard.

 

 
Adventice : le vulpin des champs, concurrentiel des céréales et résistant à des herbicides

Comment combattre le vulpin des champs ?

Agronomie : L’introduction de cultures de printemps et d’été dans une rotation culturale réduit l’installation du vulpin en cassant son cycle de développement. En agriculture biologique, l’insertion d’une prairie temporaire ou d’un mélange luzerne-graminées de quelques années montre une bonne efficacité à condition d’effectuer les fauches avant que le vulpin ne monte à graines. Retarder le semis de la céréale permet de détruire un bon nombre des pieds de vulpins grâce à des faux-semis et permet l’application des herbicides généralement dans de meilleures conditions que sur des semis précoces.

Mécanique : La fin de l’été et le début de l’automne sont les périodes les plus propices pour mettre en œuvre les déchaumages superficiels détruisant les levées de vulpins. Le labour occasionnel, idéalement tous les trois ans, réduit fortement les infestations en empêchant une grande partie des graines de vulpin de lever. Les outils de désherbage mécanique montrent une efficacité limitée, sauf à intervenir sur des graminées très jeunes.

Chimie : Sur les situations de vulpins résistants à des antigraminées foliaires, il reste des herbicides efficaces applicables à l’automne sur céréale, à base de prosulfocarbe, de flufénacet, de pendiméthaline ou de chlortoluron (sur les variétés de blé résistantes à cette molécule). Les conditions de traitement (humidité du sol…) sont importantes pour la performance de ces herbicides. Sur des parcelles sans résistance, les antigraminées foliaires et sulfonylurées seront très efficaces (clodinafop, fenoxaprop, mésosulfuron, pyroxsulam…).

On peut profiter de la culture de colza pour détruire les graminées avec une spécialité à base de propyzamide (Kerb Flo, Ielo…). Les cultures de printemps dans la rotation permettent l’utilisation d’autres molécules plus performantes que celles utilisées sur culture d’hiver. À l’interculture, une dose réduite de glyphosate (540 g/ha) suffit à être efficace sur des vulpins jeunes.

Sources Acta (Infloweb), Arvalis, Itab, Bayer

 

 
25 pieds au mètre carré de vulpin suffisent à faire baisser le rendement d’une céréale de 5 %.
25 pieds au mètre carré de vulpin suffisent à faire baisser le rendement d’une céréale de 5 %. © C. Gloria

Cinq points clés sur le vulpin des champs

La perte de rendement est conséquente, pouvant excéder 10 q/ha avec une infestation de vulpins. 25 pieds au mètre carré suffisent à faire baisser le rendement d’une céréale de 5 %.

Un pied de vulpin peut produire plus de mille graines. Celles-ci survivent dans le sol jusqu’à trois à quatre ans. Le taux annuel de décroissance (TAD) des semences est de 84 %.

La résistance du vulpin à des herbicides concerne des molécules très diverses. Elle est quasi généralisée en France pour les antigraminées foliaires inhibiteurs de l’ACCase (fops, dimes…) et de l’ALS (sulfonylurées…). Elle commence à apparaître pour le flufénacet, le prosulfocarbe et même le glyphosate (un cas avéré).

L’espèce est présente partout en France, à l’exception du Sud-Est. Elle a une prédilection pour les régions nordiques et continentales froides avec suffisamment d’humidité. Elle apprécie les terres limoneuses, limono-argileuses et argilo-calcaires.

Les levées de vulpin ont lieu à partir d’août mais se déroulent préférentiellement en septembre et octobre. Son cycle s’apparente à celui des céréales à paille d’hiver.

 

 
Les épis sont en forme de queue de renard.
Les épis sont en forme de queue de renard. © C. Gloria

Les plus lus

<em class="placeholder">épi de blé</em>
Cadmium : les teneurs mesurées en céréales et pommes de terre sont dans les normes et stables depuis 15 ans

La présence du cadmium dans l’alimentation fait l’objet d’une surveillance rapprochée par les filières céréales et pommes de…

<em class="placeholder">Vue aérienne d&#039;une ferme ayant plusieurs bâtiments agricoles non contigus</em>
Pas de permis de construire sans régularisation des anciens bâtiments agricoles

L’obtention d’un permis de construire peut être bloquée en présence d’une construction irrégulière dans le même ensemble…

<em class="placeholder">Branches d&#039;arbre d&#039;une parcelle forestière tombées dans une parcelle agricole</em>
Limite de propriété : que faire en cas de chute d’arbres sur ses parcelles agricoles ?

Les arbres en bordure de parcelles agricoles ne sont pas toujours bien entretenus. Quand des branches et des troncs tombent,…

<em class="placeholder">Pieds de maïs touché par la Geomyze.</em>
Géomyze sur maïs : que faire en cas d’attaques dans l’Ouest ?

La période de froid qui a stoppé la croissance des maïs a créé les conditions idéales pour la géomyze, une mouche qui s’…

<em class="placeholder">Parcelle semée en maïs en Charente.</em>
Zones intermédiaires : une MAEC à 92 euros par hectare pour les grandes cultures

En 2026, la mesure agroenvironnementale dédiée aux grandes cultures en zone intermédiaire (MAEC ZIGC) devient accessible à un…

<em class="placeholder">Moisson aux Etats-Unis. </em>
Marché mondial des céréales : les stratégies des grandes puissances creusent l’écart avec l’Europe

Face à des grandes puissances céréalières qui avancent selon des stratégies assumées, Arthur Portier, consultant chez Argus…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures