« Adapter nos poulaillers français à la chaleur à moindre coût »
En construisant ou rénovant, il paraît indispensable de pouvoir adapter le parc bâtiment aux fortes chaleurs, en s’inspirant de ce qui est réalisé en Catalogne.
En construisant ou rénovant, il paraît indispensable de pouvoir adapter le parc bâtiment aux fortes chaleurs, en s’inspirant de ce qui est réalisé en Catalogne.
Lorsqu’on construit un bâtiment neuf, il est désormais indispensable de réfléchir aux solutions de cooling et de ventilation tunnel pour atteindre de grandes vitesses de circulation de l’air. « Les bâtiments que nous avons pu voir en Catalogne, sont le modèle qui est préconisé pour les bâtiments de demain », estime David Labbé.
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Mais il semble difficile d’adapter de telles installations à moindre coût sur nos bâtiments existants. « Par la rénovation, nous n’arriverons pas à des vitesses de 3 m/s dans nos bâtiments Colorado, et le cooling n’est pas le premier investissement à réaliser sur nos bâtiments car il est très coûteux », déclare Thomas Couëpel. « Prudence avec le pad cooling », déclarent David Labbé et François Kerscaven, qui alertent sur la pertinence de pad cooling dans des régions humides comme la Bretagne. À partir de 80 % d’humidité, le pad cooling n’est plus fonctionnel. « En porc, ce système est beaucoup plus utilisé, même en Bretagne, et il est aussi intéressant d’aller voir ce qui se fait dans les autres filières pour comprendre nos enjeux régionaux », détaille François Kerscaven. « Même les bâtiments récents de 5 ou 10 ans n’ont même pas été construits pour de telles températures », ajoute-t-il.
Modifier nos bâtiments existants
« Les catalans ont des bâtiments très performants mais ils coûtent moitié moins cher qu’en France. Au vu des coûts de construction, nous ne pouvons pas nous permettre de rénover un bâtiment tous les 5 ans », déplore David Labbé. Pour limiter les dépenses, il faut trouver des premières adaptations, pour conserver au maximum le parc bâtiment existant. « Nos bâtiments Colorado ont une vitesse d’air autour de 1 m/s, et on peut atteindre 1,5 m/s si on ajoute des brasseurs d’air. Même si on est loin des 3 m/s des bâtiments espagnols, cela peut permettre de passer les coups de chaleur ». La brumisation reste un bon moyen de rafraîchir l’air entrant, mais elle est coûteuse en eau. « Lorsque nous déclenchons la brume dans un bâtiment, cela revient à doubler la consommation en eau du poulailler », s’accordent les éleveurs.
Pour tous, il y a un réel enjeu administratif et financier pour conserver le parc bâtiment et sortir du solde négatif en construction. « Nous avons besoin d’améliorer les bâtiments existants sans en faire des usines à gaz et sans tout détruire », indique Thomas Couëpel, suivi par François Kerscaven. « Nous n’avons pas le droit de perdre une seule autorisation d’exploiter. »
Des perspectives durables pour s’adapter
« Si on veut que les élevages investissent, les subventions ne suffisent pas, il faut des perspectives et des marges confortables pour les éleveurs. Il suffirait d’une répartition plus juste, de 3 à 5 centimes du kilo pour un éleveur pour pouvoir engager des modifications du bâtiment plus sereinement », indique Thomas Couëpel. Il alerte sur la difficulté des éleveurs à engager des transitions dans les contraintes administratives et économiques actuelles. « Nous perdons des éleveurs à chaque canicule. À l’avenir, certains éleveurs pourraient décider de ne plus travailler l’été si nous ne trouvons pas de solutions face à ces chaleurs et qu’elles se reproduisent chaque été, car ce sont des épisodes traumatisants », conclut-il.