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Xavier Morin investit et se spécialise

Producteur de poulet puis de dinde dans le Loiret depuis vingt-deux ans, Xavier Morin s’est à nouveau remis en cause depuis trois ans.

Xavier Morin fait partie du noyau d’éleveurs performants du Loiret qui croient en l’avenir et réinvestissent massivement. « Avec les souches modernes, il y a de moins en moins de place pour le bricolage. »
© P. Le Douarin

Faisant suite à un 2000 m2 construit en 2015, Xavier Morin espère que son site d’élevage situé dans le Gatinais comportera un quatrième poulailler de 2100 m2 avant la fin de l’année, pour porter l’ensemble à 6500 m2. « Je ne suis pas le seul à réinvestir ou à investir dans cette région de polyculture-élevage qui pour se simplifier a un temps délaissé l’élevage pour les cultures. C’est la volaille qui a le mieux résisté et c’est elle qui redémarre. Avec l’après-Doux, une dynamique de groupe est enclenchée. Des collègues investissent à nouveau et de nombreux jeunes viennent me voir, parfois avec un projet de plusieurs bâtiments. La conjoncture pousse les agriculteurs à se diversifier. » À 48 ans, c’est une belle reconnaissance pour cet éleveur « installé sur 45 ha hors cadre familial et sans trésorerie, avec deux poulaillers de poulettes en location et en fin de course. » Ses débuts n’ont pas été roses. Trois ans après être installé, il veut construire deux tunnels rigides de 1200 m2 pour faire du poulet certifié abattu dans l’Yonne, mais l’instruction traîne trois ans. Puis, pendant cinq ans ses résultats ne couvrent pas les frais et il se retrouve au bord du dépôt de bilan. Il change d’OP, et pour remonter ses résultats passe au poulet standard et à la dinde abattues dans le Loir-et-Cher. Depuis, ses tunnels ont été en partie dynamisés (deux turbines en pignon) et six échangeurs ont été posés, « mais ce n’est pas encore suffisant avec le poulet moderne. Il faudra passer en dynamique intégral avec la pose de cheminées. » En attendant, Xavier Morin élève de la dinde. En 2015, il a passé un nouveau cap en investissant dans un poulailler mixte de 2000 m2 (20 m par 100 m), qualifié BEBC et sur béton, avec une ventilation progressive bilatérale (6 ventilateurs) et longitudinale (3 ventilateurs et 9 turbines).

Réapprendre le métier d’éleveur

Cela a été une révélation. « La ventilation progressive c’est super ! J’ai réappris à ventiler. » La salle est haute (5,5 m au faîtage) et volumineuse, ce qui facilite la gestion de l’ambiance. Xavier est d’autant plus satisfait qu’il a eu la « chance inouïe » de bénéficier d’une enveloppe PCAE de 135 000 euros, plus les 40 000 euros d’Huttepain Aliments (20 euros/m2). « J’ai fait partie des premiers dossiers ayant un plafond éligible important, qui a été rapidement revu à la baisse. L’investissement net est revenu à 151 euros/m2 (au lieu de 238 euros/m2). Sans accompagnement, je ne suis pas sûr que j’aurais investi dans un troisième, puis dans un quatrième bâtiment même si la subvention est moindre (115 000 euros au total). » Le prochain de 2100 m2 devrait être dans la même veine. « Je me suis fixé un plafond de 270 euros/m2, car au-delà, quelle serait la rentabilité ? » Il annonce pourtant 26-28 euros de marge poussin-aliment par mètre carré en dinde et 10-11 euros par mètre carré en poulet. Déjà prévu à la construction des tunnels, l’objectif de Xavier est de devenir un spécialiste de la volaille et de simplifier son activité végétale (passée en bio en 2014). Il va également construire une fumière pour composter et vendre à des agriculteurs qui achètent le compost 30 euros la tonne. « Quand le stockage de l’électricité photovoltaïque deviendra abordable, j’installerai sans doute des panneaux solaires sur les bâtiments bien orientés pour devenir autonome. »

 

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