Aller au contenu principal

Volailles de chair : Une lutte biologique efficace contre les ténébrions

Retour d’expérience d’un éleveur technicien sur l’utilisation d’une solution de lutte biologique intégrée contre les ténébrions en élevage de volailles bio.

« Les ténébrions adultes n’ont pas de prédateurs connus et plus il fait chaud, plus ils prolifèrent. Ces insectes dégradent les matériaux d’isolation dans les bâtiments, explique Paul Daugreilh, éleveur de volailles bio à Monclar dans le Lot-et-Garonne et technicien chez Terres du Sud. Ils sont porteurs de maladies et facteurs de stress pour les volailles… En plus, il y en a toute l’année. Le ténébrion évolue la nuit et creuse des galeries dans le sol (litière) et les isolants. »

 

 
Il est recommandé de pulvériser la solution en bas des murs et parois des bâtiments
Il est recommandé de pulvériser la solution en bas des murs et parois des bâtiments © C. Chabasse

 

Depuis 2019, l’éleveur-technicien a adopté Darwin un insecticide naturel contre les ténébrions, constitué de vers parasites. C’est pour être en adéquation avec l’éthique de production des éleveurs de poules pondeuses ou volailles de chair bio. Les nématodes Darwin tuent préférentiellement les larves, mais aussi les nymphes et les adultes en pénétrant dans leurs voies respiratoires.

Commercialisé par l’entreprise Appi, le produit se présente sous la forme d’une poudre en sachet à diluer dans 20 à 40 litres d’eau (selon l’humidité du milieu) et à pulvériser dans le bâtiment d’élevage sur environ 250 m2 selon la prescription du fournisseur.

Un traitement au long cours

 

 
La pose de pièges dans le bâtiment permet d'évaluer l’efficacité du traitement.
La pose de pièges dans le bâtiment permet d'évaluer l’efficacité du traitement. © P. Daugreilh

 

« Pour gérer l’efficacité d’une solution, il est indispensable d’évaluer la population. Je combine donc des pièges à ténébrions (type Tenedrop) et la pulvérisation de ces micros vers, analyse Paul Daugreilh. Au début, je pouvais relever jusqu’à 3,5 kg de ténébrions par bande dans un bâtiment de 400 m2 ! Je pulvérisais deux sachets de Darwin en fin de lot parce que ces nuisibles ne vivent que dix jours."

En appliquant le produit à la dixième semaine d’élevage, on atteint ainsi davantage de larves, comme le préconise Appi. " Depuis trois bandes, je constate que l’infestation a diminué et sur le lot sorti en décembre, j’ai relevé moins de 300 g de ténébrions avec les pièges. Je suis donc convaincu que cette lutte biologique intégrée peut stabiliser l’infestation. Mais attention, ce doit être un traitement au long cours."

Sur des bâtiments infestés, Paul Daugreilh estime que l’on peut procéder avec une phase d’attaque combinant un produit chimique autorisé en élevage bio de type Spinosad, puis la pulvérisation de Darwin associée au piégeage. « Darwin est un produit efficace et raisonné alors il suffit que les éleveurs soient prêts à utiliser le piégeage en complément (environ 4 pièges pour un bâtiment de 400 m2) », conclut-il.

Autres astuces pour limiter la prolifération : le curage de toute la litière (ne pas laisser de résidus), un bon réglage des mangeoires pour éviter de nourrir les ténébrions, placer du papier sous les mangeoires pour ramasser les cadavres de ces insectes macrophages et éviter les liaisons non jointives entre les panneaux d’un bâtiment.

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Pour les industriels brésiliens, le marché européen du poulet ne leur apporte plus que 4 % de leur chiffre d&#039;affaires à l’export.</em>
Le poulet brésilien veut doubler ses volumes exportés

Le ministère brésilien de l’Agriculture prévoit qu’à partir de 2035, l’industrie avicole écoulera sur le marché mondial…

<em class="placeholder">Système HatchCare d&#039;alimentation précoce au couvoir</em>
Poulet de chair : une meilleure croissance grâce à l’alimentation précoce

Au couvoir ou en éclosion à la ferme, la pratique de l’alimentation précoce apporte des bénéfices non négligeables en…

Canicule en élevages de volailles : « l’âge des bâtiments et les systèmes de ventilation ont fait la différence sur la mortalité »

Après la canicule de fin juin qui a touché la France par des températures extrêmes, l’heure est au bilan pour les filières…

<em class="placeholder">Avec des élevages de 500000 poulets en moyenne (contre 22000 en France), les grands groupes tels que MHP bénéficient d’économies d’échelle colossales. </em>
L’Ukraine pourrait être le grenier avicole de l’Europe

La perspective d’une adhésion de l’Ukraine à l’UE soulève de nombreuses questions. Entre la déstabilisation du marché européen…

<em class="placeholder">Bruno Mousset, directeur général du pôle Amont de LDC.</em>
LDC veut créer 500 000 m² de bâtiment poulets d’ici 2028
Bruno Mousset, directeur Amont de LDC, est revenu sur la stratégie du groupe pour attirer des éleveurs de poulets, et de…
<em class="placeholder">Avec son projet Niagara, LDC veut développer ses capacités industrielles dédiées au poulet du quotidien et aux produits élaborés, actuellement saturés.</em>
Une rentabilité en hausse sur tous les pôles LDC

Le groupe LDC a connu une année de forte croissance de son chiffre d’affaires, en France comme à l’international. Un contexte…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Volailles
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Volailles
Newsletter COT’Hebdo Volailles (tendances et cotations de la semaine)