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Interview de Philippe Juven, président de l’interprofession des œufs CNPO
« Vers un modèle durablement économique »

Un an après le lancement du Contrat sociétal d’avenir (CSA), Philippe Juven fait le point sur les avancées, et notamment l’annonce d’un logo Œuf de France.

Le CNPO a annoncé la création du logo Œuf de France. Quelle différence avec Pondu en France ?
Philippe Juven - "Le logo Œufs pondus en France est associé à une charte d’engagement lancée fin 2014 et dans laquelle tous les maillons de la filière œuf s’engageaient de façon volontaire au respect de normes sanitaires, environnementales et de bien-être animal. Avec le nouveau logo Œuf de France qui viendra le remplacer, nous allons plus loin dans la traçabilité et la transparence de nos produits. Les professionnels utilisateurs du logo seront soumis à un cahier des charges renforcé (adhésion des élevages à la charte sanitaire, origine France des poussins…), associé à un plan de contrôle. Ce dernier est en cours de validation au sein de l’Association des produits agricoles de France, à laquelle sera rattaché le logo comme c’est déjà le cas de Volaille de France. Nous espérons une mise en place sur les emballages courant 2018."
Quel est l’état d’avancement du volet financier du CSA ?
P. J. - "Atteindre l’objectif de 50 % d’œufs en production alternative d’ici cinq ans demande des investissements élevés que la filière ne pourra pas absorber seule. Les échanges avec les distributeurs se poursuivent via le médiateur des relations commerciales. Les discussions butent toujours sur le principe du fonds de financement et de sa compatibilité avec les règles de l’OMC. Même si le chemin est étroit, il existe une voie possible. Deux enseignes ont donné leur accord de principe mais d’autres partenaires restent à convaincre.
Dans le cadre des États généraux de l’alimentation et de l’atelier sur l’adaptation de la production agricole aux besoins des différents marchés, le CNPO a été invité à présenter la situation de la filière, le CSA et les difficultés rencontrées. Proactif pour faire face à l’adaptation de la demande, le projet CSA fait aujourd’hui référence au niveau des filières agricoles. On espère que cela va amener davantage de fluidité dans les échanges avec la distribution. Il s’agit aussi de trouver un accord sur l’évolution des modes de production. Faut-il ou pas développer un code ? Il devra faire consensus et être partagé par tout le monde, y compris les associations de consommateurs et de défense du bien-être animal."
Que pensez d’un code 2 +, avec volière et jardin d’hiver ?
P. J. - "Tout d’abord, il n’existe pas de code 2 au regard de la réglementation européenne basée sur les codes 0, 1, 2, 3. L’œuf de volière au sol coûte aujourd’hui 17 % plus cher qu’en cage. On peut craindre qu’à terme, le prix de l’œuf en code 2 devienne le prix de référence et soit vendu au prix de l’œuf en cage. Si l’on ajoute le surcoût d’un jardin d’hiver, l’éleveur ne s’y retrouvera pas, à moins qu’il soit payé plus cher et avec une garantie de reprise. Sur un marché européen concurrentiel, il nous faut aussi rester compétitifs. Le modèle d’élevage de demain doit être durablement économique."
Quelles ont été les autres avancées du CS A ?
P. J. - "Même si le volet financier n’avance pas au rythme souhaité, nous continuons d’avancer sur nos différents engagements comme le projet de recherche sur l’évolution des élevages arrivé dans sa deuxième phase ainsi que le déploiement d’une méthode d’évaluation du bien-être (appli Ebène sur smartphone). De même, l’outil de suivi de la production « passeport de la poule » est en phase de tests et sera opérationnel début 2018."
Le projet CSA fait aujour’hui référence
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