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Valsoleil structure sa filière ponte

La coopérative drômoise augmente son potentiel de production d’œufs label et bio et va investir dans un centre unique de calibrage et conditionnement.

L’inauguration du bâtiment de 6 000 poules pondeuses plein air label rouge d’Aurélie Lesches au Crestet en Ardèche a connu un beau succès le 8 septembre. Agriculteurs des environs, éleveurs ou pas encore, ont découvert les options retenues par l’éleveuse pour faciliter son travail, comme le relevage des perchoirs, chaînes d’aliment et pipettes ou le pesage des aliments par jauge sous silos et les pondoirs à toit plat. « Nous voulons montrer que Valsoleil est un outil pour les agriculteurs. Au sein de la coopérative, une commission d’éleveurs discute des résultats de la section et fait évoluer le contrat avec la coopérative. Ils ont droit à la parole. Le revenu des agriculteurs est au cœur de notre démarche, cette diversification en volailles apporte un revenu régulier à de petites exploitations et maintient la population agricole », affirme Christian Veyrier, président de la coopérative drômoise. Pour les aider, Valsoleil propose aux éleveurs un prêt à 0 % équivalent à 20 % de l’investissement pour un bâtiment, dont le remboursement s’effectue sur treize lots.

Plus 100 000 poules en 18 mois

La coopérative a voulu construire de véritables filières ponte et chair. « Depuis 2000, nous avons décidé d’arrêter les poules en cage — nous passions pour des originaux — et de miser sur le plein air label et le bio. Aujourd’hui, nous souhaitons maîtriser tous les maillons de la chaîne de production. Et chacun doit être efficient, aussi bien les usines d’aliments que la logistique qui est capitale et difficile en zone de piémont et montagne », explique le président. À Valsoleil, on prétend être « le plus grand des circuits courts ». La production de 500 000 pondeuses se répartit sur 78 bâtiments d’élevage et sur quatre départements (Ardèche, Drôme, Isère, Haute-Loire). Le chiffre d’affaires de la filière ponte avec ses deux groupements de producteurs (Valsoleil et Sud-Est Œuf) atteint 25 millions d’euros, alors que l’activité globale (volailles et œufs) représente 50 % du chiffre d’affaires de Valsoleil (90 Md€ en 2016).

La demande en œufs alternatifs s’accroît et Valsoleil veut augmenter le nombre de poules de 100 000 dans les 18 mois à venir. Pour mieux valoriser cette production, la coopérative va investir dans un unique centre de calibrage et conditionnement, qui remplacera les quatre en fonctionnement. Un investissement de 5 millions d’euros à Montéléger (Drôme) qui recevra dès juin 2018 plus de 150 millions d’œufs par an ; il est calibré pour un volume de 250 millions d’œufs. « Nous ne deviendrons pas des marchands d’œufs, mais nous devons être plus compétitifs. Ce centre doit nous permettre d’améliorer la régularité des ventes. Nous sommes en train de renégocier des contrats avec nos acheteurs de façon à ce que les œufs alternatifs soient reconnus à leur juste valeur », ajoute Christophe Pelletier, directeur de Valsoleil.

La qualité de vie d’Aurélie Lesches

J’étais chauffeur de taxi salariée et la vie de famille était compliquée avec mes horaires. Alors en 2014, lorsque ma belle-mère est partie à la retraite, j’ai décidé de reprendre son exploitation avec un atelier de 6 000 pondeuses label rouge créé en 1991. Pour compléter mon revenu en conservant du temps, et après discussions avec Isabelle Béguet de Valsoleil, j’ai choisi de construire un nouveau bâtiment. La décision a été prise avec mon mari, maçon de métier », explique Aurélie Lesches. À 34 ans, elle a privilégié la disponibilité pour ses deux filles de 6 et 9 ans.

L’éleveuse a préféré ne pas tarder pour réaliser un investissement de 330 000 euros (55,5 euros/place) remboursable sur 15 ans. Le budget prévisionnel pour des lots de poulettes séjournant 60 semaines dans ce bâtiment propose une marge brute de 51 664 euros (8,61 euros par poule) et une marge brute d’exploitation annuelle hors cotisations MSA de 21 278 euros. « J’ai opté pour le relevage au plafond des perchoirs, des lignes de pipettes et chaînes plates d’aliment. Cela représente un gain de temps au nettoyage et moins de pénibilité. » La première bande de poules va pouvoir s’égayer sur trois hectares en contrebas du niveau du poulailler construit par la société Matériel d’élevage Forézien (MAF). Aurélie Lesches s’est formée sur le tas, elle reconnaît passer plus de temps à observer ses poules qu’à ramasser les œufs. Et point important : « Valsoleil au travers d’Isabelle Béguet nous apporte un suivi et un soutien appréciables. Si nous avons un problème, ils sont là et c’est rassurant ».
L. G.

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