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Une table photovoltaïque au sol et hors réseau pour des poulets

Pour fournir ses trois poulaillers en énergie, Ludovic Mazin a installé cent panneaux posés au sol et non connectés au réseau.

Peu après avoir achevé en novembre 2017 la construction d’un troisième bâtiment en demi-lune de 1300 m2 dans les Deux Sèvres, Ludovic Mazin a fait installer « à l’intuition » cent panneaux photovoltaïques au sol. Avec 3900 m2 (3 fois 1300 m2) construits depuis 2012 à Sepvret, il élève par an quatre bandes de poulet standard et un lot de dinde mis en place en automne. « Mon objectif était double : faire des économies et montrer ma volonté de m’inscrire dans une démarche de développement durable. » Il a démarré sa table le premier juin 2018. « Avec la ventilation renforcée et la brumisation des poulets, les besoins électriques de l’élevage sont supérieurs en été, ce qui s’accorde bien avec le maximum de production photovoltaïque. » Et c’est ce qui l’a décidé à faire le pas, sans étude de faisabilité. Composée de 100 panneaux orientés plein sud, la table photovoltaïque a été installée par Le Triangle, son constructeur. D’une puissance de 27,5 KWc, elle occupe 165 m2 (33 m x 5 m) au bout de la plateforme devant les bâtiments. L’éleveur l’a voulu simple, sans mesure des flux électriques et sans la relier au réseau public, « car on m’a dit que la revente du surplus électrique ne couvrirait pas le coût du raccordement et de l’abonnement annuel. » Pose comprise, l’investissement s’est élevé à 25 450 euros HT (0.92 € par Wc) empruntés sur douze ans, au taux de 1,85 %. Avec un remboursement de 2672 euros par an, le KWh produit lui revient à 12.35 ctes, à condition de tout utiliser (1).

Une rentabilité à confirmer à moyen terme

Ce qui intéressait Ludovic, c’était la baisse de ses factures mensuelles. « Désormais, la note d’électricité hors TVA est régulièrement sous la barre des 1000 euros », explique-t-il. C’est effectivement la tendance, sachant qu’il y a de fortes fluctuations, liées à la température variable et aux fins de lots qui augmentent la ventilation. « Si cela se confirme, j’installerais bien une structure équivalente d’ici deux à trois ans. L’emplacement est déjà prévu. » Mais, cette économie pressentie est-elle suffisante pour être rentable rapidement ? À 12881 euros HT, sa facture a effectivement baissé de 12,8 % an 2019 par rapport à 2018 (avec un premier semestre sans table), tandis que le nombre de KWh facturés (93 400 KWh) a diminué de 9 %. Le coût annuel moyen du KWh est passé de 14,25 ct à 13,79 ct (-3,3 %). Cela s’explique par le recul des KWh consommés en heures pleines (coûtant plus cher) qui a été compensé par les KWh fournis par la table. En effet, la part de la consommation de jour, qui couvrait 70 % du total facturé avant juin 2018, tombe entre 60 et 65 % les semestres suivants. Le gain de trésorerie (économies de factures - annuité) est finalement assez modeste par rapport au premier semestre 2018 sans table : 844 euros au second semestre 2018, 1630 euros au premier semestre 2019, moins 470 euros au second. En effet, la consommation facturée est repartie à la hausse au second semestre 2019. Est-ce lié aux variations de l’ensoleillement qui auraient impacté la production d’électricité, aux variations saisonnières de la température, aux dates différentes de mises en place… ? Ce témoignage souligne bien qu’avant d’investir il est important de réaliser une étude préalable des consommations jour-nuit, et saisonnières, afin de dimensionner correctement l’installation photovoltaïque. Et qu’après l’installation, le suivi des flux produits et consommés permet d’optimiser le fonctionnement de l’installation. Mais ce dont Ludovic peut être sûr, c’est qu’après avoir remboursé son prêt, la table lui fournira gratuitement de l’électricité.

(1) 31 600 KWh produits par an, en se basant sur 1150 kWh produits par KWc à Niort.
 

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