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Une cinquième volière poulette pour Sanders Bretagne

Producteur de poulettes au sol, Michel Lotout a installé une volière d’élevage Vencomatic pour fournir des poules adaptées à la ponte en volière.

Le groupe Avril prend le virage de l’œuf alternatif pour s’adapter aux nouvelles attentes sociétales exprimées par les consommateurs. Des attentes que des entreprises (Aldi, McDonald’s, Monoprix, Sodexo) anticipent par l’arrêt progressif de la vente ou de l’utilisation d’œufs pondus en cage. Ce virage commence aussi par la poulette. En Bretagne, la filiale de nutrition animale Sanders Bretagne fait produire environ 8 millions de poulettes par an. Celles-ci sont utilisées en « interne » par des éleveurs indépendants et par ceux du groupement associé Armor œufs, ou bien elles sont vendues hors région. Même si la première volière poussinière de 30 000 places date de 2010, Sanders Bretagne est encore peu présent sur ce segment. Philippe Lepage, technico-commercial, a pour mission de convaincre les éleveurs clients de Sanders de faire le saut vers la volière. « Nous n’allons plus développer d’élevages de poulettes au sol. Nous incitons nos clients à transformer leurs poussinières pour répondre à une demande croissante de poulettes préparées pour les volières. » Mi-août, Sanders Bretagne a fait visiter la nouvelle volière installée chez Michel Lotout, éleveur à Saint Nicolas du Pelem dans les Côtes-d’Armor avec trois poulaillers. Avec cette installation de 35 000 places, la capacité de poulettes élevées en volière de Sanders passe à 205 000 places dans cinq élevages, équipés de trois matériels différents (deux Vencomatic, deux Jansen et un Farmer automatic).

Réaménager des bâtiments de qualité

Tous les éleveurs et tous les bâtiments ne se prêtent pas à cette transformation. Avec un élevage réputé plus technique en volière (en trois dimensions au lieu de deux), il faut être très animalier et très soucieux d’atteindre les objectifs (poids et homogénéité). Les bâtiments à réaménager doivent être suffisamment volumineux pour installer les volières (même si des adaptations sont possibles) et en bon état pour élever les poulettes pendant au moins dix ans. C’était le cas chez Michel Lotout. Âgé de 21 ans ????? et en très bon état, le bâtiment de 1 350 m2 (17 m par 79 mètres) possède un grand volume. Il contient deux modules Jump start de Vencomatic de 4 mètres de large, 3,2 mètres de haut et plus de 70 mètres de long. Sébastien Guinard, spécialiste des volières chez Mafrel-Sérupa, souligne que la longueur et la largeur varient au cas par cas (3 à 12 mètres de large par tranche de 57 cm). Pour Philippe Lepage et Noël Lotout, frère de Michel et technico-commercial Sanders, la volière Jump start permet d’élever des poulettes qui s’adaptent à tous les types d’élevage.

Chaque portique comporte un sol surélevé en caillebotis plastique sous lequel s’accumulent les fientes. Les parois latérales grillagées au démarrage sont constituées de deux rangées de panneaux rotatifs se transformant ensuite en plateaux de perchage. Les deux lignes d’eau et les six d’aliment (ici des chaînes) sont surmontées de perchoirs et relevables par treuil. Chaque portique comporte un plateau central également relevable, avec sa ligne de pipettes.

Environ 7,5 euros par poule

Après avoir été démarrés sur caillebotis et papier, les poussins sont peu à peu entraînés à monter sur les plateaux relevés de plus en plus hauts. À six semaines environ, les poulettes sortent des modules pour occuper aussi les couloirs. Elles doivent être conditionnées à regagner leur zone de perchage lors de l’extinction progressive des cinq rangées de leds.

Avec cette volière Vencomatic, la densité conseillée est de 16,5 poulettes par mètre carré utilisable ou encore 24 à 26 poulettes par mètre carré au sol. Chez Michel Lotout, l’investissement se monte à 265 000 euros, sachant qu’il comprend les portiques (5,5 à 6,5 euros par place), le sol bétonné, la réfection de l’électricité et de la ventilation (extraction haute et turbines en pignon plus ordinateur). L’éleveur estime le coût final à 7,5 euros la place pour 32 000 à 35 000 poules élevées sur 2 100 m2 utilisables, au lieu de 20 000 au sol sur 1 350 m2. Compte tenu du surinvestissement, l’éleveur devrait bénéficier d’une surrémunération de 20 % par rapport aux autres poulaillers au sol.

« Un moyen de pérenniser mon élevage »

Âgé de 54 ans, Michel Lotout ne sait pas encore comment et à qui il transmettra son exploitation de 100 hectares, mais il s’y prépare. Sur cette ferme du centre de la Bretagne tournée vers la viande bovine par nécessité (valorisation de prairies naturelles proche d’un cours d’eau), et qui produit des légumes (15 ha) et des céréales (35 ha), la poulette constitue l’activité la plus rémunératrice en valeur et au temps passé. L’éleveur évolue vers la volière « sans états d’âme et sans regret pour apporter une pérennité à mon atelier de poulettes. » Éleveur de poulettes depuis 28 ans, Michel Lotout n’a aucun doute sur sa capacité à maîtriser ce nouvel atelier qui requiert plus d’attention du fait du passage de la 2D à la 3D.

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