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« Un poulailler refait à neuf pour me lancer dans l’aviculture »

Lors d’une recherche de prairies pour ses chevaux, le hasard a mis un poulailler sur la route de Sylvain Plumelet. L’éleveur l’a entièrement rénové pour se lancer dans la production de poulets lourds sexés.

Jusqu’alors éleveur de chevaux et gérant d’un centre équestre à Plémet, dans les Côtes-d’Armor, Sylvain Plumelet cherchait à déplacer quelques hectares pour créer des prés supplémentaires. « Sur les terres qui m’intéressaient, il y avait un poulailler ». Motivé par ce challenge à relever, l’éleveur décide d’élargir sa palette d’activités et de devenir aviculteur. « À 40 ans, je me lance dans un nouveau métier », plaisante-t-il. Une découverte qu’il a bordée, déjà en sélectionnant les partenaires qui lui convenaient. « J’ai choisi de travailler avec Huttepain, l’organisation de production du groupe LDC en Bretagne, car j’étais rassuré par la sécurité des débouchés », explique Sylvain Plumelet. L’accompagnement technique l’a aussi conforté dans son choix. « Nous proposons une formation sur six jours, des visites d’élevages, un accompagnement dans le choix des équipements », détaille Guillaume Gannat, en charge du développement.

Une partie élevée d’autoconstruction

Le poulailler de 1 200 m² qu'a repris Sylvain Plumelet était en production de dindes, avec une ventilation statique. Pour obtenir de bonnes performances en poulet lourd et répondre aux exigences du cahier des charges Nature d’Éleveur, d’importants travaux étaient nécessaires. « Je n’ai gardé que la charpente et les soubassements, détaille Sylvain Plumelet, qui a réalisé lui-même une grande partie des travaux. Tout le reste a été refait à neuf. » Et à un rythme dense : les travaux ont débuté le 17 janvier 2025. Ils étaient finis fin mai pour une arrivée des premiers poussins le 6 juin.

Le bâtiment a été équipé d’une double isolation. « Dès les premières chaleurs, j’ai noté 5 à 7 degrés d’écart entre l’extérieur et l’intérieur », apprécie Sylvain Plumelet. Pour le chauffage, l’éleveur a fait le choix d’un équipement Systel, un générateur de gaz extérieur progressif à combustion directe. L’élévation a dépassé le bâtiment en ventilation dynamique. Il a choisi de travailler avec l’équipementier Skov : 102 trappes, sur les côtés du bâtiment, assurent l’entrée d’air et l’extraction se fait en pignon. « Les flux d’air sont réguliers en tout point du bâtiment, note Sylvain Plumelet. Ce type de bâtiment est pensé pour être performant face aux coups de chaud. » Pour répondre au cahier des charges Nature d’Éleveur, des fenêtres donnent accès à la lumière naturelle.

Un coût de reprise et de rénovation de 270 €/m 2

Au total, Sylvain Plumelet a investi 360 000 euros. 31,4 % de cette somme correspondent à l’achat du poulailler, 21,4 % pour la rénovation de la coque et 46,5 % pour les équipements (chauffage, ventilation, chaînes d’alimentation Le Roy, pipettes Lubing). « Ce qui revient à 270 euros le mètre carré, chiffre Guillaume Gannat. Alors que pour une construction, il faut tabler sur 420 euros le mètre carré, sans compter les délais pour l’instruction administrative. »

L’ensemble des rénovations laisse espérer un bon niveau de performances. « Je pense déjà à un deuxième poulailler », reconnaît Sylvain Plumelet, qui voudrait relancer un projet de rénovation d’ici trois à quatre ans.

LDC affiche ses ambitions de croissance

Pour toujours mieux coller à l’évolution de la consommation, le groupe LDC mise sur le développement de la production de poulets lourds sexés et le maintien des autres espèces (dindes, canards).

Pour approvisionner ses outils, LDC a besoin d’une montée en puissance des volumes de poulets lourds sexés. « Pour notre groupement, cela se concrétise par un objectif de construction ou de rénovation de 5 à 20 poulaillers par an pendant cinq ans sur la Bretagne et les départements limitrophes, affiche Guénaël Le Sourd, directeur d’Huttepain Bretagne. Ce raisonnement en filière à l’écoute des marchés sécurise les débouchés pour nos producteurs. »

Pour accompagner les porteurs de projets, des contrats avec une durée jusqu’à dix ans leur sont proposés. Ils peuvent également bénéficier d’une aide directe à la reprise ou à la construction, notamment pour la mise en conformité avec le cahier des charges Nature d’Éleveur. « Cela peut représenter jusqu’à 30 % d’aides pour les travaux Nature d’Éleveur, chiffre Guénaël Le Sourd. Les éleveurs peuvent également solliciter d’autres programmes d’aides, par exemple Agri Invest en Bretagne. »

Rédaction Réussir

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