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Un poulailler avec salle pédagogique et jardin d’hiver

Louis Marie et Annabelle Pasquier, éleveurs en Deux-Sèvres, ont créé un bâtiment innovant, bien intégré dans le paysage, avec salle pédagogique et jardin d’hiver.

Adhérents de Bellavol (LDC Amont), déjà spécialisés en volaille avec près de 8 000 m² sur quatre sites en poulet, pintade, dinde et canard, Louis Marie et Annabelle Pasquier ont commencé à réfléchir à un nouveau poulailler en 2016, pour compenser l’arrêt d’un bâtiment loué que le propriétaire voulait récupérer. « Nous avons visité en Angleterre un site qui nous a séduits, expliquent-ils. Tous les bâtiments sont reliés par une façade unique et un pignon est vitré, ce qui permet de voir les animaux sans entrer dans le bâtiment. Cela nous a inspirés, car nous pensons qu’il faut plus communiquer sur notre métier et que l’intégration paysagère des bâtiments est importante pour l’image de la filière. » Inauguré mi-mai, le poulailler compte deux salles d’élevage de 1 800 m² construites en parallèle d’un bâtiment de 1 460 m² existant. Les sas des trois bâtiments ont été reliés pour constituer une façade commune qui est recouverte d’une tôle laquée imitation bois, conformément à la charte de progrès Nature d’éleveurs de LDC. Entre les sas, une pièce abrite le groupe électrogène et une station de traitement de l’eau créée pour résoudre la surcharge en fer et manganèse et contre les biofilms dans les canalisations. Une autre partie de la façade accueille des vestiaires et une salle pédagogique avec une vitre de découverte de la salle d’élevage. Sur le côté d’un bâtiment, un jardin d’hiver a été créé. « Bellavol a besoin de renouvellement et de bâtiments modèles à montrer en construction et rénovation, explique Stéphane Landreau, directeur de Bellavol. La salle pédagogique répond à la nécessité de communiquer sur le métier d’éleveur. Elle permettra d’accueillir des écoles, nos clients, les banques, les assurances. Quant au jardin d’hiver, il va nous permettre d’acquérir des données technico-économiques sur ce type de production. Nous n’avons pas encore de marché pour des volailles avec jardin d’hiver. Mais cette demande existe par exemple aux Pays-Bas ou en Suisse et cela pourrait arriver en France. »

Mécanisation du paillage

Pour raccourcir les délais de construction, le site autorisé pour 40 000 animaux sera dans un premier temps spécialisé en dinde. Les deux nouveaux bâtiments sont des bâtiments clé en main CompBat, issus de la démarche lancée par LDC amont pour réduire le coût, avec lumière naturelle, ventilation longitudinale, quatre chaînes d’alimentation, cinq lignes d’abreuvement, relevage automatique des chaînes, des sas sanitaires… Une caméra a par ailleurs été posée dans chaque salle, avec également une caméra extérieure. Pour des raisons de coût, le sol n’a pas été bétonné. « Pour réduire la pénibilité, nous avons préféré investir en mécanisant le paillage et le repaillage », explique Louis Marie. Un distributeur First Lit, de First Pellets, qui distribue des granulés de paille, a été installé dans chacun des trois bâtiments. « Les granulés sont livrés dans un silo où le distributeur vient s’alimenter, explique Vincent Leroy, directeur commercial de Dugué, qui a installé le First Lit. Cela élimine tout risque de contamination par des fientes. Le distributeur à châssis inox, porté par un rail fixé au plafond, vient s’y alimenter et se déplace seul grâce à un automate. Il peut pailler sur 30 mètres de large. » Une manette permet de régler le débit et la direction de paillage. Il est par ailleurs possible d’y brancher un tuyau pour un paillage manuel localisé.

Gérer la ventilation

Le jardin d’hiver de 6 mètres de large mesure 543 m², soit 30 % de la surface de la salle adjacente. Pour limiter la chaleur en été, le toit est en panneaux sandwich. Le côté extérieur est constitué d’un grillage et d’un rideau coupe-vent en plastique transparent qui permet un éclairage naturel et peut s’abaisser entièrement ou se relever en laissant toujours 15 cm pour l’aération. Les trappes de sortie des animaux sont actionnées par deux moteurs, ce qui permet d’ouvrir celles situées à l’extrémité opposée aux extracteurs et de fermer celles les plus près quand ceux-ci fonctionnent. Une barre métallique permet de plaquer la trappe contre le bâtiment pour assurer une étanchéité parfaite au démarrage. « L’accès au jardin d’hiver sera conditionné à l’âge des animaux et à la température extérieure, précise Benoît Pineau, coordinateur Bâtiment et méthodes d’élevages chez LDC Amont. Ce premier jardin chez Bellavol va nous permettre d’acquérir des références sur la gestion de la ventilation dans une telle installation. »

Un bâtiment CompBat 2 en 2018

Le bâtiment CompBat (Compétitivité Bâtiment) s’appuie sur un cahier des charges élaboré conjointement par les OP de LDC Amont pour répondre aux attentes techniques et sociétales avec un bâtiment performant, polyvalent et sociétal. « L’idée à travers un appel d’offres national avec engagement de surface est de bénéficier de l’effet achats groupés sur les tarifs », explique Benoît Pineau, coordinateur Bâtiment et méthodes d’élevages chez LDC Amont. Les bâtiments construits à l’EARL LMA Pasquier (CompBat 1) sont issus du premier appel d’offres remporté par le consortium LGF (Le Groupe France : SCBM-Dugué-Sodalec, Leroy - Boissinot). En 2018, un nouvel appel d’offres a été ouvert pour 30 000 m² de bâtiment, remporté cette fois par NTD, I-Tek et Tuffigo-Rapidex.

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