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Campylobacter : Un plan national de réduction au Royaume-Uni

Le plan de maîtrise Campylobacter ACT a été mis en place dès 2010. Malgré l’importance des moyens mis en œuvre, les résultats peinent à se concrétiser.

Depuis 2008, le Royaume-Uni a fait de la lutte contre Campylobacter une priorité. C’est l’un des pays d’Europe le plus touché par la campylobactériose, avec une moyenne de 104 cas pour 100 000 habitants quand la moyenne européenne avoisine 71 cas (45 pour la France). « Les quelque 66 000 cas déclarés chaque année ne représentent que la partie visible de l’iceberg, relève Javier Dominguez de la FSA (Farm Security Administration). Il y aurait en réalité 280 000 cas par an, soit quatre fois plus. » Dès 2010, un plan stratégique de lutte dénommé Act (Acting on Campylobacter Together) a été défini en concertation avec les représentants des ministères, les scientifiques et la filière avicole car la viande de poulet est associée à 70 % des cas de campylobactérioses. Pour suivre son efficacité, des enquêtes de prévalence sont régulièrement mises en place dans les treize principaux abattoirs britanniques. Ils représentent près de 90 % de la production. Le premier programme Act 2010-2015 avait défini des objectifs de réduction ambitieux. La proportion des échantillons de viande de poulet ayant un taux de contamination supérieur à 1000 UFC/g devait passer de 27 % en 2008 à 10 % en 2015. « Ces objectifs ne sont pas du tout atteints, reconnaît Javier Dominguez. La baisse de prévalence n’est visible que depuis 2015 avec 22 % mais elle devrait s’accélérer en 2016. »

Des actions ciblées sur toute la chaîne alimentaire

Programme collectif, Act est basé sur une approche sanitaire de la fourche à la fourchette. « C’est en cumulant les actions aux stades de l’élevage, de l’abattage, et du consommateur, que l’on obtiendra des résultats », souligne le vétérinaire en charge du programme Campylobacter.

En élevage, les efforts ont essentiellement porté sur la biosécurité avec le renforcement des barrières et des procédures de désinfection. « Les résultats, qui se sont révélés très positifs, sous entendent un engagement fort et permanent de l’éleveur pour éviter toute porte d’entrée de la bactérie dans l’élevage. » Certaines pratiques sont désormais déconseillées, notamment les enlèvements multiples car ils augmentent le risque de contamination des volailles. En parallèle, la FSA a financé divers projets de recherche sur des tests rapides de détection de Campylobacter : test des surchaussures AFBI, nez électronique Optisense pour déterminer les composants volatils… Un autre projet mené par l’université d’Oxford porte sur l’analyse du comportement des volailles par des cameras. « Les mouvements dissociés des volailles au sein du bâtiment sont un potentiel indicateur de contamination. » Les essais d’additifs alimentaires se sont quand à eux révélés peu concluants.

De leur côté, les abattoirs ont renforcé leurs procédures d’hygiène et optimisé certaines étapes du processus d’abattage notamment la phase de ressuyage. Un plan de contrôle des contaminations a été mis en place à partir d’échantillons prélevés sur la peau du cou mais aussi des cæcas. « C’est un bon indicateur du niveau d’hygiène en abattoir. » En parallèle, plusieurs innovations technologiques de traitement thermique ont été testées, les industriels étant opposés au traitement chimique. Le processus qui se développe le plus au Royaume-Uni est le système danois SonoSteam qui combine un traitement par vapeur et ultrasons (voir encadré).

Un gain annuel de 300 millions de livres pour l’assurance santé

Des actions de sensibilisation ont été mises en place auprès du consommateur pour éviter le risque de contamination croisée. La plus emblématique est la campagne publicitaire Don’t wash raw chicken (Ne lavez pas le poulet cru). Elle alertait le risque lié au lavage de la viande de poulet avant cuisson, pratiqué par la moitié des citoyens britanniques et susceptible de propager les bactéries de Campylobacter.

La FSA s’est aussi appuyée sur les médias grands publics pour mettre la pression sur les distributeurs et leurs fournisseurs. L’article de presse paru en 2014 dans the Guardian avait fait grand bruit. Il dévoilait les résultats de l’enquête de prévalence en Campylobacter des viandes de poulets en rayons, classés par enseigne.

La prochaine enquête de la FSA court sur la période de août 2016 à juillet 2017. « Nous avons bon espoir d’atteindre l’objectif de réduction de 20 % du nombre de cas annuels de campylobactérioses, défini dans le second plan Act de 2015-2020. Cela permettra une économie pour l’assurance santé britannique de 300 millions de livres par an. » En parallèle, le coût global du plan stratégique est évalué à 500 millions de livres.

La contamination divisée par dix avec le SonoSteam

Opposé au traitement chimique des carcasses, la filière britannique a testé des innovations technologiques en abattoir pour réduire la contamination des carcasses, présentées par Javier Dominguez, de la FSA.

Tunnel de refroidissement rapide en surface : Ce procédé de la société BOC - Linde consiste à pulvériser de l’azote liquide sur les carcasses éviscérées. Après le passage dans un tunnel de 10 à 15 mètres de long pendant 20 secondes, le taux de contamination est divisé par 100. Seule la surface de la carcasse est refroidie à -2°C. « Efficace, ce procédé est néanmoins très couteux : 2 pennys par poulet. Il pourrait être divisé par deux en réservant ce traitement aux lots à fort taux de contamination », indique Javier Dominguez.
Traitement combiné de vapeur et d’ultrasons : C’est le procédé le plus prometteur mis au point par la société Danoise Force Technology (SonoSteam). Il compte quatre installations au Royaume-Uni dont la plus ancienne date de 2015 (abattoir Faccenda). « Le traitement combine l’action de la chaleur à 90°C et d’ultrasons (160 dB) et est limité à 1,5 seconde, ce qui ne dénature pas la carcasse. Les tests ont montré une réduction par dix de la contamination Campylobacter. Plus petite et plus aisée à intégrer dans la chaîne d’abattage (jusqu’à 14 000 poulets/h), elle coûte 950 000 euros avec un coût de fonctionnement de 0,3 pence par poulet. »
Un outil d’abattage pilote a également été mis en place. Le but est de définir une conception idéale intégrant les récentes innovations pour améliorer l’hygiène et optimisant les procédures de contrôles de contamination. 

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