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Un bâtiment rénové en volière sans perdre une place

L’EARL L’œuf de Brocéliande a investi 20 euros par poule pour transformer son bâtiment de cages en volière et mode plein air.

Vus de l’extérieur, l’allongement et l’élargissement de la toiture sont facilement visibles. Lors du projet de transformation du bâtiment de 27 000 cages aménagées construit en 2002, l’EARL L’œuf de Brocéliande avait pour impératif de ne pas perdre une seule place. « Sans l’agrandissement, on serait tombé à 18 000 places avec finalement un coût revenu à la place similaire tandis que le niveau d’activité de l’exploitation serait devenu insuffisant », explique Yoan Leray. Après avoir été salarié dans un élevage de veaux de boucherie, il vient de s’installer sur l’exploitation de poules pondeuses créée par les parents de sa compagne Héléna : Ginette et Bernard Daugan à Saint-Malon-sur-Mel (Ille-et-Vilaine). Son arrivée fin 2017 coïncide avec le départ à la retraite de Bernard. Le site, désormais mené par Ginette et Yoan, comprend deux bâtiments avec un centre d’emballage commun soit 64 000 places au total, en contrat avec Sanders (groupement Armor Œufs). Le renversement brutal du marché vers l’œuf plein air a quelque peu chamboulé le projet d’installation de Yoan. Il n'était pas envisageable de réinvestir dans le bâtiment de 36 000 places en code 3, trop récent (2011). En revanche, celui de 27 000 places était tout juste amorti. De plus, son emplacement près d’une parcelle se prêtait plus facilement à une transformation en volière et mode plein air (code 1).

Les poteaux d’origine délimitent le couloir d’accès au parcours

Initialement de 85,5 mètres de long sur 12 de large, le bâtiment disposait de quatre rangées de cages aménagées sur cinq étages. « Le facteur limitant pour garder le même effectif en volière était la surface utilisable et la surface au sol. La solution a consisté à allonger le bâtiment de 10 mètres et à l’élargir de quatre mètres à la place d’un chemin d’accès et à ajouter un niveau supplémentaire à la volière », explique Dominique Bazin, de Piers Services, distributeur Big Dutchman. « On a repoussé les mûrs sans changer la structure d’origine du bâtiment », résume Yoan. Ainsi, les poteaux ont été maintenus sur place tandis que les panneaux du pignon et de la paroi longitudinale ont été récupérés pour le bâtiment agrandi. La volière est constituée de trois rangées Natura Step 24-18-18 de quatre niveaux au lieu de trois habituellement, soit une hauteur de 2,8 mètres. Elles sont concentrées dans la partie d’origine du bâtiment tandis que la zone élargie de quatre mètres est libre et sert de gisoir donnant accès au parcours. « C’était une solution plus économique et mieux adaptée à la hauteur du bâtiment. » Le parcours est constitué d’une zone de deux  hectares le long du bâtiment et se poursuit à l’arrière sur une grande parcelle, "dont six hectares ont fait l’objet d’un échange avec des agriculteurs voisins", précise Bernard Daugan.

La ventilation d’origine du bâtiment, dynamique latérale, a été complétée par six cheminées. « Leur objectif est d’homogénéiser l’air. » De plus, l’éclairage a été remplacé par des leds. Yoan et Bernard calculent le coût de la rénovation à 20 euros par poule, y compris les clôtures et sans les lifts et le tunnel de séchage existants. Ils ont réalisé eux-mêmes le terrassement et la maçonnerie (hormis le sol), ce qui a permis un gain d’environ un euro par poule.

Une volière Natura Step plus haute d’un étage

Rénové par le charpentier CBM et l’installateur Piers Services, le bâtiment comprend trois rangées de volières Natura step 24-18-18 Big Dutchman de 2.5 mètres de large sur 4 niveaux, soit 2.8 mètres de hauteur pour le plancher du niveau supérieur. Elles sont séparées en cinq compartiments grillagés de 5500 poules. Les éleveurs ont fait ajouter une porte sur chaque cloison grillagée à l’étage supérieur pour circuler aisément sur toute la longueur de la volière. Les fientes sont évacuées par un racleur sous chaque rangée, à raison d’un tiers de longueur raclé par jour.

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