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Un bâtiment de poules pondeuses bio lavé par le robot Evo Cleaner

Alexandre Pruvot a investi dans un robot de lavage Evo Cleaner pour son élevage de 12 000 poules pondeuses bio. Il dresse un bilan très satisfaisant, tant sur la qualité du nettoyage que sur le confort de travail.

En mars 2020, Alexandre Pruvot a inauguré le premier lavage de son bâtiment de 12 000 poules pondeuses bio avec le robot de lavage Evo Cleaner de l’entreprise suédoise Envirologic, commercialisé par RV Biotech. « Certes, l’investissement n’est pas anodin (quelque 33 000 € sachant qu’il ne servira qu’une fois par an) mais il vaut le coût », assure l’éleveur. « Il me permet de rester autonome en termes de main-d’œuvre, de réduire la charge de travail et la fatigue pendant la période du vide sanitaire d’un mois, habituellement très dense. Et surtout, le résultat final est aussi bon qu’avec un nettoyage manuel. Je n’ai pas à repasser derrière : c’était la condition sine qua none pour investir. »

Atteindre chaque recoin du nid

Installé à Inval-Boiron dans la Somme, l’éleveur exploite depuis 2002 un poulailler bio sur caillebotis au sol, agrandi l’an dernier à 12 000 places. Il est constitué de deux salles de 3000 et 9000 places avec une ligne centrale de pondoirs, sur un niveau pour l’une et deux niveaux pour l’autre salle. Le lavage se faisait jusqu’à présent grâce à l’entraide familiale et durait une bonne dizaine de jours, mobilisant entre deux et cinq personnes. « Une tâche longue et fatigante, en particulier pour laver le deuxième niveau de pondoirs à 2,5 mètres de haut. » Le choix de l’éleveur s’est orienté vers le modèle Evo Cleaner, à la fois pour son bras mobile qui permet d’orienter le jet dans toutes les directions et pour ses larges possibilités de programmation. Un peu sceptique sur l’efficacité d’un robot à atteindre tous les recoins des nids, l’éleveur a été vite convaincu lors d’une démonstration réalisée sur une travée de pondoirs.

Une exigence de lavage élevée

L’automate sur batterie Evo Cleaner a été livré en mars, au moment du départ des poules. Après deux demi-journées de prise en main avec l’équipe d’RV Biotech, l’éleveur a passé 2,5 jours à programmer le lavage de la salle de 9000 places. Il a pris le temps de fignoler la programmation pour répondre à son niveau d’exigence du lavage, en particulier pour les pondoirs. « Cette étape de programmation ne sera plus nécessaire pour les prochains lavages, les données de programmation étant enregistrées salle par salle », précise Gaëtan Renault, d’RV Biotech. En pratique, le robot est installé une fois que les fientes ont été curées et les caillebotis démontés pour être lavés à l’extérieur. Les chaînes d’aliment et de pipettes, avec perchoirs intégrés, sont relevées à 2,5 mètres. Le robot lave d’abord le plafond, puis les chaînes d’alimentation et enfin la ligne centrale de pondoirs. « Cette dernière est lavée en trois passages », détaille Alexandre. Le premier nettoie le toit et la façade du nid. Une fois les toits ouverts par l’éleveur, le robot lave l’intérieur, toujours avec le même enchaînement : première paroi, fond du nid et éjecteur, deuxième paroi et planchette à l’avant. Pour cette étape, l’avant-bras du robot est retiré de façon à atteindre plus facilement l’intérieur des nids. Au troisième passage, plus rapide, le robot nettoie le dessous du pondoir. « La buse est orientée de façon à projeter le jet et le reste des salissures vers l’extérieur du nid », précise l’éleveur.

Du temps de libéré

Mis à part le sol, que l’éleveur préfère laver lui-même, le robot a réalisé 100 % du nettoyage du bâtiment (1). La qualité du nettoyage a été confirmée par les contrôles par chiffonnettes réalisés par la DDPP. Il a fallu 2,5 jours pour laver la salle de 9000 places, sachant que le robot a fonctionné 10 heures par jour. La salle de 3000 places a été nettoyée en une journée, temps de programmation compris. Maintenant que la programmation est faite, le prochain lavage du bâtiment devrait se faire en trois jours. Pour plus de souplesse, l’éleveur s’est équipé d’un deuxième jeu de batterie, chacune ayant une autonomie de 48 heures. Habitant à 15 kilomètres du bâtiment, il évite de faire fonctionner le robot de nuit. « En plus du confort de travail, le robot me libère du temps pour faire autre chose : curer le deuxième bâtiment, intervenir dans les champs… Grâce à sa connexion par internet, je suis alerté par SMS d’un éventuel souci et peux suivre à distance l’état d’avancement du nettoyage. »

(1) Les caillebotis sont lavés par un tunnel de lavage « fait maison », en une journée à deux personnes.

Un robot avec bras articulé

 

 
Le bras, mobile dans toutes les directions, a une portée de jet d'eau jusqu'à 4,5 mètres. © A. Puybasset

Le bras, mobile dans toutes les directions, a une portée de jet d'eau jusqu'à 4,5 mètres. © A. Puybasset

Fonctionnant sur batterie, le robot Evo Cleaner est équipé d’un bras mobile dans toutes les directions. Il comprend un bras télescopique, un avant-bras et une rotabuse pivotant à 360 degrés, lui conférant une portée de jet d’eau jusqu’à 4,5 mètres (5,5-6 m pour des lavages de plafonds). Il est équipé de roues de guidages latérales, ses déplacements et l’enchaînement des opérations de lavage sont définis en fonction de marqueurs magnétiques fixés au préalable dans la salle à nettoyer. Son écran tactile et son interface ergonomique facilitent sa mise en route.

 

En démo dans une volière poulettes

Utilisé depuis longtemps en porc, le robot Evo Cleaner intéresse de plus en plus les aviculteurs, notamment pour les lavages complexes ou répétitifs, tels qu’en canard ou filière ponte.

 

 
Yannick Hervé, d'RV-Biotech : "Le robot est programmé en mode apprentissage. Il suffit de le guider une première fois à l’aide d’un joystick, pour qu’il enregistre et répète les mouvements appris." © A. Puybasset

Yannick Hervé, d'RV-Biotech : "Le robot est programmé en mode apprentissage. Il suffit de le guider une première fois à l’aide d’un joystick, pour qu’il enregistre et répète les mouvements appris." © A. Puybasset

"Il suffit de guider le robot une première fois à l’aide d’un joystick, pour qu’il enregistre et répète les mouvements appris. La programmation dépend de l’intensité du lavage souhaité », a expliqué Yannick Hervé, dirigeant d’RV Biotech, lors d’une démonstration de lavage dans un bâtiment de poulettes en volière de Gaëtan Boishardy. Installé à Maroué dans les Côtes-d’Armor, l’éleveur exploite cinq bâtiments de poulettes, soit 225 000 places essentiellement en volière, et réfléchit à investir dans un robot avec deux autres producteurs de poulettes. « L’objectif est surtout de réduire la pénibilité du lavage, plus que le gain du temps », explique l’éleveur.

 

Un robot connecté

Dans son bâtiment équipé d’une volière Jump Start de Vencomatic avec plateaux pivotants, le robot, une fois programmé, a mis 30 minutes pour laver deux travées, soit 36 heures pour l’ensemble du bâtiment de 40 000 places. Entre deux marqueurs, le robot réalise le même enchaînement de mouvements, en commençant par les cloisons grillagées, les lignes de mangeoires, de pipettes, les plateaux puis le sol. « Le retour sur investissement se calcule surtout sur le temps gagné pour faire autre chose », explique Yannick Hervé. Le robot peut fonctionner de nuit et dispose d’une autonomie de 48 heures. « Il communique par SMS pour prévenir de la fin d’une mission ou pour faire remonter d’éventuelles difficultés. Dans sa version 4G, les programmes de lavage sont sauvegardés sur le Cloud. » Le robot est alimenté par une pompe haute pression de 200 bars avec un débit maximum de la buse de 20 litres par minute. Sa consommation d’eau est similaire à celle d’un lavage manuel.

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