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Un 2 040 m2 neuf avec plancher chauffant

Le Gaec de la Guilbaudière mise sur l’amélioration du confort de travail et des performances avec son poulailler équipé d’un sol bétonné chauffé et d’une trémie peseuse, lui permettant d’être un bâtiment test pour son partenaire Cavac.

Investir dans un plancher chauffant est un pari audacieux, conçoit Jean-Philippe Michenaud, mais c’est un pari mesuré ! », relève-t-il, confiant. Cet ancien comptable, installé depuis 1992 à Froidfond en Vendée, s’est associé en Gaec l’an dernier avec Florent Girard, son collaborateur depuis dix ans avec qui il vient d’investir dans un bâtiment de 2 040 m2. Les deux éleveurs exploitent cinq autres poulaillers de chair, soit un site de près de 7 000 m2 en bande unique. Habitués aux bâtiments en ventilation transversale, avec sol en terre battue et chauffage par des radiants, ils innovent sur plusieurs fronts avec cette nouvelle construction plus grande et plus large de 18 mètres, imposant une ventilation longitudinale, avec une dalle en béton et un chauffage par le sol. « Nous voulions d’emblée un sol bétonné qui soit 100 % isolé pour améliorer notre confort de travail et celui des animaux tout en limitant les consommations de gaz. » Ce sont des visites à l’étranger dans des bâtiments performants qui les ont décidés à ajouter le chauffage par le sol. Un second bâtiment de 1 500 m2, construit en 2007, en a également été équipé. Le local chaufferie commun aux deux poulaillers distants de quelques mètres est équipé de quatre chaudières à condensation alimentées par du propane.

Un ressenti de l’ambiance différent du chauffage classique

« Il faudra attendre un an pour évaluer le retour sur investissement de la dalle chauffante en fonction de la consommation de gaz, indique Jean-Philippe. On confirme déjà l’intérêt du béton sur l’économie de litière (0,5 kg contre 5 kg/m2), le gain de temps (20 minutes au lieu de 4 heures pour pailler un 1 500 m2, par exemple) et la baisse du taux de saisies (0,32 % et 0,24 % sur les deux premiers lots). La dalle chauffante permet d’optimiser les performances et le bien-être animal. Elle oblige à remettre en cause ses habitudes, notamment la gestion des températures au démarrage. En cela, c’est un challenge très intéressant. »

Un suivi quotidien du GMQ grâce à la trémie peseuse

Conçu par Sofabati, le bâtiment, éligible aux aides PCAE, est aux normes BEBC : 60 mm d’isolants au plafond et 50 mm sur les côtés, longrines isolées jusqu’à 20 cm de profondeur, bordure bétonnée, éclairage led, ventilation 100 % progressive, compteurs de gaz et d’électricité… « On estime le surcoût à 12-15 000 euros. » Sous ventilation Skov (concept Dynamic Multistep (1)), le bâtiment est équipé d’entrées d’air bilatérales et d’une extraction par des cheminées progressives, complétée par des turbines en pignon. L’équipementier danois a également fourni la trémie peseuse DOL 9940. Isolée dans un local, la balance pèse par quantité de 40 kg avec une très grande précision. « C’est un très bon outil de travail, explique Florent Girard. Grâce à une gestion au quotidien du GMQ et de l’ingéré, il permet d’être encore plus réactif lors d’une variation des consommations. » La balance est commandée par le régulateur DOL 539 de Skov qui contrôle l’ensemble des paramètres d’ambiance et de production. Les données sont centralisées en mode connecté. L’élevage servira de bâtiment test pour la coopérative Volinéo dont l’usine d’aliment se trouve à une quinzaine de kilomètres.

Pour le reste des équipements, les éleveurs ont opté pour des assiettes Speed d’Apic-Michard, de trois silos Chore Time, de trois rangées de néons led distribués par l’installateur Elvéo et de pipettes Lubing. Multidirectionnelles, elles ont un pointeau rouge car le bâtiment recevra un lot de cailles en fin d’année.

Le coût du bâtiment atteint 590 000 euros soit 290 euros/m2, y compris les frais d’études et de viabilisation ainsi que la poche de récupération des eaux de lavage de 200 m3 (pose des silos et des équipements intérieurs réalisée par les éleveurs). Il tient compte d’un coût de terrassement de 24 euros/m2, de 45 euros pour le plancher chauffant et de 22 euros pour la dalle. En plus de l’aide de leur structure de production, le Gaec espère une subvention PCAEA de 100 000 euros.

(1) Voir Réussir Aviculture n° 213 p26.

20 km linéaires de tuyaux d’eau chaude sous la dalle

Le plancher chauffant a été installé par le chauffagiste Béthuys Frères et l’entreprise Réhau, issue du secteur tertiaire. Son concept de plancher chauffant adapté aux poulaillers diffère par sa mise en œuvre. Le sol est d’abord isolé par des plaques de polystyrène compressé, plus résistant au poids des engins agricoles. Des trames de treillis sur lesquelles sont fixés les tuyaux sont ensuite juxtaposées. Il suffit ensuite de connecter les trames entre elles par des tubes de plus gros diamètre, avant de couler la dalle béton de 13 cm. « L’intérêt est d’optimiser l’échange de calories entre les tuyaux et la dalle et de gagner du temps lors de l’installation (3 à 4 jours de pose), explique Dimitri Béthuys. Les tubes sont répartis en deux zones de chauffage. Tout est coulé dans la dalle. Il n’y a pas de collecteurs ni de tubes apparents, ce qui optimise le nettoyage et la tenue dans le temps. » Dans le local chaufferie, quatre chaudières en cascade Chappée, de 90 kW chacune, chauffent de l’eau à 60 °C. La température de l’eau circulant dans la dalle est régulée par une vanne trois voies commandée par l’automate de chaque poulailler (autour de 45 °C au démarrage).

Un plan de développement canard et ponte à la Cavac

La Cavac a besoin de 20 000 m2 supplémentaires de bâtiments de canards de Barbarie. « L’objectif est de renouveler le parc de 80 000 m2 (45 % des éleveurs ont plus de 50 ans) et de répondre à de nouveaux débouchés », précise Jean-Marc Durand, de la Cavac. Pour encourager les investissements en canard comme en poulet/dinde, la coopérative vendéenne a mis en place deux mesures d’accompagnement : une aide de 50 euros/tonne vif les cinq premières années puis 25 euros les cinq années suivantes (et de 25 et 10 euros respectivement en poulet). En complément, la marge PA de l’éleveur est garantie pendant sept ans avec un seuil de 80 euros/m2 en canard et de 52 euros en poulet. « Elle a été calculée par rapport à un objectif de revenu net de 12 000 à 15 000 euros par an pour 0,5 UTH et 350 000 euros d’investissements, poursuit Philippe Gardin, responsable volailles à la Cavac. Nos efforts ont commencé à produire leurs effets. Nous entendons bien les poursuivre et accompagner ainsi le marché du canard de Barbarie et les nombreux acteurs ligériens de la filière, en restant un acteur important de la production. »

La Cavac compte également doubler son activité poules plein air et bio d’ici 3 à 4 ans, soit 250 000 poules pondeuses supplémentaires avec son partenaire Loeuf de LDC. Elle démarre une activité de poulets biologiques et vise 15 bâtiments d’ici 2 ans. En devenant multifilière (chair standard et bio, ponte plein air et bio, repro, volailles démarrées), la Cavac veut être en mesure de répondre à la demande de tout porteur de projet souhaitant « faire de la plume ».

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