"Je suis passé des vaches laitières aux poules pondeuses plein air"
Installé en 2024 dans le Maine-et-Loire, Sébastien Bois a choisi d’arrêter les ateliers existants sur l’exploitation familiale pour créer un atelier de poules pondeuses plein air.
Installé en 2024 dans le Maine-et-Loire, Sébastien Bois a choisi d’arrêter les ateliers existants sur l’exploitation familiale pour créer un atelier de poules pondeuses plein air.
« Quand je me suis installé, en juin 2024, l’exploitation familiale comportait un atelier de vaches laitières, un atelier de porcs charcutiers et 110 hectares de cultures, explique Sébastien Bois, éleveur à Loiré, dans le Maine-et-Loire, lors d'une visite organisée par le CNPO en septembre 2025.
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Avec le départ en retraite de ma mère, après celle de mon père, cela représentait trop de travail pour moi, car je voulais pouvoir travailler seul. » L’organisation de production d’œufs de Noréa (Groupe Terrena) proposait alors la mise en place d’ateliers de poules pondeuses. « La conjoncture est favorable en œufs, souligne Charles Gadais, responsable de l’activité poules pondeuses chez Noréa. Terrena regroupe déjà 180 producteurs d’œufs et l’objectif est de mettre en place 100 bâtiments supplémentaires, notamment en poules pondeuses plein air et poules au sol code 2. » Sébastien Bois a donc décidé d’arrêter le lait, les porcs et les cultures et de créer un atelier de poules pondeuses.
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Son choix s’est porté sur des poules pondeuses plein air. « L’accès à l’extérieur est important pour le bien-être animal et la demande va dans ce sens, estime l’éleveur. J’avais la possibilité d’avoir les 12 hectares de parcours nécessaires pour l’élevage de 30 000 poules, dont 6 ha en propriété, le reste en location. Et le travail en plein air est plus agréable. »
4 heures de travail par jour
Le jeune éleveur a donc investi 1,5 million d’euros dans un bâtiment avec volière de 1500 m², auquel s’ajoutent 750 m² de jardin d’hiver. Son choix pour l’aménagement intérieur s’est porté sur une volière Big Dutchman à deux étages en ventilation statique. « Des voisins étaient équipés de ce type de volière, précise Sébastien Bois. Comme je débute, leurs conseils peuvent être importants. » Le bâtiment comporte aussi un jardin d’hiver de 3,50 mètres de large de chaque côté. « Un jardin d’hiver est important pour le bien-être animal et a des intérêts zootechniques, notamment d’apporter de la fraîcheur en été, souligne Charles Gadais. De plus certains cahiers des charges exigent un jardin d’hiver. » Le premier lot élevé par Sébastien Bois, arrivé le 4 juin 2025, est un lot de 30 000 poules blanches destinées à approvisionner en œufs la société Igreca, spécialiste des ovoproduits. Les poules, arrivées à 18 semaines, y seront élevées jusqu’à 90-95 semaines d’âge, soit 75 semaines sur le site. « Les quinze premiers jours, je passe plusieurs fois par jour pour habituer les poules à la volière et les inciter à aller dans les nids, indique Sébastien Bois. Les poules blanches s’y habituent toutefois assez facilement. » L’atelier l’occupe aujourd’hui 1h45 le matin et 1 heure le soir pour ramasser les œufs, auxquelles s’ajoute environ 1 heure de travail administratif par jour et dans l'avenir le travail lié au changement de lot. Les œufs sont collectés deux fois par semaine. « Pour l’instant, les résultats sont bons, constate Sébastien Bois. Le taux de ponte après quatre mois d’élevage atteint 97%, avec seulement 50 œufs environ que je dois ramasser au sol et 150 dans la volière. De plus, le contrat avec Noréa, qui me garantit un prix de rachat des œufs tenant compte du prix de l’aliment est une sécurité. » La demande en œufs coquilles étant forte, tout comme celle en ovoproduits, le bâtiment pourrait également lui permettre de produire des œufs pour ce débouché.
Côté éco
Le bâtiment de poules pondeuses mis en place par Sébastien Bois a nécessité un investissement de 1,5 million d’euros, sur lesquels il a perçu 30 000 € d’aide PCAE. Le reste a été couvert par des emprunts sur 15 ans pour la coque et sur 12 ans pour le matériel. « Le fait que j’aie un contrat sur 12 ans avec Noréa a rassuré les banques » souligne l’éleveur.